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J'avais un merle auquel je donnais du pain et du lait comme nourriture journalière, je ne tardai pas à regretter cet essai, car, au bout de quelques semaines, les plumes de l'oiseau tombaient une à une et mettaient la peau presqu'à nu, surtout autour des aisselles, l'oiseau paraissait faible et ne volait qu'avec difficulté, ses excréments étaient liquides, enan il finit par mourir de faiblesse, conséquence d'une dyssenterie continue. J'essayai sur les derniers temps de son existence de lui donner la nourriture primitive, avec laquelle il se portait bien, mais le bipède ne pût recouvrer ies forces qu'il avait perdues. Cependant le pain et le lait bouillis ensemble, ou non bouillis mais accompagnés de chanvre ou d’autres grains, ne produisent pas un mauvais résultat sur la vie de j’oiseau captif.
On distingue généralement deux espèces de nourriture que l’on donne au merle.
Elles diffèrent très peu entre elles et l’une ou l'autre est plus fortifiante que le pain et le lait et tient l'oiseau en bon état d’embonpoint.
La nourriture la plus ordinaire consiste en de la viande de bœuf hachée en mor-
ceaux très fins : la quantité à donner à l'oiseau est celle d'un jaune d'œuf ; on y ajoute de j'œuf cuit dur et haché fin ainsi qu'un peu de
pain que l'on a soin de laisser tremper dans
l'eau pendant quelques instants et que l'on
presse ensuite avec ses mains ou avec un linge pour en exprimer tout le liquide ; on saupoudre le tout avec.un peu de farine de blé d'Inde, afin de rendre la nourriture moins gluante et plus saine : on mélange le tout ensemble afin de méler les divers ingrédients qui composent cette nourriture. Ce composé convient au merle en tout temps. La viande a cependant your résultat de rendre liquide la fiente de l'oiseau et par conséquent contribue à la nlpropreté de la cage. Dans tous les cas la nourriture est aussi bonne, car l'oiseau s'en trouve bien et vit ainsi bon nombre d'années.
2 L'autre nourriture qu'on donne au merle en captivité est presque la même que la précédente à l'exception du bœuf que l'on s abstient de lui donner.
Il est bien évident que les différentes espèces de nourriture données aux oiseaux de cage ne sont pas absolument celles dont ils se
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pourvoient à l'état sauvage. On peut cependant faire une exception pour le chanvre et le mil en branches que l'oiseau à l’état libre recherche en voltigeant dans les jardins, et pour ie blé et l'avoine qu'il glane dans les champs.
Le merle à l'état libre, aime le m1ascouabina où cormier. Quand le cormier est mür, c'est-à-dire quand il a la pelure rouge, les merles s’abattent en grand nombre sur l'arbre qui porte ce fruit, et en peu de temps ils en dévorent le contenu. Voilà pourquoi on devrait donner du cormier au merle en captivité. Il prise aussi beaucoup les mouches, les vers de terre et les insectes. Aussi devons-nous lui en procurer quand il est en captivité.
A l'état sauvage, le chardonneret se repait avec délices des grains qu'il trouve dans la fleur du chardon : d'où lui vient le nom de chardonneret .
Tous les oiseaux sauvages que l’on met en cage aiment généraiement la bourdaine, les bleuets, les fraises, les framboises et tous les fruits des bois et des champs. Aussi devonsnous donner à l'oiseau que l’on met en cage quelques unes des choses qu’on lui voit man-
ger à l'état sauvage. C'est un moyen de rendre moins pénible à l’oiseau des bois son état de captivité.
Je vais donner à présent le genre de nourriture approprié aux oiseaux de cage étrangers à notre pays et qui font partie d’une volière canadienne.
Au fhrush, black bird ou robin, et en français merle noir ou simplement merle, on
donne la même nourriture qu'à notre merle canadien.
On nourrit le /ark ou alouette d'Irlande avec du chanvre écrasé ou pilé. Cet oiseau ne se perche jamais en cage ; il en est de même quand il est à l'état sauvage. Il se tient tantôt sur le gazon, tantôt au plus haut des airs, où il fait entendre un chant harmonieux. La cage du lark diffère des autres cages (d'oiseaux en ce qu’elle a un prolongement affectant la forme d'un demi-cercle. La partie verticale est en fils de fer ; le plafond ainsi que le plancher sont en bois. Sur le plancher du demi-cercle on met une couche de gazon, qu'on renouvelle quand elle est sale. C’est
sur ce gazon que le /ark se tient le plus souvent.
Le goldfnch où chardonneret anglais et le bullfinch ou bouvreuil, oiseaux importés, demandent la même nourriture que le serin.
Le perroquet, quoique n'étant pas rigoureusement un oiseau de volière, vit à l’état de domesticité, il a une cage à part : elle est circulaire, haute de deux à trois pieds et faite en ferblanc. La nourriture habituelle de cet oiseau est du blé-d'Inde rond, aussi de la saiade, de la pomme et du chou. Cet oiseau est susœptible d'apprendre certains mots et de siffler des airs. Ainsi on a vu chez un citoyen marquant de Québec un perroquet qui sifflait l'air 1 la claire fontaine et qui riait comme une personne, et ce à faire croire qu’il se moquait de quelqu'un.
Le perroquet vit très longtemps en cage et peut même atteindre un siècle d'existence.