ACTE II, SCÈNE II. 5oi
SALADIN
A-t-il eu ce bonheur?
Comme son regard fier annonce sa valeur! Mon frère, mon Assad, dont il offre l'image. Aurait eu, comme lui, ce généreux courage.
NATHAN
Quoi! de ton frère Assad il rappelle les traits!
C'est lui-même. Autrefois , la fille d'un Français Devint, m'avait-on dit, l'épouse de mon frère; Et même il adopta la foi de l'étrangère. Un soupçon m'est venu, peut-être sans raison.
Moi, j'en sais davantage, et j'ai plus d'un soupçon: Mais rien n'est mûr encor; il faut que je m'adresse, Pour savoir un secret qui, je crois, t'intéresse, A ce dom Tremendo.
SALADIN
C'est un méchant chrétien.
NATHAN
Malgré lui quelquefois un méchant fait du bien.
SALADIN
Puisses-tu réussir ! il est beau d'y prétendre. Mais je veux quelquefois vous voir et vous entendre. Toi, ton aimable fille, et ce jeune Français. Adieu. Je dois donner l'exemple à mes sujets. Voici pour eux, Nathan, l'heure de la prière : Je vais offrir mes vœux à l'équitable père
5o-2 NATHAN LE SAGE.
Qui, sans haine et sans choix, de ses dons bienfaisans Fit un partage égal entre tous ses enfans.
( Il sort. )