‹ OiseauxChapitre 15 sur 31 · Daption capensis (Linn · texte numérisé non relu

Daption capensis (Linn

Le Pétrel tacheté, vulgairement appelé Damier Brisson, Ornith., NT, p. 146 (1760).

Procellaria capensis Linné, Syst. Nat., p. 213 (1766); Milne-Edwards et Grandidier, ist. Madag., Oiseaux, p. 671 (1885).

Daption capensis Gould, B. Aust., VII, PI. LIT (1847); Giglioli, Faun. Vert. Oceano, p- 46 (1870), Sharpe, Phil. Trans., CLVIII (vol. suppl.), p. 118 (1879, Kerguelen); Moseley, Notes Nat. « Challenger », p. 134 (1879, Tristan da Cunha), p. 183 (Crozet), p. 229 (ile Heard); Salvin, Cat. B. Brit. Mus., XXVN, p. 428 (1896); Borchgrevink, First on Antarctic Cont., p.54, 64, 66 (1901); Saunders, Antarctie Manual, p. 230 (1901); Hall, Zbis 1900, p. 28; Sharpe, Æep. « Southern Cross » (1902), p. 157; Clarke, Zbis (1906), p. 174; Lônnberg, loc. cit. (1906), p. 77.

NAUTROPEMSES MAIS MP CAPES Tous pis nl elienelle 20 février 1905, au large de l'archipel Palmer, par 64° 40 latitude sud.

Le Pétrel tacheté, vulgairement appelé Panier, d'après Brisson, ou Pigeon du Cap, qu'on connaît depuis Dampier, à la fin du xvn siècle, est un Oiseau familier aux voyageurs de l'Antarctique. C’est un des éléments caractéristique de la faune avienne de ces régions, car ses stations de ponte sont situées au sud du cerele polaire, dans les endroits les plus reculés et les plus inaccessiblesde la zone cireumpolaire. Mais il se plaît aussi dans des régions plus tempérées, puisqu'on l’a trouvé sur les côtes sud de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, à Kerguelen et à l'ile Crozet, près du cap de Bonne-Espérance. Sur les côtes de l'Amérique, ilremonte jusqu'à Rio-de-Janeiro du côté de l’est, et jusqu’en Bolivie du côté du Pacifique, ce qui tient probablement au courant froid qui, venant du pôle, remonte le long de la côte occidentale de l'Amérique et rafraîchit l'Océan.

Il a été signalé à la Géorgie du Sud, aux Orcades du Sud, aux iles Shetland et à la Terre de Graham.

D'après Andersson, les limites de son aire de dispersion au sud concordent avec celles d'Ossifraga gigantea et T'halassæca glacialoides. Tous trois se rencontrent sur le pack-ice antarctique, mais ne nichent que dans les

environs de la Terre de Graham. Ils paraissent donc être des Oiseaux subantarctiques, qui ne peuvent trouver dans l'Antarctique une place appropriée que là où les terres s'étendent le plus au nord, comme autour de la Terre de Graham.

Le D'Turquet rapporte que ces Oiseaux sont très répandus dans la région explorée par le « Français », mais ils se tiennent ordinairement à une certaine distance des rivages du côté de la haute mer.

Ils ne sont pas défiants et, pendant la navigation effectuée par le « Français », vers le 1" février 1904, le long des côtés de l'archipel Palmer (îles Brabant, Anvers, ete.), ils allaient et venaient d’un vol rapide à proximité des flancs du navire, ou à peu de distance de l’arrière.

Le 20 janvier, au large de l'ile Booth-Wandel, pendant une grosse mer, on put en prendre plusieurs à la ligne à l’arrière du bateau.

Dans le courantde l'hivernage à l'ile Booth-Wandel, on n’en vit que quelquesexemplaires traversant la baie au vol pendant une tempête. Durant une période de tempêtes, par 66° 30", à la latitude du cercle polaire, le D°Turquet en vit de nombreux individus qui ramassaient des débris de Crustacéset d’autres animaux mis en liberté par la désagrégation des roches.

On les voit toujours voler en grand nombre autour des navires qui se trouvent au sud de la Terre de Feu et des îles Falkland. Ils se rassemblent par milliers autour des cadavres de Baleines qu'ils dépècent en nageant tout autour sans presque jamais monter sur les carcasses, comme le font les Ossifraga. Lorsqu'ils sont repus, ils s’éloignent et se nettoient euxmêmes, puis se baignent les ailes demi-ouvertes.

