‹ oevres walter scottChapitre 41 sur 42 · I. ttdi "k mot emùté, «^ Affaffe, esearMôacbé · texte numérisé non relu

I. ttdi "k mot emùté, «^ Affaffe, esearMôacbé

alors mettre an terme aux dissensions de l'Ecosse, envoya de Berwick un corps de troupes considérable > et , ce qui était encore plus nécessaire, un train nombreux d'artillerie pour former le siège da château d'Edimbourg. Le manque de vivres, plus encore que les batteries anglaises , réduisit la garnison aux abois : et après une longue et opiniâtre résistance dans le cours de laquelle, de deux sources qui fournissaient de l'eau à la ville, Tune se tarit et Tautre fut interceptée par des décombres , le brave Earkaldy fut obligé de capituler. i

Il se rendit au général anglais, qui promit vque sa maîtresse intercéderait auprès du régent pour obtenir la grâce du gouverneur et de sa troupe. On devait d'autant plus s'y attendre, que Morton et Kirkaldy avaient été dans un temps amis intimes. Mais le régent insista pour que son brave ennemi f&t remis entre ses mains,, et Elisabeth, sans égards ni pour l'honneur de son général, ni pour le sien , abandonna les prisonniers à la vengeance de Morton. Kirkaldy et son frère furent exécutés publiquement , au grand regret même de la plupart des partisans du roi. ,Maitland de Lethington, plus célèbre pour ses talens que pour son intégrité, désespérant d'obtenir un pardon qui n'avait point été accordé à Kirkaldy de La Grange, mit fin lui-même à ses jours en prenant du poison. Ce fut ainsi que les guerres civiles du règne de Marie se terminèrent par la mort du capitaine le plus brave et de l'homme d'Etat le plus habile de J'Ecosse, car tels étaient Kirkaldy et Maitland.

A dater de la reddition du château d'Edimbourg , le 29 mai 1 573, le régent Morton se trouva en possession complète de l'autorité suprême en Ecosse. Pour s'acquitter envers Elisabeth , qui s'était montrée constamment son amie pendant les guerres civiles, il s'étudia à prévenir ses moindres désirs du moment qu'il se vit nudtre absolu du royaume.

Morton alla même jusqu'à livrer à la justice ou plutôt à la vengeance de la reine d'Angleterre ce malheureux comte de Northumberland, qui avait voulu fomenter une sédition en Angleterre, et qui, s'étant réfugié en Ecosse, avait été renfermé par le régent Murray dans le château^de Lochleven. Ce fut une grande tache imprimée non-seulement à la répujtation de Morton, mais même à celle dé l'Ecosse, qui jusque-là s'était fait un devoir d'offrir un asile sûr et inviolable à ceux que des malheurs ou des factions politiques forçaient à s'expatrier. Le fait était d'autant plus révoltant

^REMIBtUe SERtÉ. 301

qtiéy lorsque Morton ayait été obligé lui-même de s'enfair en Angleterre ponr la part qu'il aTait prise au meurtre de Kizzio, il avait été noblement accueilli et protégé par le seigneur infortuné qu'il abandonnait alors à son triste destin. Il y avait encore une circonstance aggravante, et qu'on ne manqua pas de remarquer : c'était un Douglas qui trahissait un Percy, et lorsqu'on parcourait les annales de leurs ancêtres , on y voyait bien des actes d'hostilité ouverte, des alliances intimes et fidèlement observées; mais jamais jusqu'alors elles n'avaient offert un seul exempled'un acte de trahison commis par Tune des deux familles envers l'autre. Pour mettre le comble à l'infamie de cette conduite, le régent reçut à cette occasion une somme d'argent, qu'il partagea avec Douglas de Lochleven. Northumberland fut décapité à York en 1572.

Sous d'autres rapports , l'Ecosse retira de grands avantages de la paix avec l'Angleterre, car un peu de repos était bien nécessaire à ce malheureux pays. Cette paix dura, presque sans interruption, pendant trente ans et plus.

lly eut cependant, dans une occasion, entre les deux peuples une petite escarmouche que je vais vous rapporter, parce que, à l'exception d'une entreprise hardie dont nous parlerons plus tard, ce fut la dernière que les Anglais et les Ecossais eurent , et, il est à espérer, auront jamais ensendble.

