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LES PAPILLONS DIVINS

Légende catholique.

Le tocsin sonne à coups précipités.

L'église, en proie à l'incendie, Jette de lugubres clartés ; Et, sinistre étendard aux reflets argentés, La flamme dans les airs se plie et se déplie.

Comme un pont suspendu sur une mer de feu. Le portique sculpté de la maison de Dieu Se dresse, énorme et gris, sur le brasier rougeâtre Et le métal, penché sur le grand lac ardent,

Pétille en se tordant Comme un bois vert au fond de l'âtre.

O Colombe du ciel sur l'autel te penchant, Anges aux ailes d"or qui planez sur les dômes, Saints à robe de pourpre, et vous, sacrés fantômes Des vitraux éclairés par le soleil couchant, Agneau de Dieu qui dors au pied du tabernacle,

Apôtres du cénacle. Chérubins qui portez l'orgue au céleste chant,

N'avez-vous pas bravé les âges ?

Tomberez-vous avec les piliers et les murs ? Oui ! oui ! vous tomberez, périssables images. Comme on voit sous la faux tomber les épis mûrs!

Mais silence ! Dieu se réveille !

Le tabernacle du saint lieu Entr'ouvre sa porte vermeille Au sein des tourbillons du feu ; Et comme on voit dans la prairie Se lever sur l'herbe fleurie Un vol de papillons joyeux.

Ainsi, planant sur l'incendie.

Océan de feu, — chaque hostie Prend son essor, et monte aux cieux!

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