II. Aux bornes. \. IV, G (note
10. Jupiter. Socrate avait beau penser qu'un principe unique gouverne l'univers, il se servait so\ivcnt dans la conversation, d une manière allégorique, des noms des divinités païennes. Cl'. 19 : les dieux; et XIII, 2O et suivants.
18. Me faire répéter deux fois l'ordre céleste. Socrate aurait pu s'enfuir de sa prison ; ses amis lui en avaient ménagé le moyen. 11 refusa. V. le Criton de Platon.
« Qu'est-ce donc que mourir? Briser ce nœud infâme,
Cet adultère hymen de la terre avec l'âme, 3o
D'un vil poids, à la tombe, enfin se décharger.
Mourir n'est pas mourir, mes amis, c'est changer!
Tant qu'il vit, accablé sous le corps qui l'enchaîne,
L'homme vers le vrai bien languissamment se traîne,
Et, par ses vils besoins dans sa course arrêté, 35
Suit d'un pas chancelant ou perd la vérité.
Mais celui qui, touchant au terme qu'il implore,
A'oit du jour éternel étinceler l'aurore.
Comme un rayon du soir remontant dans les cieux,
Exilé de leur sein, remonte au sein des dieux; 4o
Et, buvant à longs traits le nectar qui l'enivre,
Du jour de son trépas il commence de vivre !
(, — ^lais mourir c'est souffrir ; et souffrir est un mal.
— Amis, qu'en savons-nous? Et quand l'instant fatal.
Consacré par le sang comme un grand sacrifice, 45
Pour ce corps immolé serait un court supplice,
N'est-ce pas par un mal que tout bien est produit?
L'été sort de l'hiver, le jour sort de la nuit.
Dieu lui-même a noué cette éternelle chaîne ;
Nous fûmes à la vie enfantés avec peine, 5o
Et cel heureux trépas, des faibles redouté.
N'est qu'un enfantement à l'immortalité. »