C'était un usage adopté pour maintenir la paix sur les frontières,, que les Gardiens des deux pays se réunissent à des jours fixés pour se livrer réciproquement les malfaiteurs qui avaient commis des agressions sur le territoire étranger, ou régler les indemnités pécuniaires à accorder pour les dégâts qu'ils avaient pu &ire. Le 7 juillet 1575, Carmichael; en sa qualité de Gardien des marches du centre écossais , se rendit aii rendez- vous ordinaire ainsi que sir John- Poster j l'officier anglais de la firontière opposée. L'un et l'autre était accompagné des clans qui dépendaient de sa juridiction ; mais la troupe de Foster était beaucoup plus nombreuse que celle de Garmichaél , et elle était armée de lances , d'arcs et de flèches. D'abord Fentrevue fut paisible. Les Gardiens se mirent à régler les délits , et les hommes de leur suite commencèrent à trafiquer entre eux et à se livrer aux jeux et aux amusem'ens d'usage; car, malgré leurs incursions habituelles, il régnait toujours une sorte de Connaissance entre les habitans des deux côtés de la

90i mSTOIRB VWCOSSE.

frontière» comme celle qui a^éutblit entre les aywH^s^^^ deux lurmées enneoùe».

PeadiiQt ces restions amicales , il s'éleva aoe disimte entre les deux Gardiens 9 Garmicbael demandant Texiradition d'nn mal&ii^nr anglais dont Ifoster, de son côté, refusait d'être responsable. Ia discQSsion s'anima» et ila finirent par se lever tous deox de lears sièges > sir John Foster disant à Garmicbael , d'an ton de mépris , qu'il devait aUw avec ses pareils. Les Anglais ponssèrent aussitôt leur cri de gueirre; -^ En avant » Tynedale; — et> sans plus de cérémoniei ils lancèrent une grêle de flèches au milieu des Ecossais , qui » peu nombreux et attaqués à rim(M*0Yiste» eurent beaucoup de peine à tenir pied. Heureusement un corps de citoyens de .kdburgh arriva à temps pour les seeourir, et comme ils avaient presque tons des armes à feu. Tare long des Anglais ne eenserva plus son ancienne supériorité,. Après une action vive les An^ais furent repousses; sir John Foster et plusieurs gentilshommes de 9a snite fiirent faits prisonniers et envoyés au régent. Sir George Héron de Chipchase, et d'antres personnages de distinction» restèrent sur4e«champ de bataille.

Mqrton , craignant le déplaisir d'Elisabeth , qiioique les Anglais eussent été les agresseuré, traita les prisonniers avec beaucoup d'égards, et les renvoya non«seulemeat sans rançon , mais même comblés de présens die toute espèce, entre autres de faucons. — N'êtes- vous pas bien traitéa? dit un Ecossais à l'un de ces prisonniers qui rejuwrnait en Angleterre $ nous vous donnons des faucons vivans en place de hérons morts.

Cette escarmouche, appelée l'affaire de Redswair, eut lien sur les hauteurs de Carter ; elle n'interrompit 'point la benne inteUij^ence qui régnait entre les deux pays, n'étant considérée que comme .une échauffourée accidentelle. L'Ecosse jouit donc to bienfaits de la paix pendant la pins graille partie dp la régence de Morton.

Mais les avantages que le royaume. relirait de la paix furent ea ^tt^lque sorte détruits, psir le gouvernement corrompu et oj^ressif de Idorton, dont les pensées semblaient n'avoir presque exdusîvement pour ob^ que d'amasser des trésors par tous les moyens «n son pouvoir. Les grands Uens qni avaient appartenu à l'Eglise catholique romaine étaient une mine féconde que le régent et les antres grands seigneurs cherehèrent à exploiter à leuv ptofit» Us

PRSMERE SBRIB. * S6S

Y parvinrent «mrtoat en traitant ai^^oc àeiia, qfù avaient renij^lacé les abbés £t Los prieurs en qualité de commendatairesy dénonônation sons laquelle (m distinguait en Eoosse les bK^nesqui jetaient «n possession d'un héoé&ct ecclésiastique. Les nobles s'adressèrent à ces comnendataires ^ et , soit de gré soit de force, ils les dé^idèr^t à leur transférer la ]Nnopriété de ces abbayes, on du moins à l^nr en faire lut long bail ponr la rente la plas modique Pour que vous compreniez comment ces sortes d'affaires se traitaient, je vais voas en <àter nn exemple curieux ;

