CHAPITRE XXX
Rif W«n auqaalla» Marie ast «tposâe pandant m eapUvitâ. — < GoiymratioD da Babiagtou — Procn de Marie. — Sa condamnation et ton aupplice. — Règne de Jacques VI. — Diisenaions parmi 1«
nobles et eaprit sangainaire de rêpoqoe Bocclcagh délivie Kinmont-WIttie renfermé dans
le dditeao de Carlisle. — Conspiration de Gowrie. — • ATéaenwot da Jacques è la eoBnNwe d'Angleterre.
Je suis sûr que vous êtes impatient de savoir ce que devenait la reine Marie pendant tout ce temps. Nous l'avons liaissée , vous le savez, entre les mains de la reine Elisabeth, qui avait refusé de prononcer si sa sœur ét^t innocente ou coupable. C'était en
1 568*69 , et toutes les lois de l'équité et de la justice exigeaient incontestablement que Marie fût remise en liberté. Elle avait été accusée de faks qu'Elisabeth ellermême avait reconnu n'être pas prouvés y et dont, quand même ib eussent été incontestables^ la reine d'Angleterre n'aurait eu aucun droit de se constituer juge. Néanmoins Elisabeth, tout en refusant de déclarer Marie coupable» continuait à la traiter comme si elle l'était effectivement > et à la regarder comme sa sujette, quoique la reine d'Ecosse fût une seu- Teraine indépendante qui avait cherché un asile en Angleterre^ dans l'espoir d'y trouver cette protection et cette hospitalité que sa sœur n'aurait pas re&sées au plus obscur des Ecossais fuyant la vengeance des lois de son pays. Lorsque vous lirez l'histoire d'An* gleterre, mon enfant, vous verrez qu'Elisabeth était une grande reine qui mérita bien le titre de mère de son peuple ^ ; mais sa conduite epvers la reine Marie obscurcit ses brillantes quaUtés, et nous conduit à réfléchir quelles pauvres et fragiles créatures sont même les plus sages des hommes, et de quels matériaux imparfaits se compose ce que nous appelons les vertus humaines.
Demandant toujours sa liberté , et ne recevant que des refus ou des réponses évasives, Marie fut transportée de château en château, et placée sous la surveillance de différens gardiens, qui étaient exposés au ressentiment sévère d'Elisabeth lorsqu'ib témoignaient à la pauvre Marie quelques égards qui pussent adoucir les rigueurs de sa captivité ; le plus souvent ces égards n'étaient dictés que par la plus simple bienveillance et la pitié qu'inspirait sa grandeur déchue. Son appartement était incommode et ne contenait que les meubles les plus grossiers, et les dépenses de sa maison étaient réglées avec une parcimonie aussi sordide que si c'eût été quelque hôte importun, qui était libre de partir quand cela lui plairait, et dont on cherchait à se débarrasser en le laissant manquer de tout. Ce fut, par exemple, avec la plus grande difficulté, que Marie, reine douairière de France et reine actuelle d'Ecosse, parvint à obtenir un Ut de plumes, que de vives douleurs dans les jambes, causées par l'humidité et une trop longue retraite, rendaient un objet de nécessité plutôt que de luxe. Lorsqu'on lui permettait de prendre un peu d'exercice, elle était étroitement gardée comme une criminelle, et si quelqu'un lui donnait quelque marque de res-
I. Le mot marâtre ferait pent-étre plat jvste enren ane reine n despotique et si cmdle : nuis • comme Louis XI en France , elle humilia la noblesse, et le peuplé en profita» Voyei son portrait eomme femme, dans Kenihnrth,
314 mSTOiRB D^eCOSSE.
pect oa lai pressait quelques mots de consolation , la reine Elisabeth, qui avait ses espions partout , en était bientftt informée , et faisait les plus vifs reproches à ceux qui se trouvaient alors chargés de garder Marie, pour avpir permis qu'on Wi donnât ces preuves d'intérêt.
Pendant cette dure captivité^ d'une part , et de Tartre l^an^iété, le doute, la jalousie la plus vive, les deux reines n*en continuaient pas moins k entretenir que sorte de correspondance entre elteis. pans le commencement, Marie s^efTôrça d'adoucir .en sa faveur le Çfoeur d'Elisabeth, par la force desargumens, les séductions delà fla^t^erie, et les appels les plus touctians aux sentimens delà justice et de rhumanité. Elle essaja aussi d'en obtenir par l'intérêt un traitement plus doux, en offrant de céder sa couronne et de s'expatrier, si on voulait seulement Iqi rendre sa liberté. Mais Eiisaneth avait de trop grands torts envers la reine dl^cosse pour lui 4o9ner les moyens de prendre sa revanche , et peut-être se crutelle forcée de poursuivre son cruel projet, de crainte que Marié, une fois en liberté, ne cherchât les moyens de se venger, et qu'A ne fût impossible de la contraindre à ren^plir alors les engageme^s qu'elle aurait pris étant captive.
Désespérant enfin de se rendras Elisabeth favorable, Marie, avec plus d'esprit que de prudenèe, ne se servit plus de cette correspondance que pour irriter et provoquer, par tous les moyens possibles, 1% reine d'Angleterre, cédant ajd désir assez naturel peut-être, mais certainement bien impolitiqne , de faire ressentir une p^artie ^es peines qu'elle éprouvait elle-méi;nej, à celle qu'elle regarda^^ avec juste raison pomme l'auteur de tous ses maux.
Ayant été long-tpmps sous la garde jdu comte de Shrewsbury, dont la femme était médisante et acariâtre, Marie écrivait à Elisabetli que la comtesse l'avait appelée vieille et laide, et avait dit ^'elle était maintenant aussi contrefaite au physique qu^ai^ moral, ajoutant plusieurs autres observajtions non moins piquantes qu'aucune femme n'aurait pu supporter de sang-troid, et qui, à plus forte raison, blessaient jpsqu'au fond du cceur une reine aussi orgueilleuse qu'Elisabeth^ et qui désirait tant éfi passer pour belle. On ne peut douter que ces petites tracasseries n'aient ajouté bien de Tamertume à la haine qu'elle portait déjà à Marie.
Mais indépendamment de ces raisons toutes féminines pour dé-
I0$tpr ^a ffim^AipTPp £li/sabetb ^n A^ait we auti^e j)lus ^érlen^e
pour redouter la reine d'Ecosse au moins autant «pi^eHeia détestait.
Le parti taiIkoBqiie était encore très ^sMiit tm Ati gt c t e i 'r e , et les droits dé Marie an trône de ce royaume, comme descendant de }a princesse Marguerite, fHIe de Henry VM , lui sennrMaîent préférabtes à cenx de ta rrfne f)Ksaberii, qn^A tronvak Hl^times jniîs-! qu'elfe ëtait le fruit d'un maria^ illégal entre ifenry ¥Hf et Ât^ne de Bonien. fie leur cftté, les papes , qui regardaient aree {raison IBIisalbetfi cMnme le phs fierme appui de la religion réfor* ttiée, tétaient efforcés de sonlever contre €He les Anglais qid étaient encore souinis & Vantorité dn saint tàége. Enfin, en i âfT0-T1 » Pie V, goi régnait alors, publia une IraHe^u sentence d'excomnnt' nication , par laquelle il dédarait EHsai)etii déchue de tontes ses espérances de salut dans le ciel, et de son royaume snr la terre; tl f eitctnait de tous ies privftéges accordés aox chrétiens, et t'a* baiidonuait Comme une criminelle à quiconque se prësenteraSt pour venger l'Clg1i!îe, en mettant ii nvort sa plus grande ennemie, l^e ïMe des catticdiques amiKiais sTenflamvia en lisant cette ImHe dn dief de leur Ë^se. Un d^eux fut asae« hardi ponr en afficher tmre coj^e sur9à porte de t'évèquede Londres, et plusieurs cbmptota ïtiretit tramés parles papistes pour détrôner EKsaheth et donner f à tîbaronne^Aiïgletenre à Marie, reine q«fî était de leur religion et qu'ils regardaient comme i*hérirvère légitime du trône.
