‹ Offenbach en Amérique [microforme]Chapitre 22 sur 69 · VOIX · texte numérisé non relu

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LES THÉATRES DE NEW-YORK 51 suffisamment agrandi, on avait dû reléguer les cuivres au delà de la balustrade.

A l'Union Square theater, j'ai vu Ferreol représenté en anglais par une très-bonne troupe d'ensemble. J'ai assisté à une représentation de Conscience, une pièce très-habilement faite par deux jeunes auteurs américains, MM. Lancaster et Majuns. C'est là encore, m'a-t-on dit, que Rose Michel fut joué avec un immense succès.

Le soir où j'ai été à Wallack's Theater, l'affiche annonçait la quatre centième réprésentation d'une pièce intitulée The Mighty Dollard, le Puissant Dollar. Les principaux rôles étaient tenus par deux artistes hors ligne, M. et madame Florence. L'un m'a rappelé notre excellent Geoffroy, et l’autre notre sémillante

Alphonsine. Ce couple d'artistes qui Joue depuis

plus de vingt ans ensemble est des plus aimés

en Amérique. Quant aux autres acteurs ils

m'ont frappé par l’ensemble parfait de leur

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jeu. J'ai remarqué surtout une charmante in. génue qui à dix-sept ans à peine, qui se

nomme miss Baker et qui tient son emploi de

jeune première d'une façon très-remarquable,

Je n'ai pas oublié non plus une excellente jeune personne miss Cummins.

Le Wallack's Theater est dirigé parM. d'Entsch, un des plus jeunes et des plus habiles impressarii de New-York. Pour donner une idée de ce que c'est qu'un directeur américain, M. d'Entsch a réengagé M. et madame Florence pour quatre cents nuits. Il doit parcourir avec ces artistes toutes les principales villes de l'Union de New-York à San-Francisco, en jouant toujours la même pièce. le Mighty dollard.

Impossible de voir le Lyceum Theater, ferm pour la saison d'été, C'est dans ce théâtre que Fechter a eu tant de succès dans la Dame aur Camélias et dans plusieurs autres pièces. On v à

joué aussi des drames avec chœurs et orchestre.

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C'est au Lyceum Theater que pour la première fois on mit l'orchestre hors de la vue du public, tentative que Wagner renouvelle en ce moment à Bayreuth. On à bien vite trouvé les inconvénients, de cette innovation. D'abord l'acoustique était très-mauvaise; puis les musiciens, entassés dans un bas-fond et avant trop chaud, se rafraichissaient comme ils pouvaient. Le premier soir, ce fut un violon qui délit sa cravate et qui déboutonna son gilet. Le lendemain, les altos ôtaient leurs jaquettes et jouaient en manches de chemise. Huit jours après, tous les exécutants se mettaient complétement à leur aise.

Un soir. le public vit tout à coup sortir des dessous du théâtre un léger nuage de fumée. Il veut une véritable panique.

Célaient les musiciens qui fumaient!

Cette alerte suflit pour que l’on se débarrassit

non pas des musiciens, mais de cette ridicule

invention. Les exécutants remirent bravement leurs habits etreprirent leur place dans la salle.

Un autre théâtre que je n'ai pu voir, c'est le grand Opéra-House, fermé comme le précédent.

Opéra-House a été construit par le fameux Fisk, assassiné comme on sait par son ami Stokes.

Ce Fisk était une des physionomies les plus originales et les plus marquantes de New-York. Parti de très-bas, il vendait dans sa jeunesse de la petite mercerie et de la pommade.

[l'est devenu non-seulement directeur du plus grand théâtre de New-York; mais aussi viceprésident d’un chemin de fer, commodore d'une ligne de steamers et colonel d’un régiment.

[l'avait de l'audace et de l'énergie dans ses entreprises et beaucoup d'originalité dans sa faço’ de faire. Toute personne qui voulait être employée dans le chemin de fer qu'il dirigeait

devait préalablement s'enrôler dans le régiment

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qu'il commandait. Il s'était composé de cette

façon un des plus beaux régiments de New-York. Parfois il lui prenait fantaisie de réunir tous ses soldats et de les faire galamment défiler sous les yeux de quelque belle dame. Ce jour-là le chemin de fer faisait relâche et les stations étaient fermées sur toute la ligne.

Le somptueux colonel avait des équipages et des chevaux magnifiques. Il ne sortait jamais que dans une grande et belle voiture découverte attelée de huit chevaux.

Il y a une histoire d'amour qui explique sa mort tragique; le grand impressario fut la victime d’un drame intime, et une double vengeance décida de son sort.

Du reste, voici les faits :

Fisk devint éperdument amoureux d'une belle Américaine à laquelle il fit une cour insensée. Spectacles prodigieux donnés en son honneur,

défilés du fameux régiment, relâches successives

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