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LES MERLES

Les merles et les grives forment une famille bien naturelle, dont tous les oiseaux qui la composent ont à

peu de chose près la même taille et surtout les mêmes mœurs, la même conformation de bec, tous sont insectivores et frugivores, préférant les baies et les fruits pulpeux aux graines sèches et dures; ils vivent dans les bosquets, les jardins, les bois, ils nichent dans les arbres et quelques-uns dans les trous des vieux murs, fort peu restent l’hiver dans les contrées froides de la France, il n’y a que le merle noir qui puisse être cité comme sédentaire, encore tous les individus de cette espèce ne le sont-ils pas, bon nombre émigrent l'hiver par bandes.

Merle noir — Turdus merula (Linné) (pl. 8, fig. 2)

Taille 0,26, mâle tout noir, le bec jaune ; femelle brun uniforme en dessus, dessous d’un brun roux tacheté, blanchâtre à la gorge, d’un roux plus vif à la poitrine.

Œuf de 0,03 sur 0,02, d'un vert bleuâtre sale avec des taches brunes ou rougeâtres.

Le merle noir fréquente les bosquets, les jardins, il vit volontiers par couples, construit son nid dans les buissons, les taillis, s’il mange quelques fruits au printemps il détruit des quantités considérables d’insectes ; ilest d’un naturel très défiant et farouche ; il supporte cependant aisément la captivité et apprend à sifller, à répéter des airs et même des paroles, mais il ne se reproduit pas en volière.

Merle à plastron — Turdus torquatus (Linn.) (pl. 8, fig. 1)

Taille 0,28, d’un brun foncé partout excepté à la poitrine qui est traversée par un large trait blanc, le

ventre a les plumes bordées de cendré blanchâtre.

La femelle est brune avec les plumes bordées de plus clair, le collier d’un blanc pâle roussâtre.

Les jeunes ont toutes les teintes plus enfumées, le collier est à peine visible.

Œuf de 0,03 sur 0,022, d’un vert sale avec des taches brunes.

Cette espèce est surtout fréquente dans l'Est de la France, on la rencontre cependant un peu partout au moment de ses migrations surtout en octobre comme le merle noir, elle mange beaucoup d'insectes au printemps, des baies et des fruits tendres plus tard, l'hiver les. fruits de sorbier font ses délices ; contrairement à ses congénères, elle niche souvent par terre au pied d’un buisson,dans un roncier bien abrité, elle est d’un naturel farouche et ne fréquente pas les jardins, mais se tient de préférence dans les endroits montagneux et solitaires ; émigre par petites familles en automne pour revenir vers la fin d'avril.

Grive musicienne — Turdus musicus (Linné) (pl. 8, fig. 4)

Taille 0,23, dessus d’un brun uniforme, dessous blanc lavé de roux clair, chaque plume marquée au bout d’une tache brune, première remige ayant à peine deux centimètres, la deuxième plus longue que la cinquième, les troisième et quatrième égales en longueur, dessous des ailes roux de rouille clair ; femelle semblable.

Œuf de 0,028 sur 0,015 d’un bleu verdâtre avec quelques points bruns vers le gros bout, parfois unicolore.

C’est la vraie grive, bien que l’on confonde souvent sous ce nom la litorne, la draine etle mauvis, c’est à

l’automne qu’on la chasse au moment de ses migrations pour se rendre dans des contrées où l'existence lui est plus facile, