XVIII OFFENBACI EN AMÉRIQUE
dit de l'un qu'il a ressuscité celui-ci. de l'autre qu'il rappelle celui-là. mais le tout est englohé sous la dénomination générale de « genre OMenbach ». ce qui fait que votre mart à encore sa part dans les succès des autres.
Dans la longue carrière de Jacques tout n'a pas été triomphe et bonheur: la lutté comme tout Le monde. Quand on à Le cerveau rempli de tant de joyeuses et charmantes mélodies et que pour vivre on est forcé de conduire l'orchestre des Français entre deux actes d'une tragédie. on prend place parmi les martvrs célèbres, Peut-on imaginer de supplice plus cruel que celui d'une belle intelligence condamnée à une besogne si ingrate et si humble? On reproche parfois aux artistes la vénération excessive de leur propre talent, mais que deviendraient-ils sans la croyance en eux-mêmes qui les soutient à l'heure du combat? Peut-on sérieusement faire un crime à un
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OFFENBACII EN AMÉRIQUE XIX chestre médiocre,de brûler un peu d'encens en son honneur pourentretenir lesillusions sans lesquelles il périrait par le découragement et latristesse!
Henri Heine qui à connu toutes les douleurs a dit cette vérité terrible :
— L'adversité est une vicille sorcière hideuse : elle ne se contente pas de nous faire une visite: elle s'installe devant notre Hit, ouvre sa boite à ouvrage et commence à tricoter comme une personne qui ne compte pas nous quitter de sitôt!
Eh bien, madame, en face de cette sinistre tricoteuse, l'artiste déclassé ne se soutient que par la conscience de sa valeur. et si. à l'heure du triomphe péniblement acquis. l'intelligence. délivrée de Fabominable cauchemar, pousse un er de joie et chante un hosanna à sa propre gloire. qui oserait lui reprocher cel excès d'orgueil si chèérement acheté au prix de tant de découragements?
Si quelqu'un à le droit d'être lier de ses sue-
cès, c'est bien votre mari. madame. Vous qui l'avez assiste dans cette lutte terrible contre le destin, vous savez mieux que moi ce qu'il à fallu de courage. d'énergie. pour renverser Îles uns après les autres tons les obstacles. Si Jacques à connu tous les enivrements du succès, il a commencé par connaître toutes les tristesses de l'adversité. Ne pouvant se faire jouer nulle part. il a dû s'improviser directeur pour faire entendre ses premières partitions, et quand enfin il lui a été permis d'ouvrir ee petit théâtre des Champs-Elysées et qu'il ponvait se croire au port, l'administration routinière à encore mis les menottes à son talent, le foreant de renfermer son intelligence dans le cadre étroit de pièces à trois personnages, [a fallu conquérir pas à pas Le terrain sur lequel il a échafaudé sa renommée, et je ne sais pas trop si sans vos encouragements. sans vos soins, votre mari eût atteint l'heure du
triomphe définitif. J'avaisdone raison de vousdire.
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OFFENBACH EN AMÉRIQUE XXI madame.que vous êtes la collaboratrice précieuse de son œuvre, et que ce livre vous appartient de droit aussi bien que les partitions du maëstro.
Certes, madame, dans cette carrière déjà longue et si bien remplie de Jacques, le succès s'est parfois montré récalcitrant, et on à souvent été injuste pour votre mari. Je persiste notamment à considérer les Bergers comme une de ses meilleures partitions. quoique les représentations ne se soient pas comptées par cenlines. [est aussi très-naturel que parmi tant de triomphes comme le Mariage aur Lanternes.
la Belle Hélène. la Grande Duchesse, la Vie parisienne. les Brigands. et une centaine d'autres pièces dont les titres sont inutiles à énumcrer. son talent ait eu quelques défaillances. Mais dans Part petit où grand il nv a que la rédioerité qui ait le privilège de rester toujours au niveau d’une insuflisance suffisante. Les esprits
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XXII OFFENBACH EN AMÉRIQUE sent pas les joies jamais interrompues d'une saüisfaction permanente: 1ls sont tantôt au sommet et tantôt, sinon au bas, du moins au milieu de l'échelle, L'inspiration à ses heures bonnes ou mauvaises: l'artiste vit d'élans et de défaillances. On peut dire que dans le colossal répertoire de Jacques quelques opérettes sont d'une valeur inférieure. mais aucune n'est nulle. On retrouve dans ses moindres œuvres un talent considérable et une individualité incontestable. C'esttoujours et quand même un art personnel dont quelques accords lointains suffisent à nous faire connaître l'auteur, comme on reconnaît une fleur dans l'obseurité par le parfum qu'elle répand.
Rien. madame. n'a manqué au triomphe de votre mari. Aux applaudissements du public de tous les pays. l'esprit de dénigrement est mêlé avec une certaine persistance, Mais toutes ces manœuvres ont échouë devant le succès, On à
notamment reproché à Jacques d'avoir. sous un
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