Ans^tftt qu'une de ce^ conspirations était découverte, une antre aeiiibiait *se former d'etfe-métae; et comme le rofi nfCspagne arafit promis de pnissans secours aux catholiques, et tfc^ils étaient irai» mes du plus ^f enthousiasme, le danger devenait chaque jour plus imminent. On ne peut douter ^ue plu^eers de ees plans tt' eussent "éti cotmnuniqués i Marie dans sa prison^ et si l'on considère tomes les raisons qv^eHe avait ^ "se plaindre d^BKsahelh , il eôt tté très étonnant iqt^éHe eât révélé à son geoKer impkcaMe les projets que formaient ses amis pour la mettre en iiberté. Mais ces conspiratimis succes^ves, et^ifapprôdiéesl'unede f autre, don*n%rentlieu à une des 'lois les plus exlraordtnaires^ni aient janaais i£té promnlguées en An^eteme. Otte loi portait que ai qudque insurrection ou qmflque atteinte & la personne de la reine f^isal)eth , venait i être méditée par ou pour quelqu'un qui se cHH des droits à la couronne,. la rc^ne peurraH. nommer une eommissioa composée de vingt-cinq membres qui serait chargée d'examiner ties iortes de délits ; et de eondamner les «coupables. Après là 4ectnre delà sentence, il devait; paraftre ^rnie prodaraation dédaraM iSéelntft &é tona droits ^antrène-ceM^en ^vèur de qui te com^ift on
3i6 HISTOIRE D'ECOSSE.
rinsorrectioii aurait eu lien; et il était spécifié qpi'ils pourraient être poursuiTis et condamnés à mort. Cette loi barbare avait été conçue de cette sorte pour rendre Marie responsable, non-seulement de ses actions, mais encore de celles des autres; de manière que si les catholiques se souleyaient, quoique sans son ordre, ou même malgré sa défense , elle perdait ses droits de succession à la coaronne, et courait même risque de la vie. Il n'y eut que le zèle des Anglais pour la religion réformée, et leur désir d'assurer la sûreté personnelle d'Elisabeth, qui put les engager à consentir à une mesure si injuste et si oppressive.
Cette loi fut promulguée en 1585,.et l'année suivante Elisabeth trouva un prétexte pour s'en servir contre Marie. Antoine Babington, jeune gentilhomme qui possédait autant de fortune que de talens, zélé catholique et plein d'un enthousiasme chevaleresque pour la cause de la reine d'Ecosse, s'était associé cinq de ses amis, tous remplis de courage, tous de haute naissance comme lui, pour accomplir l'entreprise désespérée d'assassiner EÛsabeth et de mettre Marie en liberté. Mais leurs projets furent secrètement révélés à Walsingham, le fameux ministre de la reine d'Angleterre. On les laissa aller aussi loin qu'on crut pouvoir le faire sans danger, et alors ils furent saisis, j ngés et exécutés.
Elisabeth résolut de profiter de la circonstance pour attenter aux jours de Marie en la mettant en jugement sous prétexte qu'elle avait encouragé Babington et ses amis dans leur résolution désespérée. Elle fut conduite au château de Fotheringay , et placée sous la garde de sir Amias Paulet et de sir Drew Drury, que, d'après leur haine bien connue pour la religion catholique, on sup- « posait disposés à la traiter avec la plus grande rigueur. Son cabinet particulier fut forcé, et on enleva tout ce qui s'y trouvait ; ses papiers les plus secrets furent lus et examinés; ses principaux domestiques furent éloignés de sa personne, et on lui prit son argent et ses bijoux. La reine Elisabeth nomma alors des commissaires, aux termes de l'acte du parlement dont je vous ai parlé. Ils étaient au nombre de quarante , choisis parmi ses courtiçans et ses conseillers les plus distingués, et ils reçurent ordre de juger Marie, sur s^ prétendue complicité dans la conspiration de Babington.
Le 14 octobre 1586, ces commissaires se réunirent dans la grande salle du château de Fotheringay. Marie, abandonnée à elle-même, et n'ayant les conseils ni d'un ami, ni d'un avocat, ni
JPRÊMIËRË SERIE. âl7
d'un homme de loi, fit cependant une défense digne de sa naissance et de ses talens distingués. Elle refasa d'abord de plaider sa canse devant nne cour composée de personnes d'un rang inférieur an sien, et lorsque enfin elle consentit à entendre l'accusation portée contre elle et à la réfuter, elle protesta qu'elle ne prétendait pas reconnaître par là la compétence de la cour, et qu'elle ne le faisait que pour Thonneur de sa réputation.
L'avocat de la couronne représenta la conspiration de Babington comme incontestable, et produisit les copies de plusieurs lettres qu'il attribuait. à Marie, et qui approuyaient l'insurrection et même l'assassinat d'Elisabeth. Les déclarations de Nave et de Carie, deux des secrétaires de Marie, confirmèrent le fait prétenda de sa correspondance avec Babington par l'intermédiaire d'un prêtre nommé Ballard. On lut ensuite les ayeut de Babington et de ses amis , confessant la part qu'ayait eue la reine d'Ecosse dans leur criminelle entreprise.
Marie répondit à ces accusations qu'elle n'ayait jamais eu la moindre correspondance ayec Ballard, et que jamais elle n'ayait (écrit les lettrés qu'on produisait contre elle. Elle ajouta que ce n'était point sur des copies qu'elle devait être jugée, mais sur des lettres écrites de sa propre main, et portant au moins le sceau de ses armes. Elle fit valoir avec chaleur que ses secrétaires avaient été interrogés en secret, et que leurs déclarations avaient été faites sous l'influence de la crainte dés tortures, ou de l'espoir des récompenses, ce qui, en effet, est très probable. Enfin elle prétendit avec toute l'indignation de l'innocence que les aveux flétrissans des conspirateurs ne pouvaient l'atteindre, puisqu'ils avaient été faits par des personnes notées d'infamie, mourant pour un crime infâme. Si on voulait se servir de leur témoignage, on devait leur pardonner et les .faire comparaître comme accusateurs. Marie avoua que, désespérant depuis plusieurs années d'obtenir secours on justice de la reine Elisabeth, elle avait, dans sa détressé, réclamé l'assistance des autres souverains, et qu'elle avait aussi cherché à procurer quelque protection aux catholiques persécutés d'Angleterre; mais elle nia qu'elle eût jamais voulu acheter sa liberté ou le moindre avantage pour les catholiques au prix du sang de qui que ce fût, et elle déclara que si elle avait jamais consenti par paroles, on même par pensée, à l'assassinat d'Elisabeth, elle était prête non-seulement à se soumettre au jugement des hommes, mais à renoncer même à la miséricorde de Dieu.
M9 mmim» v^ciùsse.
Le« preayea attégaées contre la reine d'Eeosse étaient tellM, qpi'elles n'auraient pu eompromettre k vie du pfos viï crimiuét; eependani la comoiission eut la cruauté et la bassesse de déclarer Marie coupable d'avoir trem()é dans la conspiration de Ëabiugton, et d'avoir Biachiné et comploté la mort d'Elisabetb, contre ïes termes exprès du stJitut qui avait pour objet la sûreté de la reîué. Et le parlement d'Angleterre approuva et ratifia cette sentence inique l
Oix ne devait peut-être pas s'atieilclre que Jacques Vf eàt beaucoup d'affection pour sa mère, qu^il n^avait pas vue depuis son enfance, e& que sans doute oti lui avait représentée conune une méchante femme, dont te seul <iésir était, si effe parvenait à recouvrer sa liberté I de lui arracher la couronne pour ta replacer aur sa tâte. Aussi avait-il vu la captivité de iMarie sans éprouver cette syiiipaihie qu'un fils eiit dû ressentir pour celle qui lui avait donné le jour. Mais, à la nouveUe des poursuites dirigées contré sa vie, il aurait fallu qu'il fût privé des sedtimeus les plus ordiaaires de la nature, pour he pas s'entremettre en. sa faveur, et une pareille conduite eût attiré sur lui les reproches et le mépris de toute l'Europe* Il envoya doue successivement sir Wiiliam. Keit et le seigneur de Gray, jiour faire des remontrances a la reuie Elisabeth , et pour employer toiir à tour ks prières et les menaces afin de sauver tes jours de sa mère. L'amitié de l'Ecosse était alors d'une Inen plus grande importancepourTAngleiérre qu'elle ne i^avait été à aucune autre époque de son histoire. Le roi d'Espagne était occupé à rassembler une flotte nombieusjç, appelée pompeusement V armada invincible , avec laquelle il se proposait d'envaliir T Angleterre et d'en faire la conquête. Si Jacques Vl avait été disposé à ouvrir les portes de TËcosse aux vaisseaux et aux armées espagnoles, il aurait pu faciliter considéraJslement cette formidable invasion, en diminuant les risques que V armada avait à courir de la part de la flotte anglaise*
H paraît donc probable que « Jacques lui-mêmo eût été Bien snicère dans son intervention, ou que son ambassadeur sa fût acquitté de la mission qui lui avait été confiée, avec la fermeté éfc la vigueur convenables y celte médiation n'aurait pu manquer de .réussir, du moins pour quelque temps. Mais le seigneur de Gray, Comme on n'en peut plus douter aujourd'hui , encouragea secrètement Elisabeth et ses ministres à persévérer dans^ la voie cruelle qu'ils avaient choisie, et poussa la perfidie jusqu'à iasianer que.
