LES CORBEAUX VRAIS
Les corbeaux sont dotés d’un plumage sombre, d'un cri des plus äâésagréables, sentant mauvais, ces oiseaux paraissent des disgraciés de la nature. Leur naturel est méchant, querelleur, ajoutez à celà qu’ils sont pillards et voleurs et vous aurez une idée de leur caractère et de leur extérieur.
On a dit qu'ils représentaient parmi les oiseaux le même type que le renard chez les mammifères; il y a beaucoup de vrai dans cette comparaison.
Rusés et méfiants autant qu'oiseaux peuvent l'être, ils savent éviter les pièges, et connaissent les fusils comme engins dont ils doivent passer à distance, ce qui a fait dire que les corbeaux sentaient la poudre; un laboureur est-il à la charrue, ils viennent sans vergogne voltiger autour, cherchant les vers blancs que le soc a mis à la surface, mais si cet homme avait près de lui un fusil chargé ou non ils se garderaient bien d'approcher ; ils savent apprécier la distance ou le plomb meurtrier peut les atteindre et se tiennent sagement au delà de cette limite, il n'est de convoitise qui puisse les faire départir de cette prudente réserve. Pillards au suprême degré, tout leur est bon ; s’ils passent près d’une huître qui baïlle, ils fourrent leur bec entre les deux coquilles, secouent l’animal jusqu'à ce qu'il n'adhère plus à ses parois protectrices et l’avalent ; rencontrent-ils un rat, une souris, une taupe, c'est juste une bouchée; un nid de fauvette est-il reconnu dans un buisson, ils gobent les petits les uns après les autres ; un colimaçon a la coquille cassée et passe dans leurs gosiers en moins de temps qu’il n’en
faut pour le dire ; trouvent-ils une charogne, aussitôt les voilà à table, tout en un mot est de leur goût, les graines aussi bien que la chair, l’herbe et les insectes, ajoutez à cela que doué d'un appétit de renard ils rendraient des points à ce maitre affamé.
Tout le monde connaît leurs croassements désagréables qu’ils répètent si souvent lorsqu'ils sont en liberté ; réduits en captivité ils deviennent presque silencieux et crient rarement, par contre ils apprennent facilement à parler et à répéter des airs et ils les disent et les redisent à satiété ; bien traités ilss’habituent vite à leur maitre et leur témoignent souvent de l’affection,
Les corbeaux, les pies, les geais ont tous l'amour des choses d’aspect brillant, ils dérobent volontiers les obiets en métal et vont les enfouir dans des cachettes ; nous avons été un jour témoin d’un fait qui prouve qu'ils ont la mémoire des objets ainsi cachés. Un ami avait un corbeau privé, qu’on savait avoir des cachettes pleines d'objets en métal, un jour il donne à l'oiseau une friandise, le corbeau après l’avoir avalée et manifesté sa joie, part et revient quelques minutes après rapportant une pièce de dix centimes qu’il avait été chercher dans l’une de ses cachettes.
On ne peut refuser aux corbeaux une certaine dose d'intelligence, nous regrettons de ne pouvoir raconter quelques histoires dont nous avons été témoins ayant vécu dans l'intimité de quelques-uns, mais nous pouvons affirmer que les corbeaux raisonnent, et qu’une idée abstraite n’est pas au-dessus de leur intelligence.
Ils construisent leur nid soit à la cime des plus grands arbres, soit dans les trous des rochers ou des vieilles tours, ils montrent l'amour le plus vif pour leur progéniture, si on leur enlève leurs œufs ils
pondent une seconde fois, mais si on leur prend leurs petits ils ne recommencent pas d’autres couvées
Corbeau ordinaire — Corvus corax (Linné) (pl. 9, fig 2)
Taille 0,67, entièrement noir à reflets bleus violacés, bec noir plus long que la tête, les deux sexes semblables.
Œuf de 0,047 sur 0,031, d’un brun verdâtre avec des traits bruns et des tâches irrégulières de même couleur.
Le grand corbeau vit sédentaire dans les grandes forêts et surtout au pied des Alpes ; on le rencontre aussi dans les Vosges, le Jura et même le centre et le nord de la France, il est beaucoup moins commun que les autres espèces.
Corbeau corneille — Corvus corone (Linné) (pl. 9 fig. C)
Taille 0,50, entièrement noir à reflets violet foncé, bec moins long que la tête mais presque de sa longueur, les deux sexes semblables. ,
Œuf de 0,045 sur 0,035, d’un vert sale, marqué de tâches irrégulières d’un gris cendré olivâtre, très nombreuses au gros bout.
La corneille est très commune partout en France, elle niche dans les bois, dans les prairies, sur les arbres très élevés, elle se nourrit d'insectes, d'oiseaux, de petits mammifères, et ne nous est utile qu’au point de vue agricole ; si vous êtes chasseur ou que vous éleviez des volailles qui courent les champs, ne la ménagez pas plus que ses congénères, ce sont tous des mangeurs de jeunes oiseaux.
Corbeau mantelé — Corvus cornix (Linné) (pl. 9, fig. 3)
Taille 0,53, tête, gorge, ailes et queue noirs, le reste gris cendré, pattes et bec noirs, les deux sexes pareils.
Œuf de 0,042 sur 0,028, d'un vert sale avec des tâches et des points bruns, plus nombreux vers le gros bout.
