LES FEMMES
Les femmes et même les jeunes filles jouissent ici de la plus grande liberté. J'ai idée que lorsque Lafayette a été combattre pour la liberté de l'Amérique, 1l n’a eu en vue que les femmes, car elles seules sont vraiment libres dans la libre Amérique.
Mes collaborateurs Meilhac et Halévy disent dans la Vie parisienne qu'il n'y a que les Parisiennes qui savent sorlir à pied. [ls n'ont pas vu les Américaines allant, venant, trottinant. se garant des voitures, relevant leurs robes d’un geste coquet et découvrant des jambes exquises
avec un art tout particulier.
Il faut avouer qu’il n'y a peut-être pas de femmes plus séduisantes que les Américaines, D'abord elles sont jolies dans une proportion qui est inconnue à Paris. Sur cent femmes qui passent, il y en a quatre-vingt-dix qui sont ravissantes.
De plus elles savent s'habiller. Elles portent des toilettes d’un goût parfait, des toilettes pleines de taci, vraiment élégantes. On les dirait sorties de chez Worth.
Je ne critiquerai qu'une chose dans leurs costumes, c'est une poche placée à la bauteur du genou, à l'endroit où pendaii jadis l'aumônière des châtelaines. Cette poche a un usage exclusif : c'est le porte-mouchoir. De loin, quand un coin de linge blanc sort de cette ouverture, on se demande si la belle dame que l’on regarde n'a pas été victime d’un accident et si ce n’est pas le vêtement très-intime que l’on découvre à
travers une déchirure de la jupe.