PKffifflERE SERIE. S19
quoique Jacques n'eût pu décemment s'empêcher d'intercéder en tayear de sa mère, cepeudant, au fond de son coeur, il ne serait pas très Ëiché que 5larie, qui , aux yeux d'une partie de ses sujets , était encore reine d'Ecosse , fût mise sans bruit de cûté. 1>' après les sourdes menées de cet odieux ambassadeur, EUsabetb fut portée à croire que le ressentiment du roi pour la mort de sa mère ne serait ni long ni violent ; Qt songeant à l'influence qu^elIe exerçait sur une grande partie de fa noblesse d'Ecosse, et an zèle des Ecossais, en général, pour la religion réformée, elle en conclut que les motifs provenant de ces circonstances empêcheraient Jacques de faire cause commune avec le roi d'Esj^gne contre^ l'Angleterre,
A toute autre époque de Thistoire d'Angleterre, il est probable qn^un souverain qui aurait médité un attentat tel que celui qu'Elisalieth allait commettre aurait été arrêté par le ncible sentiment de justice et d'humanité naturel à une nation libre et généreuse^ comme le peuple anglais. IVlais le despotisme de Henry VIH avait habitué les Anglais à voir le sang des personnages les pfus illustres, et même des reines, versé, sous les plus légers prétextes, par la main du bourreau ; et l'idée que les jours d'Elisabeth étaient menacés tant que Marie existerait suffisait, dans l'excès die l'affection et du dévouement qu'ils avaient pour leur reine , et que |ustifiait*du reste l'ensemble de son règne, pour les aveugler sur: l'injustice révoltante dont une étrangère et une catholique était Tictime.
Cependant , malgré toutes les préventions de ses sujets en sa faveur, Elisabeth aurait bien voulu que la mort de Marie pûlf avoir lieu de manière à ce qu'elle ne parût pas elle-même y être pour rien. Ses ministres furent chargés d'écrire aux gardiens dé Marie pour leur donner à entendre quel service signalé ce serait rendre à Elisabeth et à la cause protestante que d'abréger les jours de Marie et de l'assassiner en secret. Mais ces gardiens austères,, malgré la rigueur et la sévérité de leur conduite à l'égard de leur captive, restèrent sourds à de pareilles insinuations , et bien leur en prit de ne pas les suivre ; car Elisabeth n'aurait pas manqué de rejeter sur eux tout le blâme de l'action, et les aurait laissés en r^ pondre sur leurs tètes et sur leurs biens. Cependant elle exhala contre eux son mécontentement, et traita Paulet de — scrupuleux drôle , qui faisait sonner bien haut sa fidélité , mais qui ne sa* vait pas en donner des preuves,-^
ho HISTOIRE D'ECOSSE.
Néanmoins^ comme il devenait nécessaire, d'après les scrupules de Panlet et de Drury, de procéder dans toutes les formes, Elisabeth signa nn ordre {warrant) pour l'exécution de la sentence prononcée contre la reine Marie, et le remit à Davison, son secrétaire, en lui ordonnant d'y faire mettre le grand sceau. Davison porta l'ordre, signé d'Elisabeth, an conseil privé, et le lendemain le grand sceau y fut apposé. En l'apprenant, Elisabeth affecta d'être mécontente qu'il eût fait tant de diligence, et elle dit à son secrétaire que c'était l'opinion d'hommes éclairés qa'on pourrait s'y prendre autrement avec la reine Marie. Davison crut entrevoir dans ce prétendu changement d'idée le danger que sa maîtresse ne rejetât sur lui le blâme de l'exécution après qu'elle aurait en lieu. Il instruisit donc le chancelier de ce que la reine lui avait dit , protestant qu'il n'irait pas plus loin dans cette affaire. Les membres du conseil privé se rassemblèrent, et se croyant sûrs de connaître quels étaient au fond les désirs de la reine, ils résolurent de lui épargner la peine de les manifester plu»>ouvertement ; et voulant que la responsabilité, s'il devait y en avoir, retombât également sur eux tous, ils chargèrent Beale, leur greffier, de porter de suite le warrant aux comtes de Kent et de Shrewsbury, auxquels il était enjoint, ainsi qu'au grand-sheriff du comté, de le faire exécuter sans délai. * Marie reçut là triste nouvelle avec la plus grande fermeté. — L'ame, dit-elle, qui tremblerait à la vue del'échafaud serait indigne des joies du ciel. Elle n'aurait pas cru, ajonta-t-elle, que sa parente eût consenti à sa mort ; mais elle ne s'en soumettait pas moins volontiers à son sort. Elle demanda vivement l'assistance d'un prêtre ; mais cette faveur, qui est accordée aux plus vils criminels, et à laquelle les catholiques tiennent beaucoup, lui fut inhumainement refusée. La reine écrivit alors ses dernières volontés, et de courtes et tendres lettres d'adieu à ses parens en France. Elle distribua à ses domestiques les objets précieux qui lui restaient, et les pria de les garder par amour pour elle. Ces occupations remplirent la soirée qui précéda le jour fixé pour la fatale exécution.
Le S février 1587, la reine, conservant toujours l'air calme et tranquille qu'elle avait montré pendant son prétendu procès , descendit dans la grande cour du château , où Ton avait dressé un échafaud, sur lequel on avait placé un billot et une chaise, et le tout était couvert de drap noir. L'intendant de sa maison ,
FRfiMIfiRE SKRIE. S2 1
sir André Mel ville ^ obtint la permiftsion àe prendre, pour la dernière fois, congé d'âne maîtresse qu'il avait toujours fidèlement servie. Il se répandit en lamentations prolongées , déplorant le sort dé Marie, et se désespérant de n'avoir vécu aussi long-temps que pour porter de pareilles nbnvelles en- Ecosse. — Ne pleure pas, mon bon Mel ville, dit la reine, mais bien plutôt réjouis-toi ; car tu verras aujourd'hui Marie Stuart délivrée de toutes ses souffrances. Elle eut quelque peme à obtenir que ses femmes passent l'accompagner sur l'échafaud: on objecta que leurs cris et leurs sanglots démesurés troubleraient de pareils instans ; elle promit pour elles qu'elles sauraient èe taire.
Lorsqu'elle fut assise sur la chaise fatale, elle écouta d'un air d'indifférence la lecture du warrant qui fut faite par Beale , greffier du conseil privé, et elle ne parut pas prêter plus d'attention aux exhortations et aux prières du doyen de Peterborough , auxquelles, comme catholique, elle ne pouvait se joindre. EUe implora le pardon du ciel d'après les formes prescrites par son Eglise. Alors elle se -prépara à la mort, ôtant ceux de ses vétemehs qui auraient pu gêner le coup noiortel. Les valets du bourreau lui offrirent leurs services ; mais elle les refusa modestement, en disant qu'elle n'était pas accoutumée à se déshabiller devant tant de spectateurs, ni à être servie par die pareils valets de chambre. Elle gronda doucement ses femmes, qui ne pouvaient retenir leurs lamentations , et leur rappela ce qu'elle avait promis en Jieur nom. Enfin Marie posa sa tête sur le billot, et lé bourreau la répara du corps par deux coups de hache. Alors il Téleva dans sa main, et le doyen de Peterborough s'écria : — Ainsi périssent tous les ennemis de la reine Elisabeth! Anbune voix > à l'exception de celle du comte de Kent, ne put répondre ^m^n.' toutes les autres étaient étouffées par les larmes et par les sanglots.
Ainsi mourut Marie, ayant un peu plus dé quarante-quatre ans. Ses talens et son esprit n'étaient pas moins remarquables que sa beauté, et l'on né peut douter dé la bonté naturelle de son cœur, ni de la fermeté courageuse de son caractère. Néanmoins elle fut, sous tous les rapports, l'une des princesses les plus infortunées quiaient jamais vécu, dépuis le moment où elle vint au monde dans une heure de crise et de danger , jusqu'à celui où une mort violente et terrible mit fin à une triste captivité de dix-huit ans^
La reine Elisabeth , dans le même esprit d'hypocrisie qui avait caractérisé toute sa Conduite envers Marie ^ ne sur pas plus tôt
• ai
333 HIsrOMffi WEfBO&X.
qu« Tactioa étak cdMomoiée qu^^Ue s'en^fFéssade nier qa'^e y €Ût aucune part. Elle |]râl6«Édi4 que-DaviaM» avak agi.peskWe» méat contre. ses orcke* ea.portaal le warrajit an conseil privé; et, alla de tioBaer plus depoideà ses allégations , elle le fil coadanuier à une forte amende^ ie priva de tous ses emplois , et lui retira.ppttr.toujo»r8.ses bonnes grâoeSé Elle* envoya un ambas^a* deur exprès au roi Jacques» >peur lui faire «es eiiouses de ce naat heareuK accident y cosm^e il bii plaisait d'appeler la mort de Marie Stuart.
