‹ Offenbach en Amérique [microforme]Chapitre 23 sur 69 · EN · texte numérisé non relu

EN

LS à

Q RC le

b DR GR at sou

de son chemin de fer, 11 mit tout en œuvre pour

réussir, et naturellement il réussit. Naturelle-

ment aussi, la première chose que lit Fisk fut de

présenter sa maîtresse à son ami Stokes. L'epuis

le roi Candaule les amants ont toujours été les

mêmes. Stokes avait une assez belle fortune: il

trouva la belle à son goût et Fisk devint... le

plus heureux des trois Jusqu'au jour où un

hasard lui fit découvrir la trahison de son

ami,

Je ne sais si son premier mouvement fut

de porter la main à son revolver; mais je sais

que la réflexion lui fit abandonner cette solution

comme insuflisante. Il avait trouvé micux.

Sans témoigner en aucune facon à son ami

ik Stokes la haine qu'il lui portait, il parut s'atta- (le cher davantage à lui. Il le fit entrer dans cerlé taines affaires qu'il dirigeait, engager tout son ! \ avoir sur des valeurs qu'il soutenait, puis quand {: il l'eut bien enferré. il jeta du papier sur la

HR EEE

place, en formida Stokes f

Je pe binaison dans le commen c'est qui ment pa venger.

ennemi,

mais SÙ Central lui brûl Si Fi fait fair théâtre.

Le de avenue

jouait u

e pour urellefut de L'epuis été les une: il it... le où un

le son

nt fut Je sais olution

on ami s'alla- 1s cerut son quand

sur |A

place, encombra le marché, provoqua une baisse formidable à la suite de laquelle le bon ami Stokes fut complétement ruiné.

Je pense que Fisk, satisfait de sa petite combinaison, eut alors un entretien avec Stokes dans lequel il lui expliqua le pourquoi et Île comment de sa ruine. Ce qu'il v a de certain, c'est que Stokes, qui ne comprenait probablement pas la plaisanterie, jura à son tour de se venger. Comme il avait moins d'esprit que son ennemi, il eut recours à un procédé vulgaire, mais sûr. Il attendit un jour que Fisk sortit de Central Hôtel où logait la belle Américaine, et il lui brûla tranquillement la cervelle.

Si Fisk avait survécu , 1l aurait certainement fait faire avec ce sujet un beau drame pour son théâtre.

Le dernier théâtre où je suis allé est le Fifth avenue Theater, une très-belle salle, où l'on

jouait un gros drame, Pique, dont les situations

avaient été pillées un peu partout. Le drame, bien entendu, est de M. Boucicault.

Il y a encore à New-York deux théâtres allemands et un théâtre français, qui joue de temps à autre, quand il trouve un directeur.

Cela arrive quelquefois.

Je ne dois pas terminer ces notes sur les théâtres américains sans parler d’une petite salle où j'ai entendu les Minstrels.

Là, il n’y a que des Nègres. Les artistes sont nègres, les chœurs sont nègres, les machinistes sont nègres, le directeur buraliste, le contrôleur, l'administrateur, ni homme ni femme, tous Moricauds.

En arrivant au théâtre, j'apercus un or.

chestre, nègre, cela va sans dire, qui râclait des airs plus ou moins bizarres. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis que j'attirais l’attention des musiciens. Tous ces messieurs noirs me

montraient les uns aux autres. Je n'aurais

jamais C etcelar

Le. sp restai. ( l'entr'ac même € c'est-à-C aux aut blancs c J'étais d c'est qu mêmes jusqu'au nègres, laient

selon Îles

drame,

héâtres joue de

recteur,

sur les

petite

Les sont dinistes rôleur.

>, (ous

un o!lait des fut pas l'attenirs me

’aurais

jamais cru que j'étais connu de tant de nègres

et cela ne laissait pas que de me flatter un peu.

Le spectacle était assez drôle, ce qui fitque je

restai. Quel fut mon étonnement lorsque, après

l'entr'acte je rentrai dans la salle, de voir la

même comédie se renouveler à mon égard,

c'est-à-dire les musiciens me désigner les uns |

aux autres. Cette fois ils étaient hlancs, tous

blancs comme les fariniers dans la Boulangère.

J'étais de plus en plus flatté, mais voyez ce que

c'est que la gloire. Fappris que c'étaient les

mêmes musiciens et que depuis le directeur

jusqu’au dernier machiniste c'étaient de faux

nègres, qui se barbouillaient et se débarbouil- |

laient la figure trois ou quatre fois par soir.

selon les nécessités de la pièce.

L'étr mille € que pal humait

superil

saimme chines

l'imagi

prodige

peine € midabl

se déve

L'étranger qui parcourt les États-Unis a mille occasions d'admirer. En Amérique plus que partout ailleurs, l'intelligence et le travail humain ont produit des merveilles. Il serait superflu de faire l'éloge de l’industrie si puissamment organisée, si bien servie par des machines dont la perfection et la force étonnent l'imagination. Îl serait oiseux de rappeler les prodiges accomplis sur cette terre, qui, il v a à peine cent ans, était encore vierge, le réseau formidable de chemins de fer et de télégraphes qui

se développe chaque jour et enfin les progrès de

toute nature qui y rendent la vie matérielle si facile.

Mais une réflexion attristante vient troubler le voyageur dans son admiration. Le spectacle de la situation actuelle de l'Amérique dénote un manque d'équilibre dans l'emploi des forces humaines. La grande poussée qui a fait des États-Unis une nation si considérable a été dirigée d'un seul côté. Elle a triomphé de la malière ; mais elle a négligé de s'occuper de tout ce qui pouvait charmer l'esprit.

