‹ Oiseaux de l'île de la Trinidad,Chapitre 92 sur 292 · TROGLODYTES RUFULUS— CWaiw · texte numérisé non relu

TROGLODYTES RUFULUS— CWaiw

vuLQ. ROSSIGNOL OU OISEAU DU BON LIEU.

Longueur totale 130 mlL

— du pH dePaîle 63

— du tarse 20

— du doigt médian 13

— de la queue 39

— du bec 13

Parties supérieures, d'un brun qui laisse percer une faible teinte rousse. Inférieures d'un gris blanc passant au roussâtre sur les flancs.

Rémiges d'un brun noirâtre. Des raies roussâtres traversent la barbe externe et régnent sur les deux barbes des secondaires les plus internes ; de sorte que, quand l'aile est pliée, elle ne présente qu'une suite al-

temative de raies roussâtres et d'un brun noirâtre. Couyertures supérieures brunes comme le dos; les petites sans raies; les moyennes tachées de roussâtfe à la pointe ; les grandes rayées comme les rémiges. Inférieures d'un gris teint de roux.

Eectrices présentant, comme les rémiges, les mêmes raies roussâtres et d'un brun noirâtre. Couvertures supérieures d'un brun roux ; inférieures roussâtres.

Bec brun, blanchâtre à la base de la mandibule inférieure. Pattes et iris bruns.

La femelle ressemble au mâle.

Ce troglodyte ne connaît point les forêts ; il lui âtut la vue de l'homme ; aussi ne fréquente-il que les endroits habités. En ville comme à la campagne, il est sur nos toits, sur le bord de nos murs, sur le fisdte de nos cheminées, sur les arbres de nos jardins, dans le fond même de nos cours, pourvu que la place convienne à sa vie joyeuse ou qu'elle recèle les larves dont il se nourrit. Ses mouvements sont empreints d'autant de coquetterie que de vivacité. Sa queue toujours relevée lui prête une apparence de hardiesse qui cadre bien avec sa pétulance. Toujours sautillant, toujours s'agitant, il ne reste quelque temps à la même place que pour chanter. Il est toujours accompagné de sa femelle avec laquelle il partage les fsitigues de Fincubation et les tendres soins de l'entretien de la couvée. Le nid est presque toujours placé dans le trou d'une muraille ou sous le toit d'une maison, même au milieu de la ville. Cette familiarité lui a valu l'attachement de l'homme qui lui a donné un nom (oiseau du bon Dieu) qui inspire amour et respect. En effet c'est l'égide qui le suit partout et qui le couvre sans cesse. Jusqu'à

l'enfant qui, devant V oiseau du bon DieUy sent s'ëvanouîr ce besoin de détruire qui caractérise si bien cet âge.

Ainsi aimé et respecté, le rufidus devrait être plus commun qu'il ne l'est réellement ; mais ses couvées sont souvent détruites par le rmlothnis honariensis. En effet, ce bonariensis ne fait pas de nid; il profite de celui du rufulus pour déposer ses œufe. Après l'éclosion, chaque petit, sans distinction d'espèce, est également chauffé, nourri et caressé. La couvée se développe au milieu d'une harmonie parfaite ; mais le bonariensis^ devenu assez maître de ses mouvements, pousse hors du nid les petits rufulus qui meurent soit des conséquences de la chute, soit de la privation des soins qu'ils ne peuvent plus avoir. Leur mère, il est vrai, s'empresse d'accourir à leur secours et ses cris comme ses mouvements témoignent de sa grande douleur ; mais ses efforts restent vains et sa progéniture n'échappe point à la destinée qui lui est réservée. Au milieu de cette scène si pénible, le rufulus n'oublie pourtant pas le bonariensis resté seul maître du logis ; il y pense, mais nullement pour se venger ; fidèle esclave des décrets de la Providence, il lui continue et la becquée et les caresses. Même au sortir du nid, il le suit partout et ne cesse de lui prodiguer ses soins que quand l'âge, amenant l'ingratitude, lui enlève son nourrisson.

Quelquefois il y a deux bonariensis dans le même nid ; quelle activité il faut alors au rufulus pour chercher et trouver de quoi satisfaire leur appétit!

n semblerait, au premier abord, que pour fuir un tel ennemi, le j-ufulus dût chercher à ne point s'écarter des endroits habités que ne fréquente pas le bonariensis. Mais que deviendrait alors cette loi dont le but impénétrable doit certainement répondre à l'harmonie de la

nature? Le rufulus ne peut y échapper; il semble même comprendre qu'il doit s'y soumettre ; car il n'est qu'en petit nombre dans les villes dont les environs ne sont point fréquentes par le bonariensis ; tandisqu'à la campagne, habitat ordinaire du bonariensis^ il est rare qu'une maison ne serve pas de retraite au moins à im couple de rufulus.

On nomme aussi cet oiseau rossignol; certainement c'est notre seul oiseau dont le chant se compose de plusieurs notes modulées de manière à réveiller l'idée d'une mélodie ; mais que c'est loin de ce chant soutenu, si doux, si gracieux, si bien accentué, surtout si varié du véritable rossignol d'Europe !

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