VI OFFENBACIH EN AMÉRIQUE
passait pour le plus grand avare de la ville. On pré- Se téndaitqu'ilavait eu autrefois un très-crandtalent: a dan: son quartier on le désignait sous le nom glo- d rieux de €Partiste ». C'est chez hui que Jacques de prit des lecons à vingt-cinq sous le cachet. Les fins de de mois étaient dures dans la famille Offenbach. l'A mais on seprivait de quelques petites douceurs LL pour économiser le prix du cachet.car Herr Alexan- u der neplaisantait pas: tfalluitétalertes vingt-cinq
of
sous sur La table avant le commencement de
la lecon. Pas d'argent. pas de violoncelle!
Le premier souvenir précis que j'aie de la jeu-
nesse de Jacques coïncide avec la première visite
qu'il fit de Paris à ses parents. Ce fut un
événement chez tous les amis de la famille. où
depuis longtemps 1 n'avait été question que de
Jacques qui, disait-on. amassait des millions à
Paris en jouant du violoncelle. On ne se doutail
pas à Cologne que le fils du papa Offenbach
gaunail péniblement <a vie sur les bords de fa
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OFFENBACH EN AMÉRIQUE VIT Seine. Du moment où on l’écoutaità Paris, la ville merveilleuse, la ville desartistesetdes gens riches,
il ne pouvait être douteux pour personne que
Jacques nageait dans l'opulence, On disait dans la
ville: «Le père Offenbach a une rude chance. il parait que son fils revient avec de gros diamants à son gilet en guise de boutons et que sa fortune se compte par centaines de mille francs. »
Ce n'est pas cela qui m'attira dans la maison Offenbach. Dans notre enfance nous n'avons qu'une idée vague de la fortune: une pièce de dix sous ou les caves de Ta Banque, c'est tout à fait la même chose : mais si, vers le soir, à heure de l'arrivée de Jacques, je fus parmi les anis de la maison, c'est que le matin, en quitant l'école, j'avais senti le fumet des fameux gà- Leaux; je m'étais arrêté tout stupéfait de cet événement extraordinaire,car nous n'étions pas à la veille d'un jour de fête.Mais à mes questions de
bambin curieux la maman Offenbach répondit :