‹ Oevres choisiesChapitre 78 sur 288 · LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire. Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : « Us ont aimé! »

YIII /^^ ' LA PRIÈRE '^^^

Cette méditation fut composée en Savoie, dans les montagnes qui dominent Chambéry, au mois d'août iSig (^Corresp., t. II, p. 90). Lamartine l'a appelée lui-même un « hymne de l'adoration rationnelle ». On ne saurait en marquer plus justement le caractcre. — Sur le rationalisme de Lamartine, v. ci-dessous, XLIII, note sur le vers io4- Cf. Introduction, p. xxvii. ^ -p -Ç <^

Le roi brillant du jour, se couchant dans sa gloire,

Descend avec lenteur de son char de victoire ;

Le nuage éclatant qui le cache à nos yeux

Conserve en sillons d'or sa trace dans les cieux,

Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue. 6

Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue,

La lune se balance aux bords de l'horizon ;

Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon,

Et le voile des nuits sur les monts se déplie. yj /

C'est l'heure où la nature, un moment recueillie, tii

Entre la nuit qui tombe et le jour qui s'enfuit.

S'élève au créateur du jour et de la nuit.

Et semble offrir à Dieu, dans son brillant langage,

De la création le magnifique hommage.

2. De son char. V. I, 11 (note). — L'image est belle, mais un peu coafusc : se couchanl et (f«ci;nc/ s'accordent mal ; les impressions personnelles du poète ne se combinent pas sans difficulté à ses souvenirs mythologiques.

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