Jacques tëinoigna d'abord une grande indignation, qui fut parw tagée par la nation écossaise. Il refusa de 'voir l'envoyé anglais, et il exhala des menaces 4e vengeaiice. Lorsqu'un deuil générd fut ordonnée pour, la feue reine, le comte d*Argyle parut à la cour armé de pied en cap, comme si c'était la manière la plus convenable de manifester son opinion sur le traitenaent que Marie a^ait éprouvé et sur la conduite que TElcosse devait teiûr« M^îs Jacques avait les yeux fixés sur la conronne d'Angleterre; toutes ses craintes et toutes ses espérances se dirigeaient de ce côté, et c'était s'exposer à perdre ce superbe héritage que de dé* clarer la guerre à £UsabettK Sans doute la plupart des roia ses ancêtres auraient passé par-dessus de semblables, conàdérationa, c$t se seraient jetés sur l'Angleterre à la tête de toutes les troupes que FEcosse eût pu leur fournir. Maia Jacques était d'un naturel craintif et»pacifique« Il sentait que l'Ecosse était trop pauvre, trop divisée,. pour pouvoir affronter seule un royaume aussi riche et aussi unique l'Augleterrei. D'un autre cotév, si Jacques se lignait avec le roi d'Espagne, il serait probal^ement abandonné de la; partie protestante de ses sujets, et , en outre , il n'ignoraît. pas que Philippe avait lui-même des prétentions sur la couronne >d'Angltt* terre ; de sorte que seconder- ce prince dans l'invasion qu^il-médi* tait, c'était élever une barrière peut-être insurmontable entre lui et le trône dont il était l'héritier présomptif. Jacques s'adoucit donc par degrés;, il feigiiit4e croire sincères les excuseade la reine Elisabeth y et bienidt ils furent en aussi bonne intelligence qu'ils l'avaient été avant la mort de. l'infortunée Marie.
Jacques se trouvait alors en pleine possession du royaume d^£* cosse, et il se montra sous un jour plus favorable qu'à aucune époque postérieure de sa vie. Délivré de James Stewart, aon^il conseiller, il agit en grande partie d'après les avis de sir John Maitland , chancelier , frère de ce Maitland de LetinglitOA dont
FREIHBRE SERIE; SS^9
lioar avons 4 soavein parlé. C'était tm bon et sage nrinitftrei et comme il était dans le caractère de Jacqnes , qoi ofErah nn smgn^ lier mélange de pmdeRce et de faiblesse , de snivre Fimpolsion 4jiii Ini était donnée , et d^agir bien on mal , suivant les conseils 4ia'il recevait y il fit concevoir de loi en Angleterre » et mâme dans tonte TEurope , nne opinion beaucoup plus avantageuse que celle •qu'on en eut lorsque ensuite iliîit mieux connu.
Il est vrai que le règne de Jacques en Ecosse^ fat marqué par tant de circonstances délicates et dangereuses ^ qu'il était obligé* 4e se tenir constamment sur ses gardes^ et dé ne point s^écarter des règles les plus strictes de la prudence; car il ne pouvait guère <9q)ârer de tenir en respect sa turbulente noblesse, qu'en soute*» nÉnti la dignité du caractère royal. Si le roi avait eu les moyens de répandre des largesses au miÛéu'de ses sujets puissans, son ia* fluenee aurait été plus grande ; mais bien loin delà ^ si l'on excepte une rente annuelle de cinq mille livres steiAing que Itii faisait Eli* sabedi y ses resseuroes pour défrayer même les dépenses de sa^ •xnaison étaient delà nature la plus précaire ; ce qui provenait en gîrande partie du pillage auquel le trésc^ royal avait été mis pen« dant les gnerresciviles de sa minorité. Le roi était dans une telle -dépendance, qu^il ne pouvait même donner un festin sans prier quelques-uns de ses sujets plus opulens de lui envoyer de la vo* lîBiilleet du gibier, et sa garde-robe était si mal montée, qu'il Ait 6bltigé d'emprunter une paire dé bas de soie au comte de Mar, afin de pouvoir s^hatnller convenablement pour recevoir l'ambassadeur espagnol.
D'autres causes contribuaient encore à rendre la' position de Jacques embarrassante. Le t^lergé d'Ecosse lui donnait beaucoup de peine. Ces prêtres exerçaient une puissante influence sur Fesprit dépeuple, et ils s'en servaient quelquefois pour interve*> nir dans les affairea publiques. Sans avoir, comme les évdques d^Angleterre et d'autres pays, la prérogative de siéger au parlement, ils ne s'en mêlaient pas moins de politique, et souvent dU' haut de la chaire ils parlaient contre le roi et contre son gouvernement. Us avaient d'autant plus d'audace, qu'ils prétendaient n'être justicialiles devant aucune cour civile de ce qu'ils pouvaient dire dans leurs sermons, mais- senlement devant les cours spirituelles, comme on les appelait, c'est-à-dire d^evant les synodes et assemblées généralea de rEglise> composés de prêtres comme eux»
ai.
S2i HISTOIRE D'BGOSSB.
et par conséquent peu disposés à mettre on {rein à la liberté de langage de leurs frères.
Dans une occasion entre autres, le 17 décembre 1569, des disputes de cette sorte entre le roi et l'Eglise s'enyenimèrent à un tel point, que la populace d'Edimbourg, excitée par la viplenca des sermons qu'elle entendait, s'arma de tout ce qu'elle put trou-^ Ter, et assiégeant laporte de laTolbooth, où Jacques était occupé à. rendre la justice, menaça de Tenfoncer. Le roi fut sauvé par l'interyention de la partie paisible et mieux disposée des habitans,. qui prirent les armes pour le protéger. Néanmoins il sortit le len* demain d'Edimbourg dans une grande colère, et il voulait dépouiller cette ville de ses privilèges, pour punir Tinsolence des mutins. On eut beaucoup de peine à l'apaiser, et il ne paraît même pas qu'on y parvint complètement; car il fit occuper la Grande- Rue (^t^A-5/r(r^^) d'Edimbourg par wi grand nombre de clans, des frontières et des Highlands. Les citoyens, effrayés à la vue de ces bandes farouches et indisciplinées, crurent que la ville allait être livrée au pillage; et l'alarme fut à son comble. Hais le roi^ qui ne voulait que les effrayer , fit aux magistrats une longue ha^ rangue sur les excès dont il avait à se plaindre, et après avoir reçu leurs excuses il finit par leur pardonner.
Un autre fléau du règne de Jacques VI, furent les insurrections réitérées d'un seigneur turbulent, nommé Francis Stewart , comte de Bothwell , qu'il ne faut pas confondre avec James Hepbnrn, qui portait ce titre sous le règne de Marie. Ce second comte de Bothwell était parent du roi, et il employa la force, à plusieurs reprises, pour chercher à s'emparer de sa personne , afin de gouverner l'Etat, >comme les Douglas l'avaient fait anciennement en tenant le roi prisonnier; mais quoiqu'il ait été une ou deux fois sur le point d'y parvenir, Jacques trouva toujours moyen de lui échapper, et finit par avoir assez de puissance pour bannir à jamais Bothwell de sa présence. Il mourut dans l'exil, l'objet du mépris général.
Mais ce qui, à cette époque, était Sans contredit la plus grande peste pour le pays , c'étaient ces haines à mort qui se transmettaient de père en fils parmi les nobles et les gentilshommes , et qui avaient les résultats les plus sanglans , tandis que le caractère naturellement indulgent du roi, qui le portait à pardonner à ceux «jui avaient commis les actes de violence les plus répréhensibles»
rendait le mal encore plas frappant. En voici nn exemple re* marqnable.
