NOTICE
sur le seul. titre, l'ouvrage était déjà dénoncé comme le portrait d'un autre tyran. On peut le considérer comme une suite du Germanicus de M. Arnault : c'qst presque le même sujet traité sous deux aspects divers par deux auteurs que rapprochent à la fois leurs talens , leurs malheurs , la noble franchise de leurs caractères, et l'honorable amitié qui les unissait. Mais, indépendamment de toute circonstance, le Tibère de Chénier tient, aux yeux des meilleurs juges ', un ^ang éminent parmi les chefs-d'œuvre dramatiques.
Les lecteurs éclairés ont distingué aussi dans son théâtre une comédie en vers, intitulée Natlian-le-Sagc ; sujet traité fort au long par Lessing, et que Chénier a réduit en trois actes, en y répandant beaucoup de grâce et de gaîté. Il a puisé, dans quelques scènes des deux derniers actes A\\ Jules -César- de Shakespeare l'idée de sa tragédie de Brutus et Cassais. C'est im ouvrage de sa jeunesse , qu'il a remis plusieurs fois sur le métier, et qu'il se promettait de perfectionner un jour. On n'a pu recouvrer que des fragmens de deux comédies, dont l'une est imitée de Shéridan ^, et l'autre une nouvelle esquisse d'un sujet sur lequel Voltaire s'était essayé^. Mais le théâtre posthume de Chénier renferme des imitations de VOEdipe- Roi, de XOEdipe à Colonc^ , et d'une partie de
1. Voyez l'analyse du théâtre de Chénier, par M. Leinercier , tome I des Œuvres anciennes , présente édition.