Dans le mois d'août lâ70, Allàn£tewiurt, eommendatsire de l^abbaye de Crossragnel, dans le comté d'Ayr, se laissa persuader d'aller rendre visite au comte de Cassilis, qui le «coàduisiti en partie contre son gré, dans une tour isolée, ncmimée le Caveau Noir ,de Denure, baignée par la mer et dont les ruines sont encere visibles. Il fat traité pendant qnelque temps avec beaucoup d'égards; mais quand il vit qu'on lui ôtait ses armes et qu'on écartait de loi ses domestiques , il ne put douter plus longtemps qu'il ne se tramât quelque chose contre lui« £n&i le comte conduii^it son bote dans une chambre secrète où il n'y avait pour to«t ameublement qu'un gril deler sous lequel brûlait na feu de cbarbon.. -^ A présent, milerd Àjabé, dit le comte àe Gassilis, vouiez*vous bien 4Ûgner ces actes? — En disant ces mots, il lui mit dans la miain des baux et d'^fitres papiers, qui transmuaient toutes les terres de l'abbaye de Gn^ssraguel au c<mite lui-n^ème. Le oomn^eadataire refusa de se démettre de ses biens, et de signer les actes. Une troupe de scélérats entra au même instant , et saisissait l'infortuné, ils le dépcmillèrent de ses vétemens et retendirent sur le gril de fer, où il restai brûlé par le iea qu'en attisait en dessons , tandis qulls versaient de rbtuile sur son corps cmnme un cuisinier v^rse du jus sur le r&ti qui tourne sur une brocbe* L'agonie d'une pareille torture ne pouvait être endurée. Le pauvre bomme poussait des cris de détresse, les suppliant de le mettre à mort, plutôt que de f empios^ à des tour^Deas aussi ^^ rolongés, et il efiÛt sa bourse et tout ce qu'elle contenait à celui qui par pitié lui fracasseiwit la télé. A la fin il tut oUigé de promettre d'en passer par tout te que le comte vendrait , |ilut&t que d'endurer plus longtemps un par^l sopptice. Les actes lui étant alors présentés il les signa de sa main à demi brûlée , tandis que le comte s'écriait, avec rbypocrisie la pins ii^udente : — BtnediciU i vous êtes Fhomme le {dus obstiné qtie j'aie jamais vo. — Me forcer à en agir

-de la sorte avec Yons! Je n'aarais jamais cru traiter quelqu'un comme votre entêtement m'a obligé de vous traiter. — . Le c6mviendataire fat ensuite délivré par une troupe de ses ands commandée par Hamilton de Bargany, ' qui attaquèrent le Caveau fVoir de Denure, pour le secourir. Mais la conduite farouche et «auvage du comte prouve de quelle manière les nobles se faisaient adjuger les biens àe PEglise par ceux qui en étaient alors en possession.

Cependant le comte de Morton donna l'exemple d'une autre manière moins violente de s'approprier les revenus ecclésiastiques. Ce ftit en rétablissant Tordre des évéques, qui avait été supprimé lors de rétablissement de la nouvelle Eglise presbytérienne. Par exemple, lors de Texécution derarchevêque de Saint- ^Andréy il fit nommer archevêque à sa place Douglas, qui était recteur de ce diocèse; mais ensuite il ne laissa à ce simulacre de «prélat qu'une petite pension sur les immenses revenus de son «évêcfaé, et il s'appropria le reste; quoique les rentes fussent toujours perçues au nom de l'archevêque.

Ces innovations et d'autres semblables causèrent beaucoup de peine à John Knox, le père audacieux et inflexible de la réforme «en Ecosse. Il vit avec douleur que les seigneurs protestans allaient "probablementdiminuer encore la faible rétribution qui était accordée au clergé écossais sur les fonds considérables qui avaient appartenu originairement à l'Église de Rome. Il craignit aussi pour l'égalité républicaine quand il vit innover la forme du gouvernement ec- •clésia^ique en introduisant des évêques , quoique avec des revenus limités et un pouvoir restreint. Il avait fait souvent à ce sujet les représentations les plus vives et les plus énergiques an régent Morton ; mais lorsque ce grand homme mourut , le régent, qui accompagna ses funérailles , n'en prononça pas moins sur sa tombe un éloge qu'on n'oubliera jamais : •— Ci-g!t, dit Morton , un homme a qui face d'homme n'a jamais fait peur.