Cette espèce niche sur les arbres et dans les trous des dunes, elle est surtout commune en France l'hiver où elle est de passage, elle se nourrit comme ses conœénères de mammifères, d'oiseaux, d’insectes, d’immondices de toutes sortes, mais ne se gène pas pour priver les champs des graines nouvellement semées; dans certaines contrées elle devient un fléau.
Nous l'avons vue souvent à Paris même, dans les environs du pont de Grenelle, pêcher des petits poissons du bec et des pattes, et voler en rasant l’eau comme les mouettes.
Corbeau freux — Corvus frugilequs (Linné) (pl. 9, fig. 4)
Taille 0,50, entièrement noir à reflets bleu violacé, le tour du bec dénudé et d’un gris cendré ; bec et pattes noirs ; les deux sexes semblables.
Œuf de 0,044 sur 0,030, variant du vert sale au blanc bleuâtre, avec des tâches brunes, parfois très nombreuses, surtout vers le gros bout.
Cette espèce se reconnait aisément à la partie nue et farineuse qui entoure le bec; c’est un animal plutôt nuisible, s’il mange des insectes, il se nourrit aussi de graines de fruits et cause souvent des dégats importants,
Corbeau choucas — Corvus monedula (Linné) (pl 9, fig. 1)
Taille 0,38, noir partout excepté le cou et les côtés de la tête qui sont d’un gris ardoisé sombre, pas de différence dans les deux sexes.
Œuf de 0,035 sur 0,025, d’un gris verdâtre pale avec des tâches noirâtres plus voisines vers le gros bout.
Le choucas ou corbeau des clochers se nourrit d'insectes, de vers, de fruits, de graines ; l'hiveril se réunit en troupe considérable et voyage parfois ; il est très commun dans toute la France là où il y a des ruines ou des clochers inaccessibles.
Rollier — Coracias garrula (Linné) (pl. 9, fig. 10)
Taille 0,33, d'un bleu pâle verdâtre, le dos brun, le croupion bleu foncé, les épaules et le bout des ailes ainsi que la queue variés de bleu plus ou moins foncé, bec noir, pieds jaunes brun clair, iris brun noisette.
La femelle est semblable.
Œuf de 0,038 sur 0,022, d’un blanc très lisse sans tâches.
Cet oiseau est rare en France, on ne le rencontre que dans les contrées les plus méridionales, dans les coteaux très chauds et arides, ii se nourrit d’insectes, surtout de sauterelles, de cigales, et aussi de petits reptiles et batraciens, tels que grenouilles, crapauds, couleuvres, etc.
Geai — Garrulus glandarius (Linné)
Taille 0,35 environ, tête garnie en dessus de plumes longues d’un blanc sale, noire le long de la tige,
moustaches noires, dessus et dessous d’un gris vineux ; rorge blanc sale, ailes noires avec les couvertures des randes remiges rayées de noir bleu et de bleu clair.
Les femelles ressemblent aux mâles.
Bec noir, iris bleu cendré.
Œuf de 0,031 sur 0,022 d'un gris verdätre avec des tâches rousses , plus nombreuses vers le gros bout.
Il vit dans les bois et fréquente aussi volontiers le bord des
Geai plaines : il mange de tout: des fruits, des graines, des insectes, voire même desœufs desoiseaux, des petitsmammifères, desreptiles.
Le geai est méfiant autant que roué, mais pour son malheur il est curieux, dès que l’un des siens est pris ou blessé, il se met à crier tant et si fort qu'il émeut tous ses semblables qui viennent voir et tombent ainsi dans le panneau du chasseur. Pris Jeune il s’apprivoise facilement, devient même familier et apprend à répéter des airs et dire des paroles, qu’il rabache à satiété, car s’il est très défiant, il est encore plus bavard; pour établir son bilan disons aussi qu'il est économe, car il emmagasine volontiers pour les mauvais jours; sa provision se compose: principalement de glands et de châtaignes qu'il resserre dans un trou d'arbre ou de rocher; lorsqu'il croit que sa cachette est découverte ou {seulement soupçonnée il déménage son grenier,
L'hiver, souvent il émigre en troupe sans direction définie, errant un peu au hasard ; à cette époque il voyage par petites bandes et devient plus criard encore; dès qu’un change de place il crie, les autres répondent et comme ils ne savent rester un instant tranquilles, il s’ensuitqueleurs criailleries deviennent assourdissantes.
Toussenel dit de lui. « Ce décrocheur de pendus, ce massacreur d’innocents qui a bec et ongles pour se battre n’est qu’un làäche comme tous ses pareils. » Il est de fait certain que poussins, canetons, perdreaux et même levreauts et lapereaux, font trop souvent les frais de son ordinaire. S'il détruit quelques insectes au printemps ca ne doit pas lui être porté en compte, car d'autre part il prive l’agriculture de maints oisillons qui sont aussi des insectivores, c’est donc un pillard que nous dénoncons volontiers à la vindicte publique.
VTT
Pie — Pica caudala (Linné) (pl. 9, fig. 7)
Li" Mme r 2
Taille 0,50 environ, tête, dos et poitrine noirs, scapulaires et ventre blancs, ailes et queue noires à reflets métalliques verts et bleus ; les deux sexes sont