D'un beau jour : d'un seul beau jour. Cf. XX.X
2O. Lèilié (en grec Oubli), fleuve des Enfers dans l'ancienne mythologie. En buvant de son eau, on perdait la mémoire du passé.
Repose-toi, mon âme, en ce dernier asile,
Ainsi qu'un voyageur qui, le cœur plein d'espoir,
S'assied, avant d'entrer, aux portes de la ville,
Et respire un moment l'air embaumé du soir. 4o
Comme lui, de nos pieds secouons la poussière: L'homme par ce chemin ne repasse jamais ; Comme lui, respirons au bout de la carrière Ce calme avant-coureur de l'éternelle paix.
Tes jours, sombres et courts comme les jours d'automne, 45 Déclinent comme l'ombre au penchant des coteaux; L'amitié te trahit, la pitié t'abandonne, Et, seule, tu descends le sentier des tombeaux.
Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime; Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours : io
Quand tout change pour toi, la nature est la même, Et le même soleil se lève sur tes jours.
De lumière et d'ombrage elle t'entoure encore :
Détache ton amour des favxx biens que tu perds ;
Adore ici l'écho qu'adorait Pylliagore, 55
Prête avec lui l'oreille aux célestes concerts.
Suis le jour dans le ciel, suis l'ombre sur la terre :
Dans les plairies de l'air vole avec l'aquilon ;
Avec le doux rayon de l'astre du mystère
Glisse à travers les bois dans l'ombre du vallon. ''
lu. Secouons la poussière. Locution biblique. Secouer la pous.sière de ses pieds sur quelque chose ou quelqu'un est un ge.ste symbolique, qui signifie qu'on s'éloigne avec I.i volonté de ne pas revenir : Jésus recommande à ses apôtres de secouer la poussière de leurs pieds en sortant des maisons ou des villes où on les aura mal reçus (Mathieu, X, lit ; Luc, IX, 5 ; X, 1 1 ; Marc, VI, II). Lamartine détourne un peu l'expression de son sens traditionnel, qui implique un sentiment de mépris et d indignation.
Ui. L'amitié le Irahil. On aurait tort de chercher dans ces mots une allusion aux événements de la vie privée de Lamartine.
5o-52. Toujours, jours. V. II, 2 5-26 (note).
55. Pylhajore. D'après ce philosophe, pour qui l'univers entier n'est que «ombre et harmonie, les mouvements des planètes dans le ciel produisent la plus admirable des musiques.