ACTE I, SCENE I
Et leurs cris menaçans, par Tibère entendus,
Vont lui porter ces mots : « Rends-nous Germanicus! »
PISON
Moi-même à ses regrets que ne puis-je le rendre! Tes vœux n'ont rien, Cnéius, qui, doive me surprendre; Si, même en t'admirant, j'éprouve un peu d'effroi, C'est de me voir contraint de rougir devant toi.
CNÉIUS
( )ui ? vous !
PI s ON.
Moi. Dût un jour la liberté renaître, Je n'en jouirai plus; j'ai fléchi sous un maître; • A vivre en le servant je me suis condamné. Soumis au bras d'airain qui me tient enchaîné. Mais tu dois ranimer la splendeur de ta race: O toi, dont les vertus consolent ma disgrâce, Exemple des Romains , modèle des bons fils , Seul appui , seul honneur de mes cheveux blanchis , Fuis toujours le tyran! tu vivras sans reproche. On ouvre, et les licteurs annoncent son approche: Va trouver mes amis, autrefois si nombreux; Va, recommande un père à leurs soins généreux : Ils ont de mon crédit éprouvé l'influence; A leur tour maintenant qu'ils prennent ma défense, ' Si, bravant toutefois les destins irrités. Leur amitié survit à mes prospérités.
CNÉIUS
J'y vole, et j'ose encore espérer quelque zèle;
^56 TIBERE
Mais votre fils au moins vous restera fidèle.
( n sort. )