‹ Oiseaux de l'île de la Trinidad,Chapitre 145 sur 292 · CACICUS CRISTATUS— (?«i · texte numérisé non relu

CACICUS CRISTATUS— (?«i

vuLo. MERLE A QUEUE JAUNE.

Vacicus cristaim — Gml. — Gray, p. 342, n® 1. Vasstcus cristatus — ^111. — Pr. Bonap., p. 427, n® 1. Cassigue huppé^ — Cassicus cristatus — ^Vieil.

Longueur totale 470 mil.

— du pH de Taîle 210

— du tarse 47

— du doigt médian 36

* — de la queue 192

Tout le corps ainsi que les ailes d'un noir profond, mais un peu terne, à part le croupion qui est d'un roux sombre. Ce roux se voit un peu sur les flancs, vers l'anus et à la pointe des couvertures supérieures des ailes.

Du vertex se détachent quelques plumes fort étroites et assez longues pour arriver sur la nuque.

Rectrices d'im joli jaune serin, excepté les deux intermédiaires qui sont noires. Elles sont étagées, ce qui rend la queue cunéiforme. Toutes leurs couvertures sont d'un roux moins sombre que celui du croupion.

Bec blanc jaimâtre. Pattes noires. Iris bleu.

La femelle ressemble au maie, mais elle est plus petite.

Le jeune n'a point de plumes longues au vertex ; le noir tire sur le brun et il s'y mêle une teinte roussâtre ; le jaune de la queue est moins vif.

C'est un oiseau qui vit toujours par troupe. H n'approche des endroits habités que s'il y trouve des arbres élevés et en grand nombre ; ce sont ses perchoirs de rigueur. H est d'un naturel très-fexouche. Son vol est élevé, peu rapide, mais soutenu. Son ramage a quelque chose d'extraordinaire ; il est sec, net, fort et bien accentué ; ce ne sont pas quelques notes qu'il module d'une certaine manière et qu'il répète toujours ; ce sont des sons très-variés où l'on découvre le besoin d'imiter toute espèce de cri ; tantôt le miaulement du chat, tantôt le gloussement de la poule, quelquefois même la voix de l'homme qui laisse éclater son rire et sa joîa Dans ce moment, sa tête est baissée et ses aîles, à moitié ouvertes, sont vivement agitées. De temps en temps éclate, comme im refrain à ce ramage, un bruit sec et fort qu'il produit en passant rapidement le bec sur la tige des pennes de l'aîle. On est toujours surpris quand, pour la première fois, on entend retentir ces sons ; plus tard, on s'étonne, quand on découvre que c'est im oiseau qui en est l'auteur.

n se nourrit de grains, de baies et même d'insectes qu'il va chercher dans des fleurs que portent quelques arbres. S'il rencontre im champ de maïs éloigné et situé prés d'un bois, il ne manque pas de s'y porter; il mange peu de grains, il est vrai ; mais chaque épi piqué et déchiré par son bec long, fort et pointu est complètement perdu; aussi en résulte-il un dégât considérable.

Ces oiseaux ne se séparent pas à l'époque de la ponte ; ils se tiennent toujours réunis et choisissent un arbre qui convienne à la nidification; bientôt chaque branche aura à son extrémité un nid fait en forme de poire allongée et suspendu par im pédicule mince, mais très-

fort- Ils façonnent eux-mêmes les matériaux dont ils ont besoin pour ce travail. Us s'adressent à une plante aquatique^ dont chaque feuille est supportée par un long pédoncule, à tissu fibreux très-serré et très-solide ; l'oiseau fait pénétrer son bec dans ce tissu et le traverse de manière à soulever une fibre qu'il détache de toute la longueur du pédoncule en faisant courir rapidement le bec d'un bout à l'autcp ; il coupe cette petite corde aux deux extrémités, et l'emporte pour la fixer à la branche qu'il a choisie. Le nœud qu'il fait est si solide qu'il est impossible de le faire céder. Un certain nombre de fibres constituent la charpente du nid ; l'oiseau en ajoute d'autres qu'il entrelace transversalement pour achever son œuvre. Rien n'est mieux fait pour attirer l'attention que ces arbres ainsi garnis de ces bourses où tout décèle le talent artistique du constructeur.

La chair du cmtatus ne se recommande pas; elle exhale une forte odeur de castoreum qui est loin de flatter l'odorat, cette sentinelle avancée d'im goût fin et délicat.

Cest un oiseau trop farouche pour supporter longtemps la captivité. H est commun ici.

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