Dans l'Etat comme dans l'Eglise, le régent laissa percer les symptômes d'un caractère vindicatif, avare et corrompu. Quoique les guerres civiles fussent terminées, il résolut de se venger sur les Hamilton de l'appui soutenu que cette famille puissante avait prêté au parti de la reine, et des obstacles qu'ils s'étaient efforcés de mettre à son élévation. Il les fit poursttÎTre comme ennemis de l'Etat, les chassa de l'Ecosse, et s'empara de leurs biens. Le comte d'Arran , frère aine de la famille, auquel ces biens appartenaient

PREMIERE SERIE. »0i

alors, ëtidt foa an point d'avoir id être renfermé ; mais Cfla n'empêcha point Morton de prononcer la confiscation dit comté et des terres qui en dépendaient , •«- abus d'autorité qni révolta tons les honnêtes gens.

Ce n'était pas seulement par la confiscation qne Morton s'etfor* çait d'amasser des richesses. Il vendait tontes les charges qni étaient à sa nomination ; il ponssait là vénalité jusque dans l'administration de la justice» quoique ce soit l'un des plus gr&nds crimes dont un magistrat public puisse être coupable. En voici uîl exemple qui se trouve rapporté dans une histoire de la famille de Somervillé.

Un seigneur de ce nom ayant un procès important » que l'influence du régent pouvait faire juger comme il le trouverait convenable I résolut de suivre les avis d'une ancienne connaissance de Morton y qui était au fait de son caractère » pour se le rendre favorable; et voici l'expédient singulier qu'il employa : — Lord Somervillé se rendit chez le comte de Morton , et lui recommanda son afEaire » espèce de sollicitation personnelle qui était alors fort en usage. Après avoir eu quelques instans d'entretien avec le régent » il se leva pour se retirer » et» ouvrant sa bourse sous prétexte d'en tirer quelque argent pour les huissiers et les domestiques » comme c'était la coutume dans ces sortes d'occasions , il là laissa sur la table comme par oubli. Morton luï dit : — Votre bourse y Milord ; vous oubliez votre bourse. — Riais lord Somervillé y qui était déjà à la porte , feignit de ne pas l'entendre et se retira. Il n'enteU^t plus parler de la bourse, qu'il avait eu soin de garnir d'un assez bon nombre de pièces d'or ; mais le jour même, lord Morton jugea l'affaire en sa faveur.

Des exemples réitérés d'une avidité aussi monstrueuse finirent à la longue par faire perdre au régent l'affection même de ses meilleurs amis , et son gouvernement devint tellement à charge , que le vœu général était que le roi mît fin à la régence en prenant en main les rênes du gouvernement.

L'opinion publique se manifesta avec tant de force , que , le 1 2 mars 1578 , Morton se démit de ses fonctions de régent , et se retira dans son château de Dalkeith pour y vivre en simple particttlier, laissant l'administration à un conseil composé de douze seigneurs. Mais acccMtumé à se voir à la tête du gouvernement, il ne put rester long-temps dans l'inaction; et sortant de sa sombre retraite, que le peuple appelait la Caverne du Lion , il sut, en em-

aO« HI&TOttR B'BGOSfi».

Sloyiiil la force et l'adresse, ebasser les aoaveaox coBseillers ^ el, 'après Taocienne méthede des Douglaa» se mettre de nouveai» à la tdte des affaires publiqaes. Mais Je souverain a^étaii plus mi enfant; il commeaçait à être en état de penser et d'agir loi- Vflne, et il est nécessaire deyonadire (jnel^œs mota de soncaractère«

Jacques Vln'étûl qu'un enfant qpand il fat placé sur le trftne de ea mère» A F^poqoe où nous senunea arrivés il n'avait mcwe oue qiaatorce ans.» avait un bon cœur ^ et toute rinatruction que jeux exceiiena précepteurs avaient pu lui donner* Au fond, il avait plus d'instruction que de prudence , et cependant, dans le coiirs de sa vie, il parut manquer moins de bon sens que de la fermeté nécessaire pour prendre des mesures énergiques, et sur* tout pour les exécuter. Il y avait dtans son caractère q/oelque chose depnérii et pour ainsi dire de mesquin, qui rendit son bon sens inutile^ et son savoir ridicule^ Dès sa plus tendre enfance ,. il se passionna pour des favoris^ et à treize ans il avait d^a a<tCordé tonte sa oon&ànce à deux courtisans qui s'étaient insiofiés si avant dans sea bonne» grâces , qu'ils faisaient de lui tout ce qji'tts Touiaient,

