‹ Offenbach en Amérique [microforme]Chapitre 1 sur 69 · MADAME HERMINIE OFFENBACH · texte numérisé non relu

MADAME HERMINIE OFFENBACH

Madame.

L'éditeur de votre mari me prie d'écrire une préface à ce livre qui vous est dédié. I n’était pas nécessaire que votre nom figurât à la premièéré page pour nous convaincre que Vous êtes diyne de tous les témoignages d'affection et de reconnaissance, Tout ce que fait votre mari, qu'il compose où qu'il écrive, vous appartient de droit, I n'est pas un seul de vos innombrables amis qui ne sache que vous êtes nonseulement la meilleure des femmes et la mère la plus exquise. mais encore jusqu'à un certain

Il OFFENBACH EN AMERIQUE point la collaboratrice du musicien distingué qui signe ce volume.

L'œuvre si considérable de votre mari se compose de deux parties bien distinetes : une est comme un écho du bruit parisien. du tumulte des boulevards. des soupers d'artistes où la gaité francaise S'épanouit quand le champagne a mis les cerveaux en bonne humeur, La seconde partie ne ressemble en rien à la premiére elelle vous appartient de droit. car c'est vous. madame. qui avez conservé à cel artiste parisien par e\cellence le lover heureux etentouré où <on cœur a pu Sépanouir à aise au milieu du charme, de la joie et de Fémotion de a famille, et où

trés-certainement il a troëvé la note tendre et

fine de son répertoire qui. à mon humble avis. est li plus pure de son talent, C'est pour celà qae je songe à votre mart quand les fanfares de la gaité éclatent dans son œuvre. etque je pense

à vous. madame.quand soudain.à travers les re

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usicien distingue

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OFFENBACH EN AMÉRIQUE III lots de la folie se glissent ces mélodies émues qui plaisent à la fois aux délicats et à la foule.

Tout derniérement.madame. je me suis arrèté quelques heures dans li vieille ville de Cologne. Le hasard m'a fait passer devant la maison où est né votre mar, Jacques était déjà un grand jeune homme et à peu près un virtuose quand j'apprenais à lire dans l'école située à côté de sa maison paternelle, Nal mieux que moi ne peut vous dire ses débuts dans la vie. car la famille Offenbach est un de mes plus vieux souvenirs d'enfance: jai connu les parents de Jacques. ses frères el ses sœurs, qui ne se doutaient certainement pas alors que le violoncelliste blond deviendraitie musicien Le plus populaire de son temps et que Le bambhin qui leur souhaitait chaque matin le bonjour en passant écrirait un jour cette préface.

La maison paternelle de Jacques était petite :

Je la vois encore. à droite de la cour au fond de

laquelle se trouvait mon école. On entrait pat

m une petite porte basse : la cuisine propre et lui- fil sante était sous le vestibule: des casseroles de à cuivre rangées tout autour avec ordre: la mère la affairée à ses fourneaux : à droite. en traversant ” cette cuisine, une chambre bourgeoise donnant pa sur la rue. Le père se tenait dans un grand fau- je: teuil près de la fenêtre quand il ne donnait pas Los de Leçons de musique : 1 ehantait très-bien et — jouait du violon. M. Offenbach était déjà un re homme âué : j'ai conservé de Tui un souvenir à D

deux faces : tantôt quand, en quittant Fécole. je

faisais trop de bruit dans la cour. il sortait pour

administrer quelques tdoches. tantôt. aux

jours de fête. me bourrait de gâteaux du pars.

pour la fabrication desquels la muman Offenbach à

maval pas de rivale dans toute lo ville. n'est

pas de maison où paie été plus battu et plus site

que dans celle de votre défunt beau-père.

Dans celle maison tous étaient plus ou moins

RIQUE

+. On entrait pat ne propre et luides casseroles de * ordre: la mère ite. en traversant uryooise donnant ns un grand fauil ne donnait pas atait trés-bien el ch était déjà un [ui un souvenir à quittant L'école. je ur, il sortait pour hes. Tantôt. au uiteauX du pars.

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ent plus ou moins

OFFENBACH EN AMÉRIQUE V musiciens, depuis le père jusqu'au plus jeune ils que la mort a emporté st tôt et qu'on disait doué d'un talent considérable, L'habitation de lorue de la Cloche était modeste: la famille était nombreuse et Le revenu du pére ne permettait

pas de folies. On na souvent raconté dans mon

jeune temps que le papa Offenbach S'imposail

les plus durs sacrilices pour faire apprendre le violoncelle à son His Jacques. Je me souviens encore du professeur de votre mari que. dans mon enfance. jarentrevu quelquefois dans les rues avee un habit räpé. à boutons d'or, dont les basques descendaient jusqu'aux mollets. un jonc avec une pomme en ivoire. une perruque brune ef un de ces chapeaux. à bords recourbés. alors à la mode, qui s'évasaient à ce point que le haut prenait à peu prèstes proportions de la plateforme de la colonne Vendôme, Maluré sa forane relative. qui lui garantissait un peu plus

que Findépendance, M. Mexander. le professeur.

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