‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur ChénierChapitre 85 sur 140 · POLR L'ODE SUR L'ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

POLR L'ODE SUR L'ASSEMBLÉE NATIONALE

• Page '^o'i, vers i3 et suivans.

Qu'aux jeux sacrés de Melpomène

Les traits de la grandeur humaine

Courent en vers brûlans s'imprimer dans les cœurs

Les ouvrages dramatiques auront la dignité qui leur convient, quand les auteurs ne seront pas écrasés sous le joug arbitraire des censeurs rovaiix. L'abolition de cette magistrature burlesque est absolument nécessaire, si l'on veut que la constitution soit libre. J'ai traité cette matière dans plusieurs ouvrages en prose, qui vont paraître ^ Elle est très importante , puisqu'elle tient aux mœurs publiques et à la liberté de publier ses pensées, par conséquent à la liberté individuelle.

Page 3o4, vers i8 et suivans.

Et le roi de l'Europe entière, Plein de leur âme libre et fière, N'était au milieu d'eux qu'un premier citoyen.

On sait quelle était- la constitution française sous Charleuiagne : digne de beaucoup d'éloges , si on la compare au

1 . l'oyez , ;ui tome IV des OEuvres anciennes, le chapitre intitulé : De lu liberté du théâtre en France.

3i2 NOTES POUR L'ODE

système de tyrannie qui a prévalu depuis ce grand prince; mais très défectueuse , si on la compare à l'ordre de choses qu'il convient d'établir en France à la fin du dix-huitième siècle. Pour fonder une constitution, il ne s'agit point de remonter à telle ou telle époque , mais aux principes du droit naturel qui existaient avant toutes les époques. Un ministre, qui ne passait pas précisément pour im insensé, vient d'écrire, dans une brochure adressée au roi, que d'autres faiseurs de brochures, après avoir poussé la témérité jusqu'aux plus grands excès, ont fini par remonter aux principes du droit naturel. Ce ministre a écrit au milieu de Londres : ce qui doit fort étonner ; mais ce qui doit étonner encore davantage, c'est que sa lettre n'est point datée de Bediam.

Page 3o4, vers 22 et suivans.

De ce roi fortuné les enfans malheureux Laissèrent tomber l'édifice Construit par ses soins généreux.

On peut voir dans l'excellent ouvrage de l'abbé de Mably , sur l'histoire de France , comment l'indolence ou la tyrannie des successeurs de Charlemagne, comment les usurpations du clei'gé, de la noblesse et des différens corps, ont anéanti par degrés la constitution française. Je ne laisserai point échapper cette occasion de rendre hommage à ce profond politique, dont la réputation s'accroît de jour en jour, à mesure que la nation se lasse de l'esclavage. La perte d'un tel homme doit être vivement sentie par tous les bons citovens. Il manque à la pati'ie dans les circonstances présentes. L'abbé de Mably pensait qu'une bonne constitution politique ne pouvait avoir d'autres fondemens que le droit naturel. L'auteur du Contrat Social éi&\\. du même avis. C'est bien dommage qu'ils n'eussent pas étudié la politique sous M. de Calonne.

SUR L'ASSEMBLÉE NATIONALE. 3i3

Page 3 06, vers 7.

Brigands toujours vendus aux brigands couronnés.

Les rois qui vont porter le ter et la flamine chez les nations qui ne les attaquent point méritent le nom de brigands : c'est une vérité ancienne et très reconnue. Mais quel nom méritent les rois qui se servent de la puissance militaire pour opprimer leur propi'e nation ? La puissance militaire est un point sur lequel un peuple qui s'assemble ne saurait trop réfléchir. On n'est pas sur d'avoir toujours sur le trône des Louis XII et des Louis XVI. Il faut songer qu'après notre bon Henri IV nous avons eu pour roi le cardinal de Richelieu. Il est essentiel de prendre ses précautions.

Page 3o6, veis i8 et suivans.

Ni le délire frénétique De ce peuple de la Baltique Par un choix solennel esclave de ses rois.

La nation danoise, assemblée en 1660, a donné un exemple unique jusqu'alors dans les annales du monde. Elle a conféré à son roi la puissance législative et la puissance executive dans leur plus grande étendue ; de sorte que l'on peut dire que l'esclavage est légal en Danemarck. Pour l'honneur de l'humanité, il faut espérer que cet exemple sera toujours uniciue.

3i4 NOTES.

VARIANTES

POUR LES NOTES SUR l'oDE SUR l'aSSEMBLÉE NATIONALE.

Page 309, vers i3 et suivans.

Et déjà, depuis cent années.

Dans ses campagnes fortunées L'abondance a fleuri sous l'ombrage des lois.

Après la fuite de Jacques II , la nation anglaise assemblée donna, comme on sait, le trône d'Angleterre à Guillaume, prince d'Orange. C'est de 1688 que date la liberté anglaise. Avant cette époque , les Anglais étaient aussi esclaves que la plupart des autres nations de l'Europe.

HERMANN ET THUSNELDA.

TRADUCTION DE KLOPSTOCR.

THUSNELDA.

(^OUVERT de sang romain, de sueur, de poussière, Il revient des combats sanglans :

Jamais les traits d'Hermann ne furent si brillans; Et jamais si vive lumière

Ne jaillit de ses yeux brûlans.

Viens, donne cette épée; elle est encor fumante:

Varus a reçu le trépas.

Respire , et viens goûter le repos dans mes bras ,

Sur la bouche de ton amante,

Loin du tonnerre des combats.

Hermann , repose-toi ; que sur ton front j'essuie Ton sang et ta noble sueur.

Comme il brûle, ton front ! de Rome heureux vainqueur, Non jamais Thusnelda ravie Ne sentit pour toi cette ardeur î

3iD HERMANN ET ÏHUSNELDA.

Non pas même le jour où, sous un chêne antique, Hermann, par l'amour emporté,

Fuyante me saisit de son bras indompté. J'observai son œil héroïque, Et j'y vis l'immortalité.

C'est ton bien désormais. O Germains! plus d'alarmes, Germains dont Hermann est l'appui!

Honte au divin Auguste! il s'abreuve aujourd'hui D'un nectar mêlé de ses larmes; Hermann est plus divin que lui.

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