Le comte dé Hantly, chef de la puissante famille de Gordon , et l'homme qui exerçait le plus d'influence dans le nord de l'Ecosse, s'était trouvé avoir quelques différends relatifs à des terres avec le comte de Mnrray, gendre du comte régent du même nom ; et dans le cours de ces querelles, un frère de Gordon de Cluny, John Gordon , avait été tué d'un coup de f psil tiré du château de Murray dans le Darnoway. C'en était assez pour rendre les deux familles ennemies implacables, quand mémeelles auraient vécu auparavant dans la meilleure intelligence. Murray était un si bel homme, qu'on ne l'appelait généralement que le beau comte de Murray. En 1592, il fut accusé d'avoir prêté main-forte à Stewart , comte de Bothwell, dans l'une de ses entreprises contre la personne du roi. Jacques , ne se rappelant probablement pas l'animosité qui régnait entre les deux comtes, envoya l'ordre à Hnntly de lui amener le comte de Murray. Huntly , charmé sans doute d'une mission qui lai fournissait l'occasion de se venger dé son ennemi , assiégea le château de Dunnibirsel, sur la rive septentrionale du Forth, et somma Murray dé se rendre. En réponse on fit une déchargé qui Hessa mortellement l'un desGordons. Les assaillan s s'apprêtèrent à mettre le feu an château; alors Dunbar, sheriff du comté de Murray, dit an comte en voyant leur projet ; — Ne restons pas ici pour périr au milieu des flammes ; j e vais sortir le premier, et pendant que les Gordons , me prenant pour Votre Seigneurie , me mettront à mort, vous profiterez de la confusion pour vous sauver. En effet, ils se précipitèrent au milieu des ennemis , et Dnnbar y perdit la vie. Toutefois sa mort ne sauva point le comte , comme il l'avait gé<* néreusement espéré. Murray réussit bien à s'échapper pour le mo« ment ; mais comme il s'enfuyait vers les rochers qui bordent la mer, il fut reconnu auxtassettes dévoie attachées à son casque, qui avaient pris feu lorsqu'il s'était frayé un passage au travers des flamnies. Guidés par cette espèce de fanal, ses ennemis le poursuivirent de colline en colline, et Gordon de Buccleugh, qui fut, dit-on , le premier qui l'atteignit, le blessa mortellement. Pendant que Murray était étendu tout haletant dans une horrible agonie , Hnntly arriva, et la tradition rapporte que dès que Gordon aperçut son Chef, il dirigea contre lui la pointe de son poignard en s'écriant : — De par le ciel I Milord , vous y serez pour autant que moi ; et il le força de faire «ne nouvelle blessure au comte qui se mourait.
Huntly^ d'une main mal assurée, frapiiaMuiray. àIa*%iii»e«Gebiî^ ei| pensant à sa grande beauté ^ même dans cette crise terribkii murmura ?n expiralit ces dernières paroles : — ^Y^us ave^g£té une figure qui valait mieux que la TÔtre.
Après cet aete de violence , Hontly ne se soucia pa» de retourner àEdimbourgy mais il s'enfonça dans le nord, lise réiiigîa momi^ii» t4némentdans le dvateau de Eavenscraig, ^pparten^untau Ipid Sinclair, qui lui dit, aveo ce mélange de prudence et d'hospitalité qui distingue les Ecossais, qu^il avait du plaisir à le recevoir, mais^ qu'il en aurait deux fois.jJiis à lui yoîr passer son chemin. Par la suite Gordon témoigna beaucoup de r^^jpentir du^rimequ'il avaift commis.
* Bientôt après, tr<ns seigneurs catholiques, les comtes de Hinvilj et d'Errol, qui avaient toujours professé cette religion , etrle çomtsf d'Ângns, qui s'était converti au catholicisme, furent aceusésd'ei»r Vretenir des intelligences avec l'Espagne, et de vouloir introduire des troupes espagnoles- en Ecosse pour y rétabUr leur culte. Les détails qu'on rapportait sur cette conspiration ne sf^mblent pas tisè^ probables;; néanmoins le roi donna ordre au comte d'ArgyliQ de n^rcher contre eux avec les troupes réunies( dans lei nord pai? ]oi?d Forbes et antres seigneurs protestans, «t «MiBtFa>daB& cette guerre l'enthousiasme religieux qui anûnait également' les réfor* mateiirs et les catholiques. Argyle leva aussi des cocps nombres de montagnards , qui se souciaient fort peu de r^kigîon ,. nsais qui aimaient exiJ'êmement le pillage» , ,
L'armée d'Argyle, forte d'environ dix mille hommes., rencontra Qnntly etErrol àC^lenviat, le 3 octobre 1594. Lexsombatfottrès Tif. Les deux comtes n'avaient.pas plusde^ninze cents cavaliers \ mais tétaient tous gentilshommes bien nafontéset armés de |Md en cap, tandis que les s<^ldats d'ArgyJe n'avaiçnt.qne leurs plaida et leurs toque^. En outre, Huntly et Errol avaient deux ou trois pièces de.canon , dont les montagnards, qpii n'étaient accontumés à rien d&semblaUe, eurent une grande peur. Le résnitatda,^oml^l^ fut que 9 quoiqatB la' cavalerie eAt à gravir une coU^ne aiiteombré» depierres etde quartiers de roc., etmaJgréilecoor^age.et l'achar*». nement avec l^uel les montagnards se défondireat, la petite troMpe des deux comtes enfonça lesrangsdeses ennenûa^.y jeta le désordre ,• en£t un, grand çaroage , et le^ força à pr^ndre^la luiteu» Buijçâtéd'Argyl^ftily entqueVi^eXrahison* Oo^lit/^&les^Graipts^ ]>K«içbea voisina ,, %\^gi^^\jiifi^ii^ ^^xAmski^Oi
q«sttèriei|t' a» i n iii eB de la nèlée pour se jatodae^à lears anciens amis. LeCkef de Mao-Leaa* se défendit avec on i^afnd ooarage; j^aÀs il foi à laffin ol^ligé de oéder. Ce fot une ^es «ccasiens où l'infanterie irrégulière des Highlands se trouva inférieure à la ca-' Tftlerie compacteTdes basses terres , cpaiavec ses longues lances la renversait et la dispeii8att<da«is4oiiS''les sens.
A la nouvelle delà défaite d'Argyle, lerots'arftnçalnhiiième daBsie nord à la iéteé^iuieiietite armée ^ et ilTétsrbKt la tranquillité en châtiant 4es comtes insurgés^
Noos avons'4iéjà dit^pue ,4ans ces temps 'de désordre, îlii'y^avait pas jusqu^aux enfaas qan n'eussent leuKs kainesà mort, -qui ne pon* tassent des armes ^n^îmilasseiit 'les excès- de leurs pères. Voici un exemple de leur férocité prématurée, qui arriva en s^tembre 1^595. Les«éltèt^s.de la grande- lécale d'Edimbourg (Ae^« sehool) ayant en une oonfeesftation avec leurs -matîtres sur ia k>a* goeur "de leurs vaeaneep / i*ésolurent d'empiojer la* force pour obtenir une prolongation. £n conséquence , ils prirent possession ide l'éeole, s'y barricadèrent,^ en refusèrent l'entrée à leurs maîtres. Ce sont de ces Mk&è^ dont on - a w ^s exemfyles dans tfautres -eélléges ; mais ee*qai -caractérisa la révoHe des écolters*<PBdimbour^, c'est qu'ils se défendirent ave<5 Fépéeet le pistolet, et quand le baiHi'Nae^Miorran, Ikin des magistrats, donna ordre à la force armée d!entrer, trois des enfans tirèrent sur lui , et le tuèrent sur la place: aucunid^enx ne fiât puni, parce qu'il fut impossible ide découvrir quel était le côupaible , on plutôt parce quc'deux'd^ntre eux étaient des fils de gentilshommes. Youavoyez parla que l'esprit sanguinaire de l'époque régnait jusque parmi les enfans.
Il est juste de dire , à l'honneur de Jacques VI , quHt adopta toutes les mesures qui étaient en son pouvoir pourmettrentf terme ^à ces seènes funestes de violence et de désoi'dre.'Des fois sages forent rendues pour- prévenir des-excès qui étaient-parvenus, à'fm tel degré; et aftn d'éteindre les ihatnes parmi les inobles, Jacques engagea ceux qui avafoat-des mefttfs d'auimosité Fun contre l'autre ,• à se prendre la main et à se réconcilier sous ses yeux.' fis. obéirent, et, se mettant lui-même à leur tête, il les fit- marcher -en procession juscfu'à'laf Croix d'Edimbourg, ee tenant* toujours par la mam^enisigae'de parfajieTéeoadîliation, taiidisque le^prëvôt et les magistpafes^ansaîent^vant eux- pour 'exprimer leur j<4e de 'Wr la coBoarée et' la l^qimie*4nleUigeaae si^ kenreasement réia» Mies; Peut-être ^eette tésoacâialiaa élail'^lle mip précipitée ^yaw
3S8 HISTOIRE D'BGOSSS.
