‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 211 sur 351 · OEDIPE, LE GRAND-PRÊTRE, LE CHOEUR · texte numérisé non relu

OEDIPE, LE GRAND-PRÊTRE, LE CHOEUR

OE D I P E

-lLnfans , du vieux Cadmus postérité nouvelle , Aux portes du palais quel danger vous appelle? Pourquoi ces voiles saints, emblèmes des douleurs? L'encens fume partout; partout je vois des pleurs. Répondez pour le peuple, ô vieillard vénérable: Que veut de supplians cette foule innombrable? Il n'est rien dans ses maux qui me soit étranger. OEdipe, heureux encor s'il peut les soulager; Œdipe , dont la Grèce a vanté la fortune , Vient partager au moins l'adversité commune.

LE GRAND-PRÊTRE

Digne chef de l'Etat, vous voyez en ces lieux

33o OEDIPE-ROI.

Le pontife éploré dir souverain des Dieux, Des sacrificateurs courbés par la vieillesse, Des enfans , des guerriers , fleur de notre jeunesse. Des branches dans les mains, ou ceints de verts rameaux. Ils implorent Pallas en ses temples gémeaux, L'autel hospitalier de vos dieux domestiques, Apollon de l'Ismène et ses feux phophétiques. Dans les flots du malheur une triste cité Lève péniblement son front ensanglanté.

Un dieu sèche l'espoir de nos champs solitaires. Fait périr les enfans dans le sein de leurs mères, Sur les fils d'Agénor promène ses fureurs; Et l'avare Achéron s'enrichit de nos pleurs. Ce peuple, qui jadis vous dut sa délivrance, Fait reposer sur vous sa dernière espérance. L'Olympe vous protège : il vous a secouru Quand, des murs de Corinthe en nos murs accouru. Vous avez, jeune encore, affranchi cette terre Qui du sphinx inhumain fut long-temps tributaire. Par des bienfaits nouveaux cimentez vos bienfaits; Soyez encore Œdipe, et sauvez vos sujets; Pour nous avec les Dieux que la terre conspire; Ou bientôt, roi de nom, vous n'aurez plus d'empire; Et vos yeux , sur un sol par la mort habité , Ne verront qu'un désert où fut une cité.

OE D I P E

Que Jie puis-je, et les Dieux entendent ma prière, En me sacrifiant sauver la ville entière!

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