LA ISE1SE-MÈRE
Vous avez de la sienne une infaillible marque. Et l'hymen de sa sœur est un gage assuré Qu'il est prêt à tenir tout ce qu'il a juré.
LE ROI DE NAVARRE
Eh bien ! par ce saint nœud , par le doux nom de frère ,
Sire , à vos intérêts ne soyez point contraire :
Protégez un guerrier redoutable et soumis;
Dans ses persécuteurs voyez vos ennemis.
Un prince est vraiment grand lorsqu'il punit le crime ;
Plus grand, lorsqu'il soutient la vertu qu'on opprime.
LE ROI DE FRANCE
De tous ses ennemis l'Amiral est vainqueur :
Ses conseils vertueux sont au fond de mon cœur.
Craindrait-il que son maître eût dessein de lui nuire ?
LA3IIR AL.
Je crains votre bonté , trop facile à séduire.
LA REINE-MÈRE, à l'Amiral.
Au milieu des faux bruits qui vous ont alarmé Des sentimens du Roi l'Hospital informé Pouvait tenter au moins de rassurer votre âme. Il le devait peut-être.
LE CHANCELIER
Et je l'ai fait, Madame.
l'amiral.
Le Roi seul est garant des volontés du Roi , Madame; un mot de lui peut calmer mon effroi.
LA REINE- M ÈRE
Parlez, mon fils.
LE ROI DE FRANCE, regardant toujours la Reine-mère
Le Ciel , maître des destinées , Ne peut hâter par vous la fin de mes années ;