‹ Offenbach en Amérique [microforme]Chapitre 33 sur 69 · LA CORPORATION · texte numérisé non relu

LA CORPORATION

Les sociétés américaines, qui sortent à tout bout de champ, ont pensé qu'il importait à leur dignité de faire quelque bruit dans le monde. Aussi ont-elles, pour la plupart, des musiques ou des fanfares militaires. — Mais quelle musique !

J'ai vu à Philadelphie une de ces sociétés en promenade. Drapeaux, bannières, costumes, chars, tout cela est réglé comme une marche dans une féerie avec un luxe décoratif étonnant et souvent de bon goût dans chaque bande militaire qui accompagne les différents groupes de la promenade. Il y avait bien une douzaine de musiciens qui tracassaient des pistons et des trombones et qui marchaient à la queue sur deux rangs très-espacés. Le chef d'orchestre s'était placé au milieu et jouait de la clarinette. Derrière lui venaient le triangle, le tambour et la grosse caisse. Jugez quelle

harmonie étrange l’accouplement de ces

quinze musiciens devait produire. Ce qui me réjouit le plus ce fut de voir la grosse caisse,qui frappait à tour de bras son instrument, s’appliquer à le maintenir dans une position horizontale afin que chacun pût bien voir l’annonce d'un pharmacien qui s'épanouissait en belles

lettres noires sur la peau d'âne.

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La publicité de cette grosse caisse m'amène

à dire un mot de la réclame telle qu'elle est com-

prise et pratiquée aux États-Unis.

On sait bien que les Américains sont grands

amateurs d'annonces ; mais il faut avoir par-

couru leur pays, visité les grandes villes, les

plus petites bourgades et même les sites les plus |

sauveges, pour savoir jusqu'à quel point ils

poussent leur passion.

J'ai rencontré, un jour, à New-York, deux

yeunes gens qui se promenaient bras dessus.

bras dessous. On leur avait attaché, avec des

épingles, une pancarte sur le dos.

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GREAT SALE OF SERVING MACHINES tout

0 L2 BROADWAY N°. certai

Était-ce une plaisanterie? Ces messieurs aurall

voyageaient-ils sérieusement pour leur maison ? en vVÉ

Je pencherais plutôt pour cette dernière hypo- , ressé

thèse. Quoi qu'il en soit, tous les passants se re- Cef tournaient, riaient, et regardaient l'affiche. Le nale

marchand avait atteint son but. suIVa

On trouve des annonces partout et de tous remè les genres. Il n’y a pas de drapeau pendu à une moins fenêtre qui ne soit défiguré par une réclame. fligés Les rues sont, cà et là, surmontées d’arcs-de- | nonce triomphe qui n’ont d'autre but que de donner moi à avisde ventes prochaines. Lesmurs sont tapissés d loin d'affiches d’une grandeur inouïe. Les marchands l'aute

| de moutarde font graver leur nom et leur adresse | duisi sur le pavé des rues. Il pleut des prospectus | kilom dans les omnibus et dans les voitures, sans le no

compter les placards pendus à l’intérieur. aller

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