LIVRE IV
8 il arrache de son cœur les biens de 1 opinion, est assez riche ; c'est ïaurea mediocritas d'Horace. Gens à coffres-forts, cherchez donc quelque autre emploi de votre opulence, car pour le plaisir elle n'est bonne à rien. Emile ne saura pas tout cela mieux que moi ; mais, ayant le cœur plus pur et plus sain , il le sentira mieux encore , et toutes ses observa tions dans le monde ne feront que le lui confirmer 1 .
En passant ainsi le temps, nous cherchons toujours Sophie, et nous ne la trouvons point. Il importait qu elle ne se trouvât pas si vite, et nous l'avons cherchée où j etois bien sûr qu elle n etoit pas 2 .
Enfin le moment presse; il est temps de la chercher tout de bon , de peur qu'il ne s en fasse une qu'il prenne pour elle, et qu'il ne connoisse trop tard son erreur. Adieu donc, Paris, ville célèbre, ville de bruit, de fumée et de boue, où les femmes ne croient plus à l'honneur ni les hommes à la vertu. Adieu, Paris : nous cherchons l'amour, le bonheur, l'innocence ; nous ne serons jamais assez loin de toi.
1 * Var. «.... Le lui confirmer. Cette manière de former son goûC « vaut bien celle de» livres. Horace et Chauiieu ne lui en diront pas « plu». Reste à savoir, je le redis encore, si ce sont ici des préceptes « vagues et stériles, ou s'ils lui sont bien appropriés. •
a « Mulierem fortem quis inveniet? Procul, et de ultimis fmibu* « pretium ejus. » Prov. xxxj, 10,