‹ Oevres choisiesChapitre 90 sur 288 · L'AUTOMNE J · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE J

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux : ^o

Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.

3i. Au moment que. Syntase classique. Cf. XXII, 17. — Expire : s'exhale. 82. Comparer cette dernière strophe à la dernière strophe de l Isolement t l'image est analogue, le sentiment d'une nuance très différente.

C'est du Phédon, l'un des chefs-d'œuvre de Platon, que Lamartine a tiré le sujet de ce poème. Phédon, ami et disciple de Socrato, y raconte les derniers moments de son maître. On sait qu'à l'àgo de 70 ans, Socrate, victime d'une accusation calomnieuse, l'ut condamné à mort comme coupable d'un double crime envers 1 Elat : ses accusateurs lui reprochaient d'avoir introduit dans Athènes des divinités nouvelles et de corrompre la jeunesse. Les trente jours qu'il passa dans sa prison s'écoulèrent en entretiens familiers avec ses amis. Le dernier jour, il leur paria, avec sa sérénité ordinaire, de l'immorlalité de l'âme ; puis il but la ciguë et mourut.

La Mort de Sacrale n'est pas une traduction. C'est à la fois une réduction et ime transposition da Phédon. Lamartine ne la donne luimême que comme un « fragment » : il a éliminé en particulier la majeure partie des développements mélaphysicpics du dialogue grec. En revanche, le poète français prèle à Socrate une sorte de mysticisme chrétien, qui ne se rencontre naturellement pas dans l'origin;il ; il en fait un précurseur du Christ : « Quoique ce morceau porte le nom de Socrate, dit ['Avertissement des éditeurs, on y sent cependant déjà une philosophie plus avancée, et comme un avant-goùt du christianisme près d'éclore. » Le Socrate de Lamartine n'est ni le Socrate de l'histoire, ni le Socrate déjà modifié de la légende platonicienne ; c'est un Socrate modernisé, qui parle en docteur et en prophète, "et dont la sagesse tend à se convertir <'n sainteté. On peut regretter qu'il ne soit pas demeuré plus proche de la simplicité du modèle anlicpio.

Le récit, chez Lamartine, est fait par un ami anonyme de Socrate.

LE REVEIL g|

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