Le premier était Eame Stuart d' Aubigny, neveu du feu comte de Leiinox et son héritier, Nnn-seutement le roi réintégra ce jeune aeignenr dans toutes les dignités de sa famille , mats il le créa duo de Lemexifeti aivec une générosité trop prodigue^ il releva à un poste émtnent dans TEtat* Il n'y avait dana Le caractère de ce fa- Teri rien qui justiliât d'aussi grands honneurs, ni rien non plus qui l'en rendit indigne. C'était un bon jeune homme qui était (dein de reconnaissance pour les bienfaits du roi, et qui. ne cherchait qu^à en jpuir sans faire tort à personne^

L'entre favori de «laoques VI était d'un caractère bien différent. C'était le capitaine James- Stewart , second fils de la famille-d'Ochiltree. Sans conduite, sans principes , n'ayant d'autres talens que la hise et l'adresse , il ne se distinguait que par l'audace de son anibition et l'effronterie de ses manières.

Les coôseils de ses deux favoris augmentèrent le désir naturel ciu roi de mettre un terme au pouvoir de Morton, et Stewart dressa ces bàtteties ponr que le motif de sa disgrâce fut en même temps ie signai de sa mort. Toutes ses dispositions furent prises avec art; et les chefs d'accusation furent adroitement choisis^ Le comte de Morton, en se dépouillant de la régence, avait obtenu le pardon ,

sran. 1^7

scelle in grand sceau , de ions les crimes et délit» qu'il a^ait 0||| qu'il pouvait avoir commis eavers le roi } mais il n'était point fait mention dans cette amnistie du meurtre de Henry Daruley , père du roi, meurtre dans lequel le comte de Morion avait certaine- Bient trempa» Le favçri Siewart se, porta lui-même pouraccusateur; et, entrant à l'iq»proviste dans l'appartement du roi an me* ment où le conseil privé élait assemblé, il se îeta aux pieds de Jaoques^ et accusa le comte de Morton d'avoir été complice de l'assassinat de Darnlejr, Morton répondit, avec un sourire dédaigneux, qne la rigueur qu'il avait déployée contre les attteurs de ce prime t^émoignait assez qq'.il n'était pas leur complice. t*out ce fiu'il demandai! était une enquête impartiale.

Sur cette accusition faite publiquement , le comte, qui si ré* cemment encore était rhomine le plus puissant de l'Ecosse , fui arrêté , et reçut ordre de préparer sa défense. Les amis qui iui> restaient Fejihortèrent vivement à prendre la fuite* Le comte d'Aulx , son neveu ^ offrit de lever des troupes , et de le délivrer de Tive force* Morton repoussa ces propositions en disant qu'il atte»* drait l'issue d'un jugement équitable. La reine d'Angleterre intercéda en Saveur de Morton avec tant de chaleur et d'empressement, que les préventions de Jacques ne firent peut-être que s'en ao* croître contre le prisonnier, qu'il regardait comme plus dévoué aoi intérêts d'Eli8at>eth qu'à ceux de son roi.

Pendant ee temps ^ l'acpusateur Stewart était investi du comté d'ÀrraDy devenu vacant par l'exil des, Hamiltons dont tous les mens avaient été confisqués. Morton ^ qui n'avait pas eu connaissance de cette promotion « fut frappé de si|rprise quand il apprit que l'accnaation était dirigée contre lui au nom de James i comte d'Arran* Lorsqu'on lui eipKquaquel était celui qui portait alors ee titre, il s'écria t r-^ En est«il ainsi? alors je sais ce que je dois attendre. ^ supposa qu'il se rappelait une ancienne prophétie qui prédisait — que le Cœur-Sanglant (emblème armoriai des Doiijglas) tomberait par la bouche d' Arran ; — et l'on avait même pensé que la crakile àà voir cette prophétie s'accomplir était en partie la eanse de l'acharnement qu'il avait mis à poursuivre et à détruira ■cette famille. S'il était vrai , son oppression tyranniqne n'avait lait qu'aplanir les voies à la création d'un nouveau coqite d'Arrao, .plus terrible que ceux qu^il avait remplacés.