être durable ;,maig il en résulta néanmoins de bons effets : par de*
grés la loi acquit plus d'influence, et les passions des hiunmes de-
Tiureut moins violentes, lorsqu'on vit qu'il y avait du danger à s'y
abandonner.
Je dois maintenant remplir ma promesse , et vous raconter ici un autre exploit arrivé sur les frontières. Ce fut le dernier qui y fut accompli ; mais assurément ce ne fut pas le moins remarquable, sous plus d'jin rapport. Les Gardiens anglais et écossais, ou leurs délégués, avaieut fait une trêve d'un jour, pour régl^ à l'amiable les différends qui pouvaient être survenus entre les habitans des deux pays sur la frontière, et, après être tombés d'accord ensemble, ils retournaient tranquillement chez eux a^ec leur suite. Dans ces sortes de réunions , c'était une règle invariable qu'il y eût une trêve de vingt-quatre heures, et que tous ceux qui, de part et d'autre , avaient accompagné le Gardien au lieu de la conférence, eussent la permission de retourner chez eux sans être inquiétés.
Orj il était venu, entre autres, avec le Gardien écossais, un insigne maraudeur nommé William Armstrong, mais plus généralement connu sous le nom de Kininont Wiliie. Cet homme saivait à cheval la rive septentrionale du LidJel , dans Tendroit où celte rivière sépare T Angleterre de TEcosse , lorsque quelques Anglais qui avaieut des motifs d'inimitié personnelle contre lui, ou qui avaieut eu à souffrir de ses déprédations, ne purent résister à la tentation de Tattaquer. Ils passèrent donc la rivière, poursuivirent Kiumont WilUe pendant plus d'un mille sur le territoire même de TEoosse, le tirent prisonnier^ et le conduisirent au château de Carlisle.
. Gomme cet homme faisait beaucoup dq bruit, criait hardiment qu'on avait violé la trêve dans sa personne, et demandait d'un ton péremptoire à être mis en liberté , lord Scrope lui répondit d'un air railleur qu'il ne quitterait point le château sans lui dire adieu, voulant dire par là qu'il ne partirait point sans sa permission. Le ^prisonnier s'écria hardiment qu'il aurait soin, avant de s'en aller, de lui souhaiter une bonne nuit.
. Le lord de Buccleuch, qui était Gardien de Liddesdale, demanda
la délivrance de Kinmont Wiliie, et se plaignit de ce qu'en le fai-
vsant prisonnier, on a,vait violé les lois des frontières^ ajoutant que
•x'était une insulte qu'il regardait comme personnelle. Lord Scrope
refusa , ou du moins éluda de mettre Kinmont en liberté. Alors
PREMIERE SIBUE. S29
Bacdeach lai envoya un défi que lord Scropesfexcasa de ne poairoir accepter, sons prétexte des fonctions publiques qu'il exerçait. Le Chef écossais résolat donc de recourir à la force pour Tenger Taffront qui lui avait été fait, aiasi qu'à son pays. Il rassembla trois cents hommes d'élite, et se dirigea Vers le château de Carltsle pendant la nuit. Une partie de la troupe mit pied à terre, tandis que les autres restèrent à cheval pour repousser toute attaque qui pourrait venir de la ville, La nuit était très sombre, et la . pluie tombait par torrens. Ceux qui étaient descendus de cheval approchèrent du pied des murs, et s'efforcèrent de les escalader à l'aide des échelles qu'ils avaient apportées dans cette intention. Mais les échelles se trouvèrent trop courtes. Alors, à l'aide d'autres instrumens dont ils avaient eu soin de se pourvoir , ils enfoncèrent une poterne ou. fausse porte , et entrèrent dans le château.
Leur chef leur avait expressément enjoint de ne faire de mal à personne, à moins qu'on ne voulût leur opposer de la résistance, de sorte que le petit nombre de gardes qui se rassemblèrent au premier bruit furent repoussés sans coup férir. Une fois maîtres du château, ils sonnèrent de la trompette, à la grande alarme des bons habitans de Carlisle , qui , se réveillant en sursaut , furent tout étonnés d'entendre, à une pareille heure, des sons de guerre. Les cloches du château furent mises en branle , celles dé la cathédi;ale leur répondirent; les tambours battirent aux armes, et des fanaux furent aUumés pour répandre l'alarme dans tous lés environs.
Pendant ce temps , les Ecossais avaient rempli l'objet de leur expédition. Ils avaient délivré Kinmont Willie de sa prison. La première chose que fit Armstrong fat de crier de toutes ses forces : -r- Bonne nuit à lord 3crope , lui demandant en même temps s'il ne voulait rien en Ecosse. La petite troupe obéit strictement aux ordres de son chef en s'abstenant de prendre aucun butin. Us revinrent du château, emmenant avec eux leur compatriote, et un gentilhomme nommé.Spencer ,qui était attaché au constable du château. Buccleuch le renvoya en le chargeant de faire ses complimens à Salkeld , le constable , qu'il estimait meilleur gentilhomme que lord Scrope, ajouta-t-il, et de lai dire que c'était le Gardien de Liddesdale qui avait fait ce coup, et qu'il le priait, s'il tenait à passer pour un homme d'honneur, de.se mettre en campagne et de prendre sa revanche. Buccleuch donna alors le signal "
MB HISIfM» I^^BOUSK.
detlft retnitèf qpi mrêî, tranqviilMWBt et avec iMamoMip Shtèes^ et il veatra eii»Eooaae au point 4ii}aur, aam et sauf et oeu-vertiée ^oire. « Okioqnes net fait aote 4e Taseelage û iMÛllamsieat < ae«oaH4)U eivEceaaey.âtt im nweil JûslorittOi iMÀi-e inêœe^iiiCeiBpa de W*aUace. »
'La retae^Eiiealieth, oonaKueva pensez iiieu, fiit laraenee 4e oetle kuHike» et elle demanda iqwe Hnedeiioli liiiiàt> livré p^nr at9iM comwiii MeagreBtion pareille sur les^reatières^eQ lempsiie^ paii(. L'affaire fat aeomîae auparkeaientéoMAais.'Le noi Jaccpie» pavkiJoîp«iénei pwr EtieabetJiv^aukuit 6a«s dente se oMlitreibiia lealwiinea gsâeea de cellepiiiieeaee,»pav aa.deMBiliiéet sénemprefi* acmeat à exécuAer ees ToloiitéB. L» Becvétoir& dl£ii»t cépendit* ea jHrésenlaiit la défense de Bioriwnoiiy.^t kepanlement écossais déoîdaqne la^ettien scraîl aennnaetà des <onwn«tsninc8 ciftoitt8{»ar les deux peuples , et qu'il atteadrait leur décision. Mais quanta^ la deiMAdede Uvrer BÛcotenehianm Aa^is^kiyvésîdeiit déclara à liante Yoix.qa^il.sevaic ass<»^4enpa queiBnûafeaiiltpasBâtea àn^ g^eteneleraqnele nei^-jr rendrait lui^'innnBe*
Bncalench nût fin à la. diacnMÎeB «n pajrtaat peMr Lendres* kM: depandedn net,, et «pr la pn^nwsse qu'il neiiaiaeraît fini aneua mal. La reine Eliaabeati Teidnt le imr, et;elleiiî«dein«adaucoin!» ment il était eomntettnede 'semblaUesagresmns. sm* ficn ternh taille* Il répondit intrépidement 'Cpifil ne ooiMnussnît point ia ehesa qn'unJMwmets^oftAT^roMT iahib.- Cette réponfie;plnt.â fiiisafaetiiy (fÊi letniîta.a^ee 4îitinetien.peodant le' iampsi^tiresta-en Angleterre, ce qui ne fut pas long.
.Makl'nvMilure lapins étrange du règne de Jiaeqnesfotl'érènemamt.aupdé in nanspiratîen èe GenriDeyiaarlaqnfille.il règne one soite dennystàre i^ae fetempa ii'n;pas. eneMrereeaq»lèt«nient dclanrci. Yona'devnaTWBs.BappelcrKpi^ily^eatnB comte do Ge^uie qwiiiit eambunaé nttexécnÉéloesipie JactpMe^si^étnit qn^oannCuit» Ge6eignnaciaM8a.daia: filsi fni neyirentqpe'bfMaDte édn aa t îen entpays élnangnr,.et.4u^^cka regardait oonme des jeunes v gêna di'wQe grande espéranee» Le roi reiidfttità>riaîaé<ile titre et le de* nninede Gonrie^ etJea denx Arènea éaarient «ntignandBf favenr an» ptèsde Ini.
