CE OUE DISENT LES POETES PAUVRES
Pour aller chercher hors Paris
L'eau murmurante Qui court dans les gazons naissants, Il nous faudrait bien quatre cents Ecus de rente.
Th. de Banville.
Critique, tu nous dis : — « Malheureux rimailleurs, '( Vous parlez de nature ; or, de votre mansarde « Q.ue voyez-vous ? ^ Des toits, puis le soleil qui darde « Ses rayons sur les murs livides, — C'est ailleurs
(( Qu'il faudrait s'inspirer ! La ville est monotone ; « Cherchez loin de Paris le Printemps réputé, « L'épanouissement des splendeurs de l'Été, « Et les sanglots amers de la voix de l'Automne ! »
Le poète répond à cela : — « Pouvons-nous
« Comme toi voyager, opulent journaliste ?
« A tes comptes, rentier ! Étales-en la liste !...
« Mais tous nos biens tiendraient entre nos deux genoux.
« Il faudrait des écus pour suivre ton exemple, « Pour courir la campagne et les vallons dorés, « Au milieu des épis, ou des bois, ou des prés, « Pour établir la Muse et lui dresser un temple !
« Mais nous chantons sans cet attirail : à travers « Nos persiennes sourit quelque fleur irisée ; u Un pot d'héliotrope orne notre croisée.... « Et.... ce jardin suffit à parfumer nos vers! »
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