‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur ChénierChapitre 73 sur 140 · MAXIMILIEN LÉOPOLD DE BRUNSWICK · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN LÉOPOLD DE BRUNSWICK

Odi profauum vulgus, et arceo :

Favete linguis.

Horace , liv. III , ode i.

-L ouRQUOi cette plainte unanime,

Ces cris, ces funèbres accords?

Quel est ce prince magnanime

Dont l'ombre descend chez les morts?

Sa cendre auguste et respectée

N'est pas un moment insultée

Par de mensongères douleurs :

Je vois l'Europe désolée

Présenter à son mausolée

Des tributs d'encens et de pleurs.

1. CeUe pièce n'a point concouru pour le prix extraordinaire propose par l'Académie française.

Œuvres anciPTines. III. IQ

tQO ODE SUR LA MORT

Des ponts, des digues, des barrières.

Bravant les impuissans efforts , Grossi des eaux de cent rivières, L'Oder est vainqueur de ses bords.

11 traîne avec lui l'épouvante, 11 enfle son onde écumante, Déchaîne ses flots irrités, Engloutit au loin les campagnes.

Les prés, les vallons, les montagnes.

Les forets, les toits, les cités.

Le fils aperçoit du rivage Son père au trépas réservé; Il se précipite à la nage, Et périt sans l'avoir sauvé.

Les enfans, les vierges timides.

Tombent dans ces gouffres liquides.

En cherchant l'appui des roseaux; Tandis qu'une mère expirante Tient encor de sa main mourante Son fils, suspendu sur les eaux.

Le guerrier que je vois paraître Est-il Mars, ou l'un de ses fils?

Germains, puis- je encor méconnaître Le sang du vainqueur de Molvitz ?

Ce héros tout entier l'inspire :

Page 1