‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 38 sur 351 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

J'irais... Vous n'avez point cette horrible espérance; Non, vous me puniriez si j'osais vous servir. Quand par un tel exploit je pourrais me flétrir, Triofnpher de Cyrus, du ciel qui le protège, Où traîner désormais ma gloire sacrilège? J'aurais vaincu Cyrus, mais non pas le remord. Et que dirait Mandane en apprenant sa mort? Mandaneîelleenmourrait. Songez-vous qu'elleestmère? Elle en mourrait, seigneur, dans les bras de son père: Martyr infortuné du pouvoir absolu, Vous seriez seul au monde, et vous l'auriez voulu!

ASTYAGE

Je n'aurais point compté sur tant de résistance. Il suffît. Un héros qui brave ma puissance. Comme ennemi du trône ose se déclarer; Et ménager Cyrus, cest déjà conspirer.

Adieu; sans votre appui je calmerai l'empire. Vous avez mon secret ; craignez qu'il ne transpire : Même au sein du triomphe et parmi vos guerriers, Mon courroux peut encore atteindre vos lauriers.

( Il sort. )

Page 1