‹ OiseauxChapitre 14 sur 31 · Macronectes gigantea (Gm · texte numérisé non relu

Macronectes gigantea (Gm

Procellaria gigantea Gmelin, Syst. Nat., 1, p. 563 (1788); Gould, B. Aust., VII, p. 45 (1848).

Ossifraga gigantea Giglioli, Faun. Vert. Oceano, p. 48 (1870); Sharpe, Phil. Trans., CLX VIII (vol. suppl.), p. 142 (1879, Kerguelen), Salvin, P. Z. S., 1878, p. 737; Mosseley, Votes Nat. « Challenger », p. 134 (1879, Tristan da Cunha), p. 180, 185 (île Crozet), p. 205 (Kerguelen), p. 254 (bords du pack-ice); Buller, 2. W. Zeal, 2" ed., IT, p. 235 (1888) ; Salvin, Cat. B. Brit. Mus., XXV, p. 422 (1896); Racovitza, Vie des Animaux Antarct., p. 18 (1900) ; Borch Grevink, Æirst on Antarctic Cont., p.64 (1901) ; Saunders, Antarctie Manual, p. 231 (1901); Bernacchi, S. Polar Regions, p. 73, 316 (1901).

Fulmarus giganteus Steph., in Shaw's, Gen. Zool., XII, p. 237 (1826).

Procellaria ossifraga Forster, Descr. Antm., p.343 (1844).

Ossifraga gigantea Hall, /bis (1900), p. 2; Sharpe, Rep. « Southern Cross »

(1902), p. 153; Clarke, Zbis (1906), p. 172; Lônnberg, 1906, p. 78:

Macronectes gigantea, N. Richmond, Pr, biol. Soc. Wash., 1905, p. 76.

N°4 Gf. Blanc.

N°8 G'. Gris foncé.

N° 14 GG. Tué au fusil le 27 avril 1904, à l’ile Booth-Wandel, brun grisâtre ; iris brun ; bec corné ; {arse brun bleuâtre ; envergure, 1",84. N°16 Œ. Gris, bec corné; iris brun; pattes brun noirâtre. 1” septembre 1904.

N°17 Œ. Tué près du navire, 1" septembre 190%. Couleur générale gris

brun ; iris brun ; bec corné ; pattes brun noirâtre.

N°99 G'. Couleur générale blanche, tué sur Phoque crabier le 12 novembre 190%; iris brun-marron ; son estomac renfermait des fragments de viande de Phoque.

N°63 ©. Tuée le 14 novembre sur le cadavre d'un Phoque crabier gisant sur la banquise ; blanche; iris marron; bec de couleur cornée: couleur générale blanche avec quelques plumes noires sur le dos et les ailes; estomac vide.

N°70 Cÿ. Blanc avec quelques plumes noires sur le dos et les ailes ; tué sur la banquise le 16 novembre ; iris brun-marron.

Une tout enfumée. Deux spécimens sans numéro tout blanes.

Quatre spécimens sans numéro, tout enfumés, dont deux à tête grise.

2 Janvier : Grand Pétrel, tué par Basco. Il avait le dos brun clair, la tète blanchâtre, l'iris nettement gris argenté ou blanc argenté.

Ces grands Pétrels étaient assez répandus autour des îles qui bordent les Terres de Danco et de Graham, mais ils n'avaient pas élu domicile à l'ile Booth-Wandel. Leur plumage est très variable. Les individus gris sont plus nombreux que les #oirs; ce sont les blancs qui sont les plus rares. Ils sont presque aussi grands qu’une Oie.

Ce Pétrel est un Oiseau antarctique et même subantarctique, puisque sa région de reproduction embrasse aussi bien les îles Falkland que la Nouvelle-Zélande. Sur la Terre Victoria du Sud et sur la Terre Empereur Guillaume IL, il est signalé comme visiteur, mais pas comme nicheur. En été et en automne, il étend donc ses migrations très loin vers le sud.

Comme tous les Oiseaux de grande envergure, — quelques-uns mesuraient plus de 2°,50, — ces Pétrels ont besoin d’un assez fort élan avant de pouvoir se lancer dans les airs, etils prennent des allures grotesques avec leurs grandes ailes déployées, leur formidable bec jaune crochu quand ils courent sur leur pattes écartées en compas. On peut les attraper à la course, mais il faut avoir soin d'éviter leurs coups de bec, qui sont dangereux. De même lorsqu'ils prennent terre, il leur faut quelque temps pour carguer leurs énormes ailes trainantes.

Ils sonttrès craintifset ne se laissent pas approcher à plus d’une portée de fusil.

D’après Turquet, ils volent le long des rivages à la recherche d’une proie, d’un cadavre de Phoque ou de Balénoplère. Malgré leur voracité, ils paraissent dédaigner ceux des Pingouins et des Cormorans.

Ils se précipitent de tous côtés, en volant ou en nageant, sur les carcasses d'animaux morts et grimpent dessus, les membres et les ailes étendus.

Ils explorent d'abord avec soin les environs par des évolutions répétées, puis commencent ensuite à déchirer leur proie ; ils s’attaquent d’abord aux yeux, aux muqueuses et aux orifices naturels. Ils ingurgitent la chair avec une grande avidité et s’en gorgent jusqu’à satiété, à Lel point qu'ils ne peuvent plus bouger. C’est à ce moment-là qu'on peut les approcher. Si plusieurs hommes, armés de bâtons, entourent l'endroit où se trouve le cadavre, ils pourront rétrécir peu à peu le cercle sans inquiéter

les Oiseaux, jusqu’au moment où ceux-ci n’ont plus assez d'espace pour

OISEAUX. 61 pouvoir s'envoler. On les tue alors facilement à coup de bâtons. En mourant, ils régurgitent une partie des aliments ingérés, humectés d’un liquide huileux d’une odeur infecte.