Le procès de Morton fui conduit sans aucun égard pouf 1^ ,fonp^isa^4înairesde la juatice*Q|i saisit les serviteurs de l'âecûsé,

ab.

et on les appliqua à la tortnre pour lear arracher des avenit <|ili compromissent leur maître. Morton réciisa deux on trois des jurés qui étaient ses ennemis mortels; mais ils n'en forent pas moins conservés. Ils rendirent un verdict portant qu'il était coupable, de cause et de feit {ari ànd pari)^ du meurtre de Henry Damley. On dit qu'un homme est coupable d'un crime , de cause et de fait , quand c'est lui qui Ta conçu , et qu'il excite et encourage ceux qui le commettent, sans mettre la main à l'exécution. Morton , à la lecture de cet arrêt , ne put retenir son indignation.--r-De cause et defaitl s'écria-t-il; de cause et de fait! Dieu sait qu'il n'en est rien. — La nuit qui suivit sa condamnation , il dormit d'un profond sommeil , et dit en se réveillant le matin : — Les autres nuits je ne pouvais dormir, parce que je songeais à préparer ma défense ; mais à présent mon esprit est soulagé de ce fardieau.

Conjuré par les ministres de la religion qui l'assistaient, d'avouer tout ce qu'il savait sur le meurtre de Henry Darnley, il leur dit , comme nous l'avons rapporté dans un autre endroit , que Bothwell lui avait proposé d'entrer dans la conspiration, ce qu'il avait refusé, à moins qu'on ne lui présentât un ordre signé de la main de la reine, ce que Bothwell promit, Inais ce qu'il ne put faire, ou du moins ce qu'il ne fit pas. Morton convint qu'il avait gardé le secret, — car, dit-il , à qui aurais-je pu le découvrir? A la reine? elle était elle-même du complot ; à Darnley ? il était si borné, que la reine aurait tout su par lui , et lui Morton était également perdu. Il convint aussi qu'il savait qu'Archibald Douglas, son parent et son ami, avait été présent au crime, et qu'au lieu de le livrer à la justice, il lui conserva ses bonnes grâces. En un mot , il semblait admettre qu'il méritait son sort pour ii'àvoir point révélé le complot, quoiqu'il continuât *à protester qu'il n'y avait pris aucune part. — Mais cela ne Ceût rien , dit-il ; eussé-je été aussi innocent que saint Etienne ou aussi coupable que Judas , j'aurais toujours subi le même sort.

Au moment où l'on allait conduire le comte au lieu du supplice, le capitaine Stewart, son accusateur, alors comte d'Arran, vint le presser de signer un papier qui contenait la substance de ses aveux. Morton répondit : — Je vous prie dé ne pas me déranger; je me prépare maintenant à la mort, et je ne puis écrire dans l'état où je suis. Arran demanda alors à se réconcilier avec lui ^ prétendant qu'iln'avait agi que par des motifs de conscience et par amour du bien public. — Ce n'est pas le temps de songer aux querelles.

reprit le comte; je yoqs pardonne à yoas et à tons les antres. Cet homme célèbre moumt par une machine appelée la maiden ^ , qu'il avait lui-même introduite en Ecosse» d'Halifax dans le comté d^York. Le criminel soumis .à ce supplice. était ajusta sur des planches i le corps courbé et la tête placée sons une hache tranchante , pesiqnment chargée de plomb , qui était suspendue à une corde passée dans une poulie. Lorsque le signal était donné , on lâchait la oorde^ et la hache, en tombant sur le cou du condamné , séparait nécessairement la tête durestedu corps. Norton se soumit à son sort avec un courage et une résignation tout-à-fait chrétienne; et en lui mourut le dernier de ces terribles Douglas dont les talens et la valeur avaient long-temps fait Torgueil de leur pays, mais qui, par leur ambition, en étaient devenus le fléau. Personne ne sut dire ce que devinrent les trésors qu'il avait amassés, et pour lesquels il avait sacrifié sa popularité et même son honneur. Il était ou feignit d'être si pauvre, qu'en allant à l'échafaud il emprunta de l'argent à un de ses anus, afin de pouvoir faire quelques dernières aumdnes aux mendians qui imploraient sa charité. Il en est qui ont pensé que cet amas de richesses était encore en** seveli dans quelque caveau secret de son château de Dalkeith , appartenant aujourd'hui au duc de Buccleugh. Mais Hume de Godscroft, qui a écrit l'histcûre de la famille de Douglas, dit que le comte d'Angus, neveu de Morton, employa des sommes considérables à soutenir un grand nombre d'exilés, qui comme lui furent bannis d'Ecosse , et qu'à la fin on l'avait entendu dire un jour qu'il comptait quelque argent à cet effet : — En voici la fin, et tout est parti à présent. Je n'aurais jamais cm qu'ils auraient pu faire autant de bien. Godscroft pense qu'il voulait parler des trésors du régent Morton, qu'il avait épuisés pour l'entretien de ses compagnons d'infortune.