Uttbennmiatinye'dtak dans le. «mis àia^tui HQO, -Alejiaoipe Bmh¥en^>letpln^genMd0sdeaxlftp«E^Wy3.faint titane le rei ip» était à «haaMr iânas le, pare dei Eaikland., let ibèni antennta ifidil i?lBnit d^arrètoy.nafaonHati fniiuiijrwntrpai»agn^>nrt j et^ifar^.
MtBMIEaE SSME. 9»
jait saos son adanleaunii fFaad pet rempli de fiàee» dfof . B l'avait fait renfenoer, ajouta^a^il, daa& la maiion-de «en ttèm^ jii«qa'à ceqiiaJ« roip&t L'iat«rr«ger kMiéiiiey atipvaBdropofiMMp aioa da trésor. Avec cette kîstoire il attira Jaoïpes loia dii^reite ^ la chaesey et lai pertoadade veair aveebii jusqu'à Perlb^ sans autre suite que quelques seigneurs et un petit wnbcede éo^ niestiqiiea/quiacconipagnèveBt le Poi»sau^Ki avoir reçn Tordre.
Arrivés à Pertb, ils-eotrèrent dans Gowrie4Ioate» réiideMe du comte i4p:and édifice maasif dont le» jardma ae p roha geajeat jusqu'à la Tay^ Le comte da Go wrie parut aurpriade voir armav le roi si inopinéoieBt , et il fk aaasit&t prépanor'<pMlqiiOB va* Ëraîchissemens pour Sa Af^jestié. Après le dîaer, Alexandre Rothvoo'le pressa de veoîr avec lai voir sooroieaieat leprÎ4 sonnier, et Jacques, curieux par caractère , et assez patavre pour saisir «a^wc eiapresseaioiit aae^oeéaaioii de Déparer sea'fiaaoces» le suivit d'-offartenaitf :tu apparteaMat , joofu'à ceifitfi RutiiveQ le fit entrer dams late pelitetéupoà'ae trouvait » noorpatl un priminier avec* «Qi pot. rea^li de pièooa4W» mais un homiaa armé» prâ|;„ à oequ/il aoaiïkîit, àroxéoator' quelque cntropnè violente.
Xi^me vue, le roi tvesoMllit et vouluil rovanir sar aespao-; mais RuthvoQ arracfaa.le poîgnaïKL que tenait' VliooMaa arakéy^et le. mettant sur- la; p^trtee du roi, il lui rappela la awwrfcdn oa mt o de 6owrieaoii;pore, et laioonaoiUa de oe soumottare oaos résior tance» s'il ne vontoit, périr à^lfiootemtaaénw. Jaeqaaa^ JEiépaadîlt on reproches eoaia« Rothven, r-aecaaaaljrdfiagràtiiadeLetoe dé^ feadantd'avoir.été.poarrnen^daasla mort.dasoa pore, paiaqua alors il n'était .qu'a» eafaat. Lé4ionspiraAeHr,o#itreai#i^ soil quelque aatre ueti{,. assura leToiquesa^vio «e.ooar^âfc aaoUli dan^r,.et»il l&labaaidan&la* tourelle. avec Vhomnfele «i?itié,.quitBtf paraissait, pastrès* bien eboiotpoHr jouer «m rdle^dàttaoetlé mék glaate tragédie; <rar il trombhûtfious'Wn «nm^^et sendilatil liora d'étAlde pniiwriemeiadreseoaaraBiairm^Bi »8ûsi<makre.
Voyons maintenant ce qui se passait en bas pendant- qoe ootte soàne éfaesmg^ avaiti Keu <)ntre le voi^ «tl Biitlive&.i Ijds poroomeA de la suite du roi eommençaieat à ^étoaaer da-son.alifence, knraqtiÉ toatà coiip<ellea> forent iafsraaéosfpar vn daMeatîqHo dn.comia de Gowriequo lenoi vsenait> doigaontiar à cheval -et dio repartie pour «Sal^aïid. ;£Ues ae)|)véoîpitèreat «asaioèt/ dans la eolary'al daauîQd•lmt^lonrft «feevwx^ iMdw4ae(la omtfetaiiatoaît
332 mSTOIRB VBGOSSE.
coup d'empressement de les Toir partir. Dans ce moment le concierge intervint, et assara que le roi ne pouvait être sorti, attendu qu'il avait les clés du château, et qu'il était bien certain que personne n'était sorti. A ces mots, Gowrie s'emporta beaucoup, s'écria que cet homme ne savait ce qu'il disait, et soutint que le roi était parti.
Pendant que les seigneurs de la suite de Jacques ne savaient que penser, une voix à demi étouffée, mais néanmoins déchirante, se fit entendre de la fenêtre d'une petite tourelle au-dessus de leurs têtes. — Au secours I Trahison I Au secours I milord de Mari Ils levèrent les yeux, et aperçurent Jacques qui, de l'air le plus agité, passait la tête à travers la fenêtre, tandis qu'une main le tenait par la gorge, comme si quelqu'un s'efforçait de le tirer parderrière.
Voici l'explication de cette scène: —Le roi, resté seul avec l'homme armé , avait , à ce qu'il paraît, obtenu de lui d'ouvrir la fenêtre. Dans ce moment, Alexandre Ruthven rentra, et s'écriant qu'il n'y avait point de remède, qu'il fallait que lé roi pérît , il se jeta sur lui , et voulut employer la force pour lui lier les mains avec une jarretière. Jacques résista , et traînant Ruthven à la fenêtre, alors ouTerte, il appela, comme nous l'avons vu, ses gens à son secours. Geux-d se hâtèrent d'accourir à sa voix. Le plus grand nombre se précipita vers te grand escalier, où ils trouvèrent toutes les portes fermées, et ils se mirent aussitôt à frapper à grands coups pour les enfoncer. Pendant ce temps, un page du roi, nommé sir John Ramsay, découvrit un escalier qui conduisait à la tourelle, où Ruthven et le roi luttaient encore ensemble. Ramsay frappa Ruthven de deux coups de poignard, Jacques lui criant de frapper fort , parce qu'il avait une cuirasse sons ses habits. Alors Ramsay poussa le corps de Ruthven expirant du eôté de l'escalier dérobé, où il fut trouvé par sir Thomas Erskine et sir Hugues Herries , qui l'achevèrent avec leurs épées. Ses dernières paroles furent : — - Hélas I je ne suis point à blâmer pour oette action.
A peine ce danger était-il passé, que le comte de Gowrie parut à la porte, une épée nue dans chaque main, suivi de sept hommes armés, et demandant vengeance de la mort de son frère. Les défenseurs du roi, qui n'étaient que quatre, se précipitèrent audevant d'eux, refermèrent la porte sur le roi, pour mettre sa personne en sAretéy et commencèrent un combat d'autant plus
désespéré, qu'ils n'étaient que quatre contre huit| et que Herries était boiteux et presque perclus de tous ses membres. Mais sir John Ramsay ayant percé le comte de Gowrie à travers le cœur^ celui-ci tomba mort sans dire un seal mot, et ses gens prirent la faite. Les portes du grand escalier furent alors ouvertes aux nobles qui faisaient de vains efforts pour se frayer un passage jusqu'au rm.
Pendant ce temps» un nouveau péril menaçait le roi et sa petite troupe. Le comte de Gowrie qui venait d'être immolé était le prévôt de la ville de Perth, et il était fort aimé des habitans. Dès^ qu'ils apprirent ce qui venait d'arriver, ils coururent aux armes, et entourèrent le château où s'était passée cette sanglante .tragé*^ gie, demandant à grands cris leur prévô^, et jurant que, s'il ne leur était pas rendu sain et sauf, l'habit vert du roi leur en répondrait. Les magistrats de la ville eurent beaucoup de pe^ne à les apaiser ; mais enfin ils y parvinrent, et la populace se dispersa.
