‹ Offenbach en Amérique [microforme]Chapitre 67 sur 69 · SOIRÉE D'ADIEU · texte numérisé non relu

SOIRÉE D'ADIEU

À mon retour du Niagara, je donnai le con-

cert promis. Les placards immenses dont on

avait couvert les murs de la ville annonçaient

tous que je paraissais pour la dernière fois.

Jamais je n'avais vu mon nom sous cet aspect.

Les lettres aussi hautes que moi et quatre fois

aussi larges.

Le public américain se montra à la hauteur

de cette réclame nationale. Tout New-York élé-

gant et riche s'était donné rendez-vous dans le

jardin Gilmore. Dès mon entrée dans l'arène

musicale je fus saluë de vivat, de hourrahs et

d'applaudissements enthousiastes. Et on dit que

212 OFFENBACH EN AMERIQUE les Américains sont un peuple froid! Je vous ferai grâce des détails de cette soirée, car outre que je me suis juré de parler le moins possible de moi, je dois vous avouer que je n’ai pas très-bien saisi tout ce qui se passait autour de moi, tellement j'étais ému par cette démonstration inattendue.

Après le concert, je trouvai diflicilement quelques paroles pour remercier une dernière fois mes musiciens du concours qu'ils m'avaient prêté pendant mon séjour parmi eux, et je leur souhaitai avec une sincérité dont ils ne pouvaient douter de continuer après mon départ le succès qu'ils méritaient si bien. Ils me remercièrent à leur tour de la représentation que j'avais donnée au bénéfice de leur association et me firent promettre que je reviendrais en Amérique dans deux ou trois ans. Je promis comme on promet dans ces moments-là, mais les circons-

tances s’y prêtant, je vous assure qu'il me

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