Après la mort de Morton , ses défauts et ses crimes furent en grande partie oubUéa, lorsqu'on vit qu'Arran avait tous ses vices sans avoir ni sa prudence ni ses talens. Lennox, le second favori du. roi, n'était guère plus aimé. Il faisait ombrage au clergé, qui le soupçonnait, quoiqu'il professât en public la reUgion protestante, de conserver un attachement secret pour la foi catholique. Ces soupçons provenaient de ce' qu'il avait été élevé en France. Les

\' h^jtumêjUUf espèce da guillotine , oomme le prouTe la description qu'en fait TaQlear.

3(0 HISTOIRE D^fiGOSSE.

pfédieatem's tonnaient contre lei ëm haut éé la chaire , et pariaient — d*an grand champion , appelé 8a GrSce , qui , s'il continnait à s'opposer à la reli^on , ne trouverak pas g^ce à la fin.

Les Seigneurs mécontens formèrent nn complot pour soustraire le roi à iMnfluence de ses fiivoris, et ils y réassirent en s'temparant àt force de ta personne du monarque y ce qui, pendant les minorités, était le mode ordinaire sui^i pour dianger l'administration en Ecosse.

Le 23 août 1592, le comte de Gowrie tnvHale roi a un^ partie ée diasse dans son chftteau de Rut^ven . H y àTait rassemblé le comte de Mar, lordLyndsay, le tuteur dedamis , et d'autres seigneurs tfai avaient été les amis du régent Morton , et qui , comme lui , fa- Torisaient le parti de la reine Elisabeth. Lorsque le roi se Tit entouré de tous ces nobles qu'il savait avoir tous la même façon 3e penser, laquelle était contraire à son gouvernement et aux meswres qi^il prenait, il commença à soupçonner leurs intentions, et manifesta le désir dé quitter le château.

Les nobles lui firent entendre qu'il n*en était pfas leinrftrc; et, lorsque Jacques se leva pour aller vershi porte de i'appartetoènt, le tuteur ^e Gfamf s , homme féroce fit grossier, f^y plaça eu traders , et le força de revenir sur ses pas. Indigné tfnn pareil ouv trage fait i sa personne, le roi fondit en larmes. •^Laissez-le ptenrer, dit le tuteur dé Glamîs d'un ton farouche^ il vaut mieux que des enfàns pleurent que des hommes «pii ont delà 1}ai%e. 6es l^aroles pénétrèrent jusqu'au fond du coeur ém roi : il neiès tmhfia ni ne les lui pardonna jamais.

Les lords insurgés s'emparèrent du .gouveitiei n etitet «xflferènl le duc de Lénnox en France, oô une raa'ladie de langueur netarda pas à le conduire au tombeau. Jacques , par la ^tifite , rappela son fils en Ecosse , et lui rendit la fortune et les dignités de son pète. Arraii , le favori du roi lé plus détesté, fat j«é en prtsôn etétucStement gardé. Le roilnî^reême, réduit àunéfcai^captlvitA, comMs «on aïeul Jacques Y l'avait été par les Douglas, ne eherdia \f(f%. ^àgMft du temps, et guetta l'occasion île s'échapper. Sa garde lie composait d'une centaine de gentilshommes tïonnnaiidés parle colonel Stcwart, parent dn favori captif et disgradé , qri^ nef^ pàS £fBcile ^e dédder à faire ce que le roi désirait.

Jacques, d'après le plan qu'il avait formé ^ar recouvrer sa liberté, fit une vbite à Saint- André; et lorsqu^â y ^, Il lônaûaffiBata

«tBMIEKS SeUIE. Sll

le désir de Toir le château. Mats, dès qu'il y fat entré, il fitfemer les porteS; et exclat de sa présente les seigneurs qui avident trempé dans ce qu^ôn appelait ^affaire de iliithTen.

