‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 5)Chapitre 98 sur 180 · I . Nivelle de La Chaussée · texte numérisé non relu

I . Nivelle de La Chaussée

Suivez-le pas à pas: c'est suivre la nature;

C'est des succès constans la route la plus sûre.

Rien avant lui, Ménandre et ses imitateurs

Des vieillards, des amans, ont su peindre les mœurs;

Chez eux , près de Chrêmes , Dave , en ruses fertile ,

Conduit avec adresse une intrigue subtile ^

Dussé-je de leur gloire obscurcir les rayons,

Des traits plus importans invitaient leurs crayons :

Ils sont vrais, j'y consens; mais leurs toiles vivantes

Ne nous ont point transmis des peintures savantes;

Le vice n'a jamais redouté leur effort :

Molière plus hardi, plus varié, plus fort.

Heureux vainqueur du vice et de la muse antique,

Seul exempt de rivaux, tient le sceptre comique.

D'autres, loin de son trône , assis aux seconds rangs. Nous plaisent à l'envi par des traits différens. Nous aimons dans Regnard un charmant badinage; Dufresni, son rival, eut l'esprit en partage; Gresset fut de nos jours plus gracieux, plus fin; Destouches plus profond. Le Sage plus malin; Piron avec plus d'art peignit le métromane; Palissot eut pour lui le sel d'Aristophane; Aux applaudissemens tous ont acquis des droits; Chacun d'eux tour à tour appelle notre choix.

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