‹ Oiseaux de l'île de la Trinidad,Chapitre 10 sur 292 · XVI OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

XVI OBSERVATIONS

de nos arbres, de nos arbustes, de nos plantes fournit, en abondance, des fleurs aux colibris, des baies aux baccivores, des grains aux granivores, des finiits pulpeux aux frugivores, etc.

A Cuba et à la Jamaïque, presque toute la végétation primitive a disparu ; la culture de la canne a tout envahi en quelque sorte, et c'est la culture la moins faite pour attirer les oiseaux et surtout les entretenir. Ici, le cacao est une de nos principales cultures et certainement, elle est une de celles qui réalisent le plus de conditions favorables à bien des genres omithologiques. En effet, le cacaoyer, par ses feuilles larges et nombreuses, entretient l'humidité du sol; et cette humidité du sol, à son tour, permet et active la décomposition des parties végétales qui le recouvrent. Tout se réunit donc pour faciliter la végétation d'une foule de plantes herbacées qui ne laissent pas un pouce de terrain à découvert. Quelle retraite favorable pour les insectes et pour leurs larves ! Aussi ces habitants obligés de nos cacaoyères pullulent-ils de tous côtés, et ne manquent-ils pas d'attirer une masse d'insectivores. Quand, au milieu de la journée, le soleil fait de notre atmosphère une fournaise, que d'oîseaux vont dans les cacaoyères profiter de l'ombi'o et de la fraicheur qu'ils sont toujours certains d'y rencontrer !

Notre golfe l'un des plus grands du monde, étant de toutes parts abrité contre les fureurs de la tempête, o&e un refuge dont jouissent, en paix, bien des longipennes. Ses bords, en grande partie, vaseux attirent chaque année ces troupes de TotuninoBy Trinffinœ^ Scolopactnœ, etc. qui fuient les froids du Sud de l'Amérique méridionale.

Toutes ces particularités, certainement, attirent et

GENERAI.es. XVII

entretiennent ici une foule d'oiseaux ; mais la grande proximité de la Trinidad du Continent explique encore mieux notre grande richesse omithologique. H est facile à ime foule d'oiseaux de firancHr le petit bras de mer qui nous sépare du Continent. Même, certaines espèces, au dire de quelques chasseurs, viendraient à de certaines époques de l'année, profiter, pendant la journée, des fruits et des graines de quelques uns de nos arbres et iraient passer la nuit sur le continent. Ces voyages quotidiens, en les supposant réels, prouveraient d'une manière évidente la variété de notre végétation et son influence comme appât pour les oiseaux.

Mais cette proximité de la Trinidad du Continent ne dit point comment certaines espèces comme le FormicariuB Hoffmannii^ le Formicarius longipes^ le Tinamus sovîj le Palamedea comuta se trouvent ici ; leur vol est trop peu puissant pour qu'il leur ait été possible de parcourir le petit espace occupé par la mer. Une autre cause a déterminé lem^ habitat et ne serait-ce pas la manière dont la Trinidad a été formée ? Il n'est nullement probable que la Trinidad ait surgi du sein des eaux de la mer par le fait de l'action des volcans. Tout prouve, au contraire, qu'elle a fait partie du Continent et qu'elle n'en a été séparée que par le morcellement des terres opéré par les eaux de l'Orénoque. Cette séparation quoique opérée lentement a rendu prisonnières les espèces que j'ai mentionnées. Il semble qu'elles étaient destinées à devenir une preuve de plus en faveur de l'opinion contraire à celle des auteurs qui veulent que notre île soit mic simple production volcanique.

Telles sont les principales conditions qui contribuent

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