POLI CLÉS
De Corinthe au plus tôt revoyez le rivage.
Une femme, étranger, m'interdit ce voyage.
POLICLÈS.
Quelle femme en nos murs vous cause tant d'effroi ?
Mérope, qui jadis épousa votre roi.
P O L 1 C L JÈ s.
Mérope? ô ciel ! comment pourrait-elle vous nuire?
OE D I p E.
Les Dieux par un oracle ont daigné m'en instruire,
POLICLÈS.
Quel est donc cet oracle, et qu'a-t-il annoncé?
OE D I p E.
Le crime et le malheur. Je me vois menacé De porter sur mon père une main criminelle, Menacé de flétrir la couche maternelle.
POLICLÈS.
Ainsi, pour conjurer les destins en courroux...
De mes plus chers parens j'ai fui l'aspect si doux.
POLICLÈS.
Pourquoi vous imposer un exil tyrannique?
OE D I p E.
Je vous l'ai dit : la crainte en fut la cause unique.
D'une vaine frayeur je puis vous délivrer.
OEavres posthumes. I. 2 4
OF. D I P E
Malgré la voix des Dieux m'osez-vous rassurer?
POLICLÈS.
Mérope à vos destins fut toujours étrangère.
OE D I p E.
Polybe son époux...
POLICLÈS.
N'était point votre père.
CKDIPE.
Du nom sacré de fils Polybe m'a flatté.
POLICLÈS.
Polybe dès long-temps vous avait adopté.
OE D I p E.
Qui le déterminait à cacher ma naissance?
POLICLÈS.
Ses fils morts, le besoin d'affermir sa puissance.
ŒDIPE
Quel étonnant secret ! qui donc l'a dévoilé ?
Polybe. En expirant il a tout révélé.
OE D I p E.
Et nul autre que lui ne savait ce mystère?
POLICLÈS.
Seul du secret du roi j'étais dépositaire.
ŒDIPE
Seul ! et par quels moyens y fûtes-vous admis ?
A Polybe autrefois mes mains vous ont remis.