L'Amérique est aujourd'hai comme un géant de cent coudées, qui aurait atteint la perfection physique, mais auquel il manquerait une chose : ‘âme.

Cette âme des peuples, c’est l’art, expression de la pensée dans ce qu'elle a de plus élevé.

En lisant le chapitre consacré aux théâtres, on a déjà pu voir combien l’art dramatique était

négligé aux États-Unis, et dans quelles condi-

tions d

bons à auteurs long en se fait] perman même assuré scène p nes qu

durée

en Am

et les t

des arti

pruntés

saison 6

Ce q

aussi b

la pein

Amériq

ble si

Dubler

ctacle

énote

forces

it des té di-

Ia Ma-

e toul

géant

fection

chose :

ression

evé.

éâtres,

ae était k

condi-

Amérique dans des conditions convenables pour

tions déplorables il se trouvait. Pour avoir de bons artistes, des troupes d'ensemble et des auteurs, il faut des institutions stables, un long entraînement sur place, une tradition qui se fait lentement. À New-York il n'y à ni opéra permanent, ni opéra-comique permanent, ni même un théâtre d'opérettes qui puisse être assuré de vivre deux ans. Il n'existe pas une scène pour les auteurs classiques ou modernes qui puisse offrir assez de garanties de durée pour devenir une école. Le théâtre vit, en Amérique, au jour le jour. Les directeurs et les troupes sont tous des nomades. La plupart des artistes sont des artistes de passage, empruntés au vieux monde, qui viennent faire une saison et qui partent.

Ce que je dis pour l’art dramatique s’applique aussi bien aux autres arts. Ni la musique, ni

la peinture, ni la sculpture ne se trouvent en

se développer. Il y a pourtant des peintres, me

dira-t-on. et des sculpteurs. Je ne le nie pas.

nécess.

J'en pourrais citer quelques-uns qui ont beau- doués D |. coup de talent: Bierstadt, Stunt, Ball, Carlisli | Mismie, Ream et bien d'autres. Quelle est |: | Mismie. Ream et bien d'aut Quelle est la | aux 0 * . L | lande où l'on ne trouve pas une fleur ? Je vois les nor nie ques fleurs, mais je ne vois pas d bien quelqu , Mais | pas ce | un mi jardin . En d’autres termes, je vois bien quel- | | Fi | a | des œu ue: res: als le E6 VOIS pas C gl ques peintres: m Je ne x pas d'école en | amateu \mérique les gal importe à la gloire des Etats-Unis de re- I importe à la gloire des Etats-Unis de re tous ces médier à une lacune aussi considérable. I faut L'ÉL

qu'un peuple si grand ait toutes les grandeurs.

— ne qu'il ajoute à sa force industrielle l'éclat et la par des € D gloire que les arts sont seuls capables de don- niser ner à une nation. quelqu Quels sont Îles ‘ens propres à développer tal Quels sont les moyens propres à développe: munici les beaux-arts en Amérique? iles vi Si javais à répondre à cette question, je Les co

dirais aux Américains :

arts d:

s, me

pas.

beauarlisli, est la e Vois as de quel-

ole en

de re- Il fau deurs.

atetla

le don-

Jopper

on, |°

— Vous avez chez vous tous les éléments nécessaires. Les hommes intelligents et bien doués, les tempéraments artistiques ne vous manquent pas. La preuve en est dans les travaux de ces quelques Américains dont je citais les noms tout à l'heure, qui, sans culture, dans un milieu défavorable, sont arrivés à produire des œuvres. Vous avez l'argent, vous avez des amateurs distingués, des collectionneurs dont les galeries sont justement célèbres. Utilisez tous ces éléments et vous réussirez.

L'État — c'est un principe admis chez vous — ne devant pas intervenir dans cette réforme par des subventions, c'est à vous de vous organiser. En Europe l'État ne subventionne que quelques grandes scènes de capitales. Ce sont les municipalités quisubventionnentdans les plus petites villes les entreprises théâtrales, les musées. Les conseils municipaux font beaucoup pour les

arts dans notre pays. Îls s'occupent non-seule-

ments de théâtres et des musées; mais ils entretiennent souvent dans les conservatoires et les académies des jeunes gens qui montrent des dispositions artistiques. [mitez cet exemple, et si les conseils municipaux ne veulent pas vous aider, créez de grandes sociétés protectrices des arts, et des sociétés correspondantes dans tous les grands centres. Réunissez des capitaux. Cela vous sera facile, et que l'initiative privée joue chez vous le rôle protecteur que les gouvernements jouent en Europe.

Pour relever l’art dramatique, subventionnez desthéâtres : ayez des directeurs stables, assurés contre la faillite ; il vous faut deux scènes de musique et une scène pour les œuvres littéraires. Il vous faut surtout un conservatoire où vous formerez des élèves excellents si vous composez le corps enseignant comme il convient, c’est-àdire en appelant et en retenant chez vous les

artistes de mérite d'Europe. Le jour où vous

ÉRREe —

aurez des toire Org:

aurez be pour les cains, M:

ment le être dix :

ments qu lents rés

attendre.

pour fai tres, VIN tributait les théât

demanda

lui dem

Ce qu

répéter

des mus

que les

ils enoires et ‘ent des

ple, et bas vous rices des ans tous ux. Cela vée joue

Duverne-

ntionnez , assurés cènes de téraires.

où vous omposez , C'est-àvous les

)JÙ Vous

Page 1