‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 336 sur 351 · ACTE III, SCÈNE I. 5i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. 5i

MONTFORT

Et non pas votre fils!

NATHAN

Mon ami.

MONTFORT

Votre fils!

Mon bienfaiteur.

MONTFORT

Encore !

Et votre fils, Nathan, ce fils qui vous implore, Aura-t-il vainement embrassé vos genoux ?

NATHAN

Un moment, chevalier; arrêtez; levez-vous.

MONTFORT

On peut rester sans honte aux genoux de son père.

NATHAN

Levez-vous, quelle ardeur! quel bouillant caractère! Et cette croix , Montfort , ces vœux d'un chevalier ?

MONTFORT

Zoé , d'un seul regard , m'a fait tout oublier. M'opposez- vous des vœux dictés par l'imprudence, Que, sans le concevoir, bégaya mon enfance?

NATHAN

Non. Mais dois-je répondre à ceux de votre amour, Sans savoir quel Montfort vous a donné le jour?

MONTFORT

Eh ! qu'importe ?

5i6 NATHAN LE SAGE.

NATHAN

Oh! beaucoup , beaucoup , je vous assure.

Ainsi vous repoussez la voix de la nature!

Vous divisez, Nathan, deux cœurs faits pour s'aimer.

NATHAN

Je ne divise point , mais je veux m'informer.

Montfort , ce nom de père , il m'est doux de l'entendre.

A l'accepter de vous si je pouvais prétendre,

En comblant vos désirs, je serais trop heureux.

Mais je me suis chargé d'un devoir rigoureux:

Je veux jusqu'à la fin le remplir avec zèle;

Et je cours sans tarder où ce devoir m'appelle.

(Il sort.)

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