Is plongent volontiers pour chercher les rebuts tombés dans l’eau peu profonde jusqu'à 1 mètre ou 1*,50, mais n’avalent que lorsqu'ils sont remontés à la surface. [ls ne se tiennent pas les tarses droits comme les Goélands, mais ils se posent sur la glace ou sur la terre à la façon des Fulmars. Quand ils se reposent sur l’eau, ils se cachent le bec sous les ailes.

En été, on les entend crier et piailler nuit et jour pendant qu'ils se repaissent en se battant les uns avec les autres. Ils sont très courageux.

Lünnberg assure qu'ils sont restés tout l'hiver autour du campement de l’Expédition à la Géorgie du Sud, et par milliers, à cause de la nourri-

ture qu'ils trouvaient alors facilement dans le voisinage.

K.-A. Andersson signale leur apparition sur le pack-ice, au nord des Shetland du Sud, du 10 au 20 novembre, à l’est du détroit Brandlield, le 9 et le 10 décembre et, vers la fin de janvier, à l’est de la Terre de Graham, par 64° 30’ de latitude sud et 0°37' longitude ouest. Au sud de l'ile Paulet, ils apparurent le 21 janvier, et, pendant l’hivernement sur cette île, on les aperçut encore le {1 et le 16 avril; puis ils disparurent pour le reste de l'hiver et ne réapparurent que vers le 15 octobre. Ils ne revinrent en grand nombre, du 5 au 8 novembre, qu'au moment du dégel.

Ce sont donc des visiteurs d’été des Orcades du Sud, et ils sont absents en hiver pendant les mois de juin, juillet, août et septembre. On les voit souvent nageant sur l’eau ; jamais ils ne volent au-dessus de la terre, mais ils se tiennent devant les falaises, seulement ils ne le font pas en tournoyant, comme les Pagodroma nivea.

Cet animal ne niche pas à la Géorgie du Sud ; mais Expédition écossaise a trouvé de nombreux nids aux Orcades du Sud, et le D' Pirie a, le 2 décembre 1903, ramassé pour la première fois des œufs de cet Oiseau si bien connu. Ces animaux étaient si nombreux que Clarke regarde cet archipel comme le centre métropolitain de l'espèce.

Les nids étaient placés sur des roches abruptes, exposées aux vents, à environ 30 mètres au-dessus du niveau de la mer; ils étaient formés de petits cailloux avec un peu de terre et ne contenaient qu'un seul œuf d’un blanc pur, assez grand, comparé à la taille de l'Oiseau. Les nids sont souvent nombreux ensemble et rapprochés les uns des autres, puisque le 5 décembre on put récolter cinquante œufs. Cette récolte est désagréable, car l’Oiseau ne quitte pas son nid et lance jusqu’à 2 ou 3 mètres, et avec une grande précision, sur les vêtements et la figure, un liquide puant à odeur persistante provenant de restes à demi digérés d'£uphausta.

Les œufs mesurés avaient un grand diamètre pouvant aller de 56°",5 à 67**,2 et un petit qui variait de 40°°,5 à 46°*,5. L’incubation a duré quarante-deux jours.

K.-A. Andersson rapporte que le 1” décembre 1902, sur les bords du canal de Gerlache, un matelot découvrit deux nids qu'il attribua au Pigeon du Cap, et il admet que ce matelot n’a pu se tromper, étant donnée

la facilité avec laquelle on peut reconnaître ces Oiseaux. Les nids étaient

Expédilion Charcot. — A. MENEGAUX. — Oiseaux. 9

placés sur une haute montagne dans un endroit d'accès très difficile et consistaient en quelques petits cailloux gisant sur le sol. Ils ne contenaient chacun qu'un œuf d’un blanc pur. C’est le seul endroit où on ait trouvé des nids dans ces parages.

Les nids observés étaient tous à ciel ouvert, tandis que ceux que Hall signale à Kerguelen étaient placés dans des trous et des grottes sur le flanc d’une falaise. L'Expédition allemande de la « Gazelle » trouva un de ces œufs placé simplement dans une fente entre deux rochers.

On peut donc de ces faits tirer cette conclusion que le Pigeon du Cap a des habitudes de nidification non seulement variables suivant la région, mais même à Kerguelen.

Les jeunes ont été décrits par Hall et par Clarke. Is sont dans le premier âge, gris ardoisé en dessus, mais plus pâles et à duvet plus soyeux à la face inférieure. Chez les adultes, Clarke a remarqué deux types

de plumage suivant la saison.

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