Clarke admet que, sur un cadavre, ils se gorgent beaucoup moins qu'on ne le dit. Si on les effraye alors, ils vomissent une partie des aliments, puisils se sauvent en étendantles ailes sans les agiter et se rendent à l’eau pour nager; ils agiraient ainsi par habitude, mais non par suite de la difficulté qu’ils éprouveraient à voler.

Après un repas, ils vont toujours à l’eau pour se laver la tête.

Is ont quitté l'ile Booth-Wandel vers le 15 mars.

Pendant l'hiver, ils émigrent comme les autres Oiseaux, et il est rare d'en apercevoir quelques-uns près des rivages.

Clarke affirme qu'il s’en est trouvé autour de la station toute l’année, mais qu'ils étaient moins abondants en hiver qu'en été. Les Oiseaux diminuèrent à partir de mai jusqu’en septembre, époque à laquelle les Oiseaux d'été recommencèrent à arriver. Ilestime à 5 000 le nombre de ceux qui étaient à l’île Laurie pendantla saison des amours.

Von den Steinen vit le Pétrel géant commencer à construire son nid en septembre, et il trouva lespremiers œufsle 2 novembre. Il décrit la facon curieuse qu'ils ont de se faire la cour et parle du courage avec lequel ils défendent leurs œufs, grâce à leur bec et à leurs vomissements, qu'ils peuvent projeter à plusieurs mètres.

Clarke rapporte qu'on a observé plusieurs rookeries comprenant environ deux cents nids et placées à 100 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Andersson a trouvé de nombreux nids sur lile Nelson, près du canal de Gerlache, et Bruce les à signalés aussi aux Orcades du Sud.

Les nids ont environ 60 centimètres de diamètre et sont formés de pierres angulaires, d’après Clarke, plates, d’après Andersson, comme celles que choisissent les Manchots.

D'après Hall, à Kerguelen, les nids sont formés par de simples dépressions d'environ { mètre de diamètre parmi les tiges brisées d’Azore/la et dans lesquelles les jeunes sont abrités. Il ajoute queles jeunes, après avoir perdu leur duvet gris, prennent un plumage noir brillant, phase qu'on n'avait jamais observée et qu’il a aperçue à nouveau à 800 milles de Ker-

guelen. Beaucoup de jeunes, prêts à voler, avaient dans leur estomac de nombreuses langues de Manchots et de Prions.

Les premiers œufs furent pondus le 4 novembre, et Hall n’en trouva qu'un seul par nid, excepté dans deux nids, où ce nombre était de deux. Il suppose qu'ils étaient dus à deux femelles. Pendant l’incubation, lun des parents est sur le nid, l’autre à côté. Tous deux se laissent approcher de très près, et il fallut les enlever du nid pour prendre les œufs ; ils ne combattirent pas, ne s'éloignèrent pas et n’envoyèrent pas d'huile, mais vomirent le contenu de leur estomac afin d’être plus légers, comme s'ils voulaient prendre leur vol.

Les mesures de quatre-vingts œufs lui donnèrent une moyenne de 103"°,8 X65°°,7. Il ne put fixer la durée de l’incubation. Andersson a vu un jeune qui prenait sa nourriture dans la bouche d’un parent.

Cet Oiseau se reproduit aussi aux îles Marion.

Les dimensions signalées par Lünnberg sont les suivantes : 104 X 46 et 104,5 X 64,5 pour deux œufs provenant de deux Oiseaux foncés et 101,5 X67 pour un œuf d'Oiseau blane. Ce dernier est done plus court et plus épais. Les nids étaient plats, formés de chaumes d'herbes. La nourriture est empruntée aux rookeries de Manchots, car on y trouve tou- Jours des os bien nettoyés etdes peaux. Aux Orcades, ce Pétrel est un terrible fléau pour les colonies, car il vole aussi bien les jeunes que les œufs.

Sôrling, à la Géorgie du Sud, n'a pas observé les rapts des Ossifrages chez les Manchots, soit parce qu'ils sont plus « civilisés », soit parce que la nourriture à été très abondante. Il dit que généralementils se tenaient en pleine mer et n’entraient pas dans les fjords, excepté à Cumberland- Bay, où ils étaient attirés par les restes de Baleines

Cet Oiseau parait donc avoir appris que l'homme est un dangereux ennemi.

Von den Steinen rapporte que, lorsque l'Expédition allemande de 1882- 1883 arriva, les Pétrels géants étaient très confiants ; mais en quelques semaines ils devinrent peureux et craintifs, car ils s’envolaient dès qu'ils apercevaient « la tète d’un homme au-dessus du sommet d’une colline ».

Dans les rookeries, la proportion des Oiseaux blancs atteint à peine 2 p. 100. La couleur de l'animal est d’abord foncée ; il passe par toutes les

OISEAUX. 63 teintes chocolat, puis du gris au gris clair et au mélange de blane jusqu’au blane pur. Ces faits font supposer que des individus de couleurs différentes s’apparient, car Pirie n’a jamais vu deux Oiseaux blancs former un couple.

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