Le comte de Gowrie et ses complices , se Toyant ainsi prÎTés de leurs emplois et de la garde de la personne du roi, complotèrent^^de nouveau pour reconquérir le pouvoir qu'ils avaient perdu. Mais tetir insurrection ne fut pas heureuse. Le roi marcha centre em avec des forces considérables; Gowrie fut firit prisonnier , jugé et exécuté. Angus et le^ autres insurgés s'enfuirent an Angleterre, refuge ordinaire des exilés écossais. L'exécution de Gowrie amena^^ long-temps après, cet événement extraordinaire de ^histoire d'Ecosse connu sous le nom de laGonspiratiôh de Gowrie, qo^ ]• Yons raconterai plus tard.

Arran fut réintég^ré dans sa puissance, et il fut élevé à de plus grands honneurs que jamais par cette affection inconsidérée qui , dans ce cas comme dans plusieurs autres, porta Jacques à acca« muler les dignités et les richesses sur ses favoris. C'était tui qii gouvernait tout à la oour et dans les provinces ; et malgré son ignorance , sa vanité et ses débauchés, il fut ^evé am raag^de tordchancelier, la plaee la plus éminente de la magiMrature, ^t celle qui demande le plus d'instruction , de savoir et de proUtè.

Un jour qu*il entrait avec Tracas dans la cour de justice, aufifd 'd'un cortège nombreux , un vieillard assez mal habillé se treuva par liasard sur son passage. Arran l'ayant poussé rudement, te vieillard l'arrêta, et lui dit : — Regardez-moi Men, Mflord, Je suis Olivier Sinclair! Olivier Sinclair avait été , comme vous vous le rappelez, favori de JacaaesV, et il avait exercé sous son règne une autorité tout aussi ab^lue <fue celle dent Arran jouissait alors sous son petit-fils Jacques Vf. En se présentant devant le favori «duel dans «m état voisin de la misère, il Im d<HmaitiHi mumjtt 4e rincoristai^ce 4e la faveur fies cours. %^ Içço» 4laU firWiOte ; wfm% Arran n'en preâta pa«.

Son administration devint si insupportable, qu'en 158S les tords exilés reparurent en Ecosse, et furent reçus partout comme des libérateurs. Ils marchèrent sur Stirling à la tête de dix mille liommes, forcèrent Jacques à leur ouvrir les portes de son conseil , et en usant arec modération de la ^ctoire, ils surent se maiAtenb dans le pouvoir qu'ils avaient açquiis de cette manière. Arran , dépouillé de son comté et de ses richesses mal acqnisesi fat téMt

à traiaer one vie misérable aa miliea des solitudes du comté d'Ayr, redoutant la yengeance de ses nombreux ennemis.

Le sort qu'il appréhendait finit en effet par ^atteindre. En 1696, Toyant on croyant yoir quelque chance de regagner la byeur du roi » et se fiant , dit-on » à la prophétie de quelque devin qui ayait prédit — que sa tête serait bientôt élevée plus hant qu'elle ne l'avait jamais été, — il se hasarda à se montrer dans le comté méridional de Dumfries. Il y reçut un avis secret de se tenir sur ses gardes, parce qu'il était près des Douglas, dont le chef, le comte de Morton, avait péri paf ses intrigues. On lui recommandait surtout de se défier de James Douglas de Tortfaorwald, proche parent du comte. Stewart répondit fièrement qu'il ne se dérangerait de sa route ni pour lui ni pour personne du nom de Douglas. Ces paroles furent rapportées à Torthorwald, qui, les regardant comme un défi, monta sur-le-champ à cheval avec trois de ses serviteurs, et se mit à la poursuite du favori disgracié. Ils ra.tteignirent, lui passèrent une lance à travers le corps, et le tuèrent sur place sans résistance. Sa tête fût coupée, mise sur la pointe d'une pique, et exposée sur la tour de Torthorwald; et de cette manière la prophétie du devin s'accomplit dans un sens, puisqu'on effet sa tête se trouva plus élevée qu'elle ne l'était auparavant, quoique ce ne fftt pas ainsi qu'il l'avait entendu.. Son corps resta pendant plusieurs jours sur la place où il avait été tué, et fut la pâture des chiens et des pourceaux. Telle fut la fin ignomiiiieuae de cet indigne favori.

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