‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 3)Chapitre 112 sur 218 · ACTE IV, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IL

Ces droits sont oubliés; vous craignez ma présence:

Je dois vous épargner d'inutiles avis.

Je respecte mon roi, je vais pleurer mon fds.

Vos adieux, dites-vous?

CATHERINE

Tandis que l'on conspire, Séduit par un vieillard, vous exposez l'empire. Le péril vous entoure.

Et vous m'abandonnez !

CATHERINE

Je veux le prévenir, et vous me soupçonnez !

Demeurez dans ma cour.

CATHERINE

J'y deviens étrangère:

Le fils le plus chéri craint aujourd'hui sa mère. L'ambition souvent égare des sujets.

Si je veux vous tromper, où tendent mes projets? De votre Chancelier je connais la prudence ; Mais ce faste imposant de sa vaine éloquence Ne peut-il attirer quelque soupçon sur lui ? On a moins de chaleur en parlant pour autrui Vous ne concevez pas quel intérêt l'anime ? La France, dont jadis il mérita l'estime, Le croit de l'hérésie un défenseur zélé; Et son penchant secret nous est trop révélé.

Restez auprès de moi; soyez toujours mon guide.

CATHERINE

Mon fils, votre inconstance autrement en décide.

Non , je garde pour vous les mêmes sentimens.

CATHERINE

Les Guises vont se rendre à vos commandemens.

Eh bien!

CATHERINE

Des protestans servirez-vous la rage?

Ma mère !

CATHERINE

Laissez-moi consommer mon ouvrage.

Ah ! que demandez-vous à mon cœur tourmenté?

Un peu de confiance , un peu de fermeté. N'êtes-vous pas instruit par des sujets fidèles ? Avez-vous oublié que le chef des rebelles, Pour d'utiles forfaits renonçant aux combats, De vous, de votre mère, a juré le trépas? Il a dans Orléans fait son apprentissage : Sur le père de Guise il essaya sa rage. Imprudent ! vous marchez parmi les assassins.

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