‹ Offenbach en Amérique; notes d'un musicien en voyageChapitre 11 sur 30 · LA CORPORATION · texte numérisé non relu

LA CORPORATION

Une des manies chères aux Américains consiste à se grouper et à fonder des sociétés à propos de tout et à propos de rien, sous n'importe quel nom. Tout prétexte est bon. Aussi les corparations abondent-elles aux États-Unis. Il faudrait un volume pour les énumérer toutes. Parmi les plus importantes on cite la société de tempérance, la société de la loge maçonnique, celle des old fellows, (les vieux garçons), celle des hommes gras, celle des hommes maigres, celle de la grande République, etc., etc.

J'en passe et des meilleures.

Il suffit d'une simple autorisation du maire

pour qu'une société qui a envie de faire une sortie pour une manifestation quelconque envahisse les rues et se répande triomphalement dans la ville. L'association qui sort a droit à tous les égards, à tous les respects. Omnibus, cars, voitures particulières, piétons, tout doit s'arrêter sur son passage. Couper une manifestation est un acte répréhensible.

J'ai assisté à quelques promenades de sociétés, et j'ai pu voir que, dans le défilé, les insignes honorifiques, les décorations, les rubans de toutes couleurs, lesécharpes de toutes nuances et même les panaches jouaient un très-grand rôle. Les Américains aiment beaucoup cela. Gomme le gouvernement n'a encore institué aucun ordre, ils remédient à cette lacune en se décorant eux-mêmes. On m'a cité des régiments qui, pendant la guerre de la sécession, avaient créé des décorations qu'ils se sont mutuellement décernées.

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