POÈME
«Honorés, agrandis, souvenl usurpateurs,
« Stérilement dévots, traînaient dans le silence
« Des jours longs et pcsans, fdés par l'indolence.
«Enfin riionime stupide, à Toubli consacré,
«Eut contre le travail lui refuge assuré;
«De citoyens vivans ces tombeaux se remplirent;
« A l'envi de Pépin vingt rois les enrichirent.
« Entends-tu maintenant les sanglots, les regrets?
« O d'un zèle insensé trop funestes effets !
«Vois-tu tous ces enfans, les victimes d'un père,
« Condamnés loin du monde à gémir sous la haire?
« Leur bouche a prononcé le serment solennel ;
« Et , contraints de mentir aux pieds de l'Eternel ,
«Ils vont baigner de pleurs des marbres inflexibles;
« Ils accusent le Dieu qui les rendit sensibles ,
«L'inexorable autel qui les tient opprimés,
« Et ces vœux sans retour qu'ils n'avaient point formés.
« Martyrs ou fainéans, laisse-les disparaître;
« Eteints, et non détruits, qu'ils meurent sans renaître :
« L'Etat ne leur doit rien; ils n'ont rien fait pour lui;
« Et le fisc épuisé redemande aujourd'hui
« C'-et or long-iems oisif, conquis sur la faiblesse.
« Bientôt , juste héritier d'une injuste richesse,
« Tu pourras accueillir de bienfaisans regards
«Les essais du travail, les prodiges des arts.
«Des moissons vont couvrir les landes infertiles;
«Les cités vont s'orner de monuinens utiles;
«D'innombrables vaisseaux, élancés de nos ports.