‹ OiseauxChapitre 26 sur 72 · LES MÉSANGES · texte numérisé non relu

LES MÉSANGES

Le type le plus accompli de grâce et d’agilité est, parmi les oiseaux, les mésanges. Toujours vives et alertes elles parcourent sans relâche Les troncs, les branches, grimpant, sautant, parfois la tête en bas, toujours dans les postures les plus gracieuses, elles sont à la recherche des œufs d'insectes, de chenilles, de moucherons et de larves de toutes sortes ; il n’est pas un sillon de l’écorce, une fourche de branche qui ne soit visité et où elles ne trouvent quelques bestioles à leur convenance.

Les mésanges construisent des nids très douillettement tapissés à l’intérieur, la mésange à longue queue et la

remiz y mettent de plus un art tout à fait remarquable ; elles le suspendent aux branches et lui donnent la forme d’une bourse avec un trou ou deux sur le côté vers le haut, l'ouverture de celui de la remiz est même précédé d’un tube qui forme vestibule; les autres espèces recherchent les trous des arbres, des murailles, des rochers, elles pondent généralement un grand nombre d'œufs, quelquefois jusqu’à dix-huit et vingt, aussi il faut voir le va-et-vient incessant des parents lorsqu'il s’agit au printemps de donner la béquée à un peloton d’affamés aussi nombreux, qui sont toujours le bec ouvert se disputaut à qui aura la chenille ou l’insecte apporté. Lorsqu'on pense à la quantité considérable de bêtes que les parents doivent trouver pour pourvoir pendant des semaines à la subsistance de ces petits voraces, on arrive à une multiplication formidable qui est une preuve sans conteste des services que peut rendre un couple de mésanges, aussi doit-on les protéger et favoriser leur multiplication.

L'hiver elles voyagent en petites bandes, sautant de branche en branche, voletant d’arbre en arbre mais ne se quittant pas ; elles sont d’un caractère des plus sociables et s’accoutument assez bien à la captivité ; j'ai énuméré leurs qualités, je dois parler de leurs défauts ; pour les autres espèces elles sont querelleuses et féroces, lorsqu'elles rencontrent un oiseau faible elles n’hésitent pas à l’attaquer, même s’il est plas gros et plus fort qu’elles, c'est aux yeux qu’elles s’en prennent d’abord, leur ennemi aveuglé elles lui fendent le crâne et se délectent de leur cervelle. Croirait-on trouver tant de cruauté dans un animal plein de gentillesse et qui parait l'être le plus inoffensif de la gent emplumée, aussi ne peut-on en captivité les mettre avec d’autres oiseaux,

car elles les exterminent tous les uns après les autres, maintes fois on a eu des exemples de mésanges dévorant la cervelle de cailles qu’elles avaient aveuglées.

Mésange noire — Parus aler (Linné) (pl. 10, fig. 2)

Taille 0,12, tête noire dessus avec une tâche blanche derrière, côtés blancs, gorge et poitrine noire, dos gris, ailes et queue brunes, ventre blanc sale, brun sur les côtés, la femelle est semblable toutefois le noir de la gorge et de la poitrine est moins étendu.

Œuf de 0,015 sur 0,012, d'un blanc douteux avec de petites tâches rouges pâles.

L'été elle vit dans les bois, sur les montagnes, l'hiver elie descend dans ia plaine et voyage par petites bandes ; elle place son nid dans les trous des vieux murs ou des rochers.

Mésange bleue — Parus cœruleus (Linné) (pl. 10, fig. 1)

Taille 0,12, dessus de la tête bleu entouré de blane, côtés blancs, dessus du corps vert sombre, ailes et queue bleu cendré, gorge d’un noir bleu d’où part un collier bleu foncé, ligne de même couleur traversant les yeux; ventre jaune, milieu noir.

La femelle est pareille.

Œuf de 9,016 sur 0,012, marqué de petits points bruns et de tâches rousses. :

C’est l'une des espèces les plus cruelles, gare aux oiseaux qu’elle pourra atteindre,

elle ne manquera pas de les tuer pour manger leur cervelle,

Elle niche dans les trous des vieux murs et pond de 5 à 10 œufs.