Il n'est guère d'évènemens dans l'histoire qui soient enveloppés, de plus de ténèbres que cette étrange conspiration ; et ce qui la rend plus étrange encore , c'est que l'homme armé qui avait été^ posté dans la tourelle ne put fournir aucune lumière. 11 se trouva être un nommé Hendersôn, bandant du comte de Gowrie, qui avait reçu ordre de s'armer pour prendre un voleur des Highlands^ et il avait été placé dans la tour par Alexandre Ruthven , sans qu'on loi eût dit ce qu'il avait à faire, de sorte que tout ce qui se passa fat pour lui un sujet de surprise. Le mystère parut si impénétrable, et le récit reposait en si grande partie sur le seul té*^ moignage de Jacques, que beaucoup de personnes crurent alors, et quelques historiens même croient encore aujourd'hui, que ce n'étaient pas les deux frères qui avaient conspiré contre le rd^ mais bien le roi contre les deux frères ; et que Jacques, ayant contre eux quelque sujet d'animosité, avait imaginé toute cette, scène pour rejeter ensuite tout le blâme sur les Ruthvens et les. en rendre les victimes. Mais sans parler du caractère doux et humain de Jacques, et laissant même de côté la considération qu'on ne peut assigner, ni même se figurer de motif suffisant qui ait pu le porter à un meurtre aussi atroce, on doitiaire attention que le roi était naturellement craintif, et qu'il ne pouvait pas seulement regarder une épée nue sans tressaillir; de sorte qu'il est contre toute raison et toute vraisemblance de supposer qu'il pût être
MMMordNn ecMUflM diiis leifiiel sa ^ie ftrt à pliriêttrs - my itug 4»b4» pl«» |}| i Mid dMigqr. Gepeadnitt4)ettlwoQpdè'm«flAro»'d^ eliNi«gé refaa èwu t d'iMir à t^Mcdfede Jàteqses de oéléhmr^e«flo^ iMiDeUes actMMH à» graee»* pov Ié dé Hvr one e d^roî^ fi^sam-ei»» tendre^ sans beftiMoap<le méii ap flB tLBt » fs'Sa dMUB^K-JbfC de' là vériîé defiOir Iriacoire; L'an d^Mn , pfrasaé par l#mi , ftût pa»' dire , « — que sans doate il devait le croire, paisque -Sa Mhj â sift diMâi«qa'elle- l'avait TM, nm^^ae quand méBteil^'aarak valai- Biêmeil n'en aarakpas cra ses ppapras^ieinL. » Jcnqoea fiit' très moFtifié 4e cet eseèB«d%QerédaKté, cbt il ^tait dur penr4tâ dé voir révoqaer en doute son témoi^ageapràsqn'il avait oonni nn-td. danger.
Ce ne fiit qneneaf ans après , qne qmiqne joor'fatjiMié sim icette afbirepar nn nomméSprot, notaire <pnMte> qar, par pore curiosité» étak parvenn a se procurer certânnes lettres qn^^nr disuli «voir été écrites «a oomte deGovme par Robert Logan de Rest** alrig, faomme torbolonti de mauvaises nerars, ettonjoars prêt à comploter. Dans ces lettres ^ il était fcit* sens «^sse^aliosioB à la mort dapère doSawrie, à la vmgeaneetqo'onmédiltttt) etàrrexé^ cation de qaelqiffo grande et'périUènse'entreprise^ Eafin ily éiaît ditqae les Ruthvens'devaîent'aaietifr partner nn prisomâer à\a fortercfsse de Fasf^Gastle^ tonrdsidée'et iwaoeessiiAe'appaPtenaiit it' Logan, et située surlescdtes deBi^rfridL. Logan recoamiaBide^cotte' tour comme le Ilea-lé'phis^'aûr oâ Ton^paisso garder soerètewsaa qnriqne prisonmer^ inpertantv et fl ajoute qu'il ^ avait' carivé Bothwell dans'sa'ptas granét déimsno > « a la^baitêdu roi et' de sen-conseiL »
Toutes ces expressions -semUeiil' indiquer un oemplét' êMgéi non point ooniro lès jours dU'TOi , m»s ^contre^sa^^ibOTté person« nellei etelles-fontprésumerHiue^ lorsque ^lexandreikfthvett^vait' employé les menuoes pour'fopoer 4eToi à garder le silenee-^ à sesoumettre, llntention dès deus>{iwesétait^e'l^ntralaer^èrtmvèrs' lesjardins> de'le-mdttroii bord^d^tne^ohaloupe, dedeseendreta Taj, ef après ntt*sîgnal>convenu*y auquel 'Logan flUfaUunon, de déposer leur iHusivé prisonmerdiiM là? ferteresee' d» VlM^CittslIOi ^emparer «de ia'^rsonwB'dasret étài^aneemrepnse 'qurétuH^ioîn' d^ètre sans ^lemple parmi les seigneurs éoossais, et>l#«pèrudes Rtttbvens avait perdu la vie dans une tefttative semblable* Si4kA adoptequetel.était leur projet 9 il est probable que la reine BH|a-
MfBBOMBSÇMB;
béth n'y éiaA; pBs^ëtrdQgère. Bn^et, elkr s'élMl trouvée «î Un d'avoir retOMftiAforM es pviseik» q^féller «fmk p« Ijwaer ipolmw piaode'ieeg«wretp«ur 'Obtenir la gavdede aoo£b«
Je ne dois pas terminer cette histeire aene^a jo uter fee le coif» de Logas» fat appiNté devMil mie ooer de jnttiae, ^'iifet jogé aparès sa^ aawt^ .déel«*é ea«|>aUey etipa{)fiéd'ime^«Bleiice'qw:pBro» two^it la'CO«kfiecai»ioft.der tous'sea Meus, Mais œ qoi n'a>pae été remarcpé, o^est ^OALogaïki KberCin» predig«e ei exlraTagaiK^ «vak aUéné la plas ^grande fiArlie deea fortime avant de meariv, et que, par eoMéfOént^ It^roi ne peavait avoir aaenn ialérétià s«ivre ee» ancieiiBea et barbares formes de prooédore. Le sort de Spret, lenotaîre, lai ans» triste que bizarre. Il fat oendsmné à Atre pendo, pMr> avoir gardé ces lettres en sa possession / sans les communiquer au goo^ernement; et la seBteaee fiit e&éeBtée, SproteontiiHiant à^assnrer jnsqu^aii dernier soupk que les lettres étaient authenikpica^ et qu'il ne les avait censervées que par onric^ sitétf II raffirma de neavean, mâme dans l'eg^iKie de la mort; car déjà il avait éiéfrécipitéde TécheUefatole^ lorscpiOi in'viléèteeBt firmer par quelque signe la skieérilé de ses aveu , osi dit qaU frappa trois foisi^da' ses mains» Néanmoins ^pielqnes pfweonaes continuèrent à croire que la déposition de Sprot était mensongère, et que les lettres étaient forgées ; mais il semble qu'il y a un excès d'incrédulité à suspecter des aveux dont le résultat fut de conduire au gibet celui qui en était Tauteur ; et maintenant les lettres produites par Sprot sont regardées comme authentiques par les meil* leurs juges en cette matière. Ce fait une fois reconnu , il devient évident que le but de la conspiration de Gowrie était d^emprisonner le roi dans la forteresse inaccessible de Fast-Gaatle, et peut-être ensuite de le remettre entre les mains de la reine Elisabeth.
Nous approchons maintenant de la fin de cette histbire. Le roi Jacques Y 1 épousa la fille du roi de Danemark, qui s'appelait Anne de Danemark ; ils eurent des enfans, ce qui fut un grand titre pour eux aux yeux des Anglais , qui coiftmençaient à se lasser de voir leur couronne passer de femme en femme, sans qu'il y eût aucune perspective de succession masculine. Ils commencèrent donc à re* garder Jacques comme le plus proche héritier de Henry VIII et le successeur légitime au trône lorsque Elisabeth viendrait à mourir. La reine était alors très âgée, d'une mauvaise santé, et la mgrt d'Ëssex, son favori , lui porta le coup le plus sensible. D^uis le moment eu il fut exécuté , à peine eut-elle un seul intervalle de
m HISTOIRE D'ECOSSE.
santé et même de raison. Elle restait assise toute la joornée sur des conssins, tenant nn doigt dans sa boache, ne faisant attention à rien de ce qui se passait autonr d'elle , si ce n'est aux prières que de temps en temps on récitait dans sa chambre.
Tandis que la reine d'Angleterre était ainsi dans les souffrances d'une lente et douloureuse agonie , ses sqets cherchaient à se concilier les bonnes grâces de Jacques son successeur, avec lequel Gecil lui-même, premier ministre d'Angleterre, entretenait depuis long^temps une correspondance secrète. A peine Elisabeth avaitelle rendu le dernier soupir, que sir Robert Caret , son parent et son filleul, monta à cheval , et voyageant avec une rapidité presque égale à celle de nos malles-postes modernes , porta an palais d'Holyrood la nouvelle que Jacques était roi d'Angleterre, de France et d'Irlande, aussi bien que d'Ecosse.
Jacques arriva à Londres le 7 mai 1603, et prit possession de ses nouveaux Etats sans la plus légère opposition ; et de cette manière rîlede la Grande-Bretagne, si long-temps divisée en deux royaumes distincts , se trouva réunie sous la domination d'un seal et même prince. C'est donc ici , mon cher enfant , que doivent finir les Contes de Votre Grand-Père concernant l'Histoire d'Ecosse»
FIN DE LA PREMIERE SÉflll.
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