EPITRE A PALISSOT
Aux rives d'Argenteuil , dans un calme ennemi. Croirai- je, Palissot, qu'à jamais endormi Tu dédaignes la gloire, et que ton âme oublie Ces tems, ces jours heureux où l'aimable Thalie, Du tombeau de Molière appelée à ta voix. Revivait pour la France une seconde fois? Elle-même guidait tes crayons équitables , Autant qu'à la sottise, au vice redoutables; Des Phrynés, des méchans, du peuple des rimeurs, Tu foulais à tes pieds les jalouses clameurs; Et quand, sous les efforts d'une troupe ignorante, Une seconde fois cette Muse expirante Demande tes secours , implore ton appui ; Tandis que, prodiguant le scandale et l'ennui. De mille plats farceurs l'impudence effrénée Triomphe chaque jour sur la scène étonnée; Tes armes dans tes mains languissent sans honneur; Et du goût opprimé tu n'es plus le vengeur ! Tu le seras encor : j'espère qu'en ton âme