‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 3)Chapitre 111 sur 218 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CHARLES, CATHERINE, pages, gardes.

(A part.) (Haut.)

Il est préoccupé... Sire...

C'est vous , Madame !

Par le doux nom de fils que toujours je réclame, Ecoutez -moi.

CATHERINE

Quel trouble agite votre cœur?

J'ai prescrit, je le sais, des actes de rigueur: Je révoque aujourd'hui l'ordre de la vengeance. Avant d'ensanglanter les cités de la France, Avec plus de loisir je veux me consulter.

CATHER.NE.

Les ordres sont partis , et vont s'exécuter.

Qui les a fait partir? Quel est le téméraire...

CATHERINE

Moi. J'ai tout commandé : punissez votre mère.

Les ordres sont partis! 6 Ciel! qu'ai-je entendu?

CATHERINE

Il fallait vous sauver.

Ah! vous m'avez perdu J'ai soumis à vos vœux ma volonté facile. Vous abusez enfin d'un respect trop docile; Las d'imposer silence à mes sens indignés, J'ose vous demander si c'est vous qui régnez.

CATHERINE

Non; mais, si je régnais, je punirais les traîtres; Dans ma cour, au conseil, je n'aurais point de maîtres ; Je voudrais inspirer, non ressentir l'effroi; Et la Rébellion se tairait devant moi.

Je croirai l'Hospital : son ascendant m'entraîne. Gardes, de tous cotés cherchez Guise et Lorraine. Dites-leur qu'en ces lieux c'est moi qui les attends. - Courez.

CATHERIN]:.

Le Ciel vous laisse encor quelques instans : Coligni vous menace; il va frapper... N'importe : Pour moi je fuis des lieux où son pouvoir l'emporte; Vous n'y gouvernez plus: -ils me sont odieux.

Expliquez-vous.

CATHERINE

Je pars. Recevez mes adieux

C ATHERINE.

J'eus des droits à votre confiance;

Vos adieux ?

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