‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 3)Chapitre 118 sur 218 · ACTE IV, SCENE V. a · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE V. a

COLIGNI

Adieu , Sire. Excusez ma sombre défiance , Ce fruit amer de l'âge et de l'expérience. Que votre cœur m'écoute : il semble que ma voix Se fait entendre à vous pour la dernière fois. Le trône où vous régnez est entouré de pièges , De guerriers p<=sassins, de prêtres sacrilèges. Songez qu'ils réclamaient pour soumettre les cœurs Le secours des bourreaux et des inquisiteurs; Songez qu'à tous leurs pas la trahison préside. Ces discours menacans... ce silence homicide Sont le gage assuré du malheur des Frarçais : Les cruels ont deux fo's ensanglanté la paix. Pour moi, j'ai désiré de sauver votre empire, Mais à le renverser je vois que tout conspire. Sur une cour barbare ouvrez enfin les yeux, Et craignez, craignez tout de ce sang odieux. Voilà vos ennemis , voilà ceux de la France : Si vous ne les chassez loin de votre présence, Si vous ne les chargez de tout votre courroux, Les Guises, croyez-moi , perdront l'Etat et vous.

( Il sort avec Henri , l'Hospital , et sa suite. )

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