Mésange charbonnière — Parus major (Linné) (pl. 10, fig. 8)

Taille 0,15, tête noire à reflets bleus de même que la gorge et le milieu du ventre, joues blanches, dos olivâtre, ailes et queue grises, flancs jaunes ; la femelle est semblable

Œuf de 0,019 sur 0,014, d’un blanc douicux avec des petits points brun rouge, plus nombreux au gros bout.

C’est la plus répandue et la plus commune partout, elle niche dans les trous des murs, des rochers, dans les troncs d'arbres, et pond de huit à quinze œufs, quelquefois jusqu'à dix-huit,

Mesange charbonnière

Mésange huppée — Parus cristatus (Linné) (pl. 10, fig. 3)

Taille 0,12, tête blanche sur les côtés, garnie d’ure huppe de plumes noires bordées de blanc, dos brun, gorge noire, ventre blanc sale, fauve sur les côtés. La femelle est pareille, peut-être un peu plus enfumée.

Œuf de 0,015 sur 0,013, blanc avec des petites tâches brun rouge; elle niche dans les trous des arbres ou des murailles, et pond de cinq à dix œufs.

Elle parait plus répandue dans l’est de la France, où elle est sédentaire ; elle est de passage l'hiver dans les autres contrées.

Mésange nonette — Parus palustris (Linné) (pl. 10, fig. 5)

Taille 0,12, dessus de la tête noir, dos gris brun, joues blanchâtres, gorge noire, ventre blanc sale, les côtés brunâtres ; la femelle ressemble au mâle.

Œuf de 0,015 sur 0,012. blanc avec de petits points rouge brun, quelquefois confluents au gros bout.

La nonette habite les parties humides des bois, elle fait son nid dans les trous des arbres surtout des pommiers, des saules ; elle est commune partout, mais toujours en assez petit nombre.

Mésange à longue queue — Parus caudatus (Linné) (pl. 10. fig. 6)

Taille 0,155, tête, cou et poitrine blane varié de brun etde noir, dos noir au milieu, d’un roux rosé sur les côtés ; ailes noires, quelques plumes frangées de blanc, ventre blanc sale tacheté de rosé sur les côtés et les parties inférieures. Queue très étagée noire, les trois plumes latérales marquées de blanc, la femelle diffère du mâle par une bande noirâtre qui passe au-dessus des yeux et se prolonge jusqu’au dos.

Œuf de 0,013 sur 0,010, blanc avec de petits points rouge brique plus ou moins nombreux manquant parfois complètement.

L'hiver, la mésange à longue queue voyage par petites troupes, jamais l’on ne rencontre d'individus

isolés ; son nid, qu’elle place dans les buissons, est en forme de bourse, elle pond de dix à quinze œufs quelquefois plus.

Mésange à moustaches -— Parus biarmicus (Linné) (pl. 10, fig. 4)

Taille 0,17 ; mâle : tête gris cendré avec de grandes moustaches noires qui partent au-dessus des yeux, dessus d’un roux vif, ventre blanc, roux sur les flancs.

Femelle : presque uniformément rousse, sans gris sur la tête, ni de moustaches noires,

Œuf de 0,015 sur 0,012, d’un blanc rosé avec des taches et des traits rouge pâle ou brun violacé.

Cette espèce est rare en France et peu commune partout, elle habite les marais et particulièrement ceux des environs de Péronne, l'hiver elle voyage en petites bandes d’une douzaine d'individus au plus.

Mésange remiz — Parus pendulhnus (Linné) (pl. 10, fig. 7)

Taille 0,10, dessus de la tête et gorge d’un blanc plus ou moins lavé de gris, côtés noirs, dos d’un roux vif, taché de brun dans le haut ; dessous d’un gris clair roussâtre ; ailes et queue noires, les plames frangées de roux clair.

Femelle pareille, les teintes plus sombres, le dessus de la tête roux parfois comme le dos.

Œuf 0,014 sur 0,011, d’un blanc légèrement azuré.

C'est une espèce méridionale qui ne s’égare qu'aceidentellement dans le nord et le centre de la France, son nid est un modèle de construction, il est généralement

Page 1