LE RÉVEIL
Le soleil, se levant aux sommets de rFIymelI,-, Du temple de Thést-e illuminait le faite, Et, frappant de ses feux les murs du Pa'rthénon, Comme un furlif adieu, glissait dans la prison. ' On voyait sur les mers une poupe dor.'e, Au bruit des hym.ies saints, voguer \crs le PirJp Et c'était ce vaisseau dont le fatal retour Devait aux condamnes marquer leur dernier jour; Mais la loi défendait qu'on leur ôtàt la vie Tant que le doux soleil éclairait l'Ionie, / De peur que ses rayons, aux vivants destinés, Par des yeux sans regard ne fussent profanés,' Ou que le malheureux, en fermant sa paupièW, N'eût à pleurer deux fois la vie et la lumière ! Ainsi l'homme exilé du champ de ses aïeux Part avant que l'aurore ait éclairé les cieux.
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sud-'est ^A~^ ''■ ^^' ' ^'^°'^)- - ^-^"- --tasne de l'At.ique, a.
2 Le temple de Thésée ou Theseion, bâti au y» siècle iv J P r,^,, voxr les reste, du célèbre héros athénien, sest adm.Vabl ^entlon'servé'iu:'
V. siècle, sur lAcropole d;Athènes. So^: nl°Tig„mV>' r/'d^T/'^i.?;
4. Le Piree. Le plus important des troisports d'Athènes 7. Ce vaisseau. La galère dite paralienne. sur laquelle Athènes envoyait chaque année dans lile de Délos une ihéorie. c'est-à^re une dZfftioT.Ô lennelle, pour prendre part aux fêtes dApollon Une loi dcfendT] aucun^ sc^ntence de mort entre le départ'et le Vetru^du^tti;e.'c^pl ■!
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Allendant le réveil du fils de Sophronique,
Quelques amis en deuil erraient sous le portique;
Et sa femme, portant son fils sur ses genoux,
Tendre enfant dont la main joue avec les verroux, ao
Accusant la lenteur des geôliers insensibles.
Frappait du front l'airain des portes inflexibles.
La foule, inattenlivc au cri de ses douleurs,
Demandait en passant le sujet de ses pleurs,
Et, reprenant bientôt sa course suspendue, a5
Et dans les longs parvis par groupes répandue.
Recueillait ces vains bruits dans le peuple semés,
Parlait d'autels détruits et des dieux blasphémés,
Et d'un culte nouveau corrompant la jeunesse.
Et de ce Dieu sans nom, étranger dans la Grèce ! 3o
C'était quelque insensé, quelque monstre odieux,
17. Sophronique. Le vrai nom du père de Socrale était Sophronisque.
18. Portique. Galerie couverte à colonnade. — Cf. Phédon, Sg, D : « Depuis la condamnation de Socrate nous ne manquions pas un seul jour d'aller le voir. Comme la place publique... était tout près de la prison, nous nous y rassemblions le matin, et là nous attendions, en nous entretenant ensemble, que la prison fut ouverte, et elle ne l'était jamais de bonne heure. Aussitôt quelle s'ouvrait, nous nous' rendions auprès de Socrate, et nous passions ordinairement tout le jour avec lui. Mais ce jour-là nous nous réunîmes de plus grand matin que de coutume... » (traduction Cousin).
10- Sa femme. La femme de Socrate, proverbi.ile d.ins l'antiquité pour son humeur acariâtre, s'appelait Xantliippe. C'est d'elle que parle Platon dans le passage du Phédon (60, A) correspondant à celui-ci. Lamartine lui a substitué une certaine Myrto, dont une tradition des plus suspectes fait la fille ou la petite-fdle d'Aristide et la seconde femme du philosophe.
20. Joue. Lamartine emploie souvent le présent, dans les propositions subordonnées, particulièrement dans les relatives, alors qu'on attendrait logiquement un autre temps. C'est, si l'on peut ainsi parler, une sorte de présent indéfini, qui allège la phrase et le vers, sans nuire généralement au sens. Cf. II, 23i ; XIV, 78 ; XX.IX, 295 ; XXXUl, 29 ; XXXVII, 64 ; etc., et un emploi analogue du parfait pour le plus-que-parfait, XL, i4o.
23. Inattenlive : sans s'y intéresser autrement qu'en passant.
26. Parvis s'applique proprement au vestibule d'un temple ; ici galeries, portiques.
3o. Ce Dieu sans nom. Lamartine précise d'une manière tout arbitraire l'accusation des ennemis de Socrate : ils l'accnsiient d'intio luire des divinités nouvelles dans la cité et de corrompre la jeunesse, mais non de monothéisme.