‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur ChénierChapitre 33 sur 140 · DE XIMÉNÈS · texte numérisé non relu

DE XIMÉNÈS

EN LUI ENVOYANT L OUVRAGE SUIVANT, QUI PARUT LE lO MARS 1788.

A Bagiiols, 1788.

XLn ce tems de miséricorde,

Salut! que le ciel vous accorde

Plaisirs, paix et contrition!

Lisez avec attention

Ce livret, doux et charitable,

Composé pour l'instruction

D'un citoyen très-respectable.

Descendu des mêmes aïeux,

Hélas! très-sots enfans des hommes,

Faut-il donc, frères que nous sommes.

Allumer la guerre en tous lieux?

Non : la guerre est une folie ;

Procès, combats, bons mots, sifflets.

Tout se répare, et tout s'oublie;

On finit par chercher la paix.

Je veux qu'on me réconcilie

OEuvies anciennes. ITI. ®

n4 A M. LE MARQUIS DE XIMÉNÈS.

Avec mon frère Faribol.

Tout l'univers sait qu'à Bagnol

Il a passé pour un prodige;

Il devient (c'est ce qui m'afflige)

Un peu malin, faute d'argent;

Il est né pour être indulgent;

Et voici que je le corrige.

Il s'est souvenu de mon nom

Dans sa savante et docte prose ' ;

Il savait que j'ai le cœur bon,

Et que je prendrais bien la chose:

J'ai dû, sans courroux, sans noirceur,

Mais aussi sans trop de douceur,

Lui laver sa tête légère.

Peut-être mon zèle sincère

Touchera l'ame du vaurien;

S'il est ingrat, c'est son affaire;

Son cœur ne peut changer le mien.

Car je sais dompter ma colère :

C'est la vertu d'un vrai chrétien ;

Et de notre loi débonnaire

Le grand point, le point capital.

Selon saint Luc, est, mon cher frère.

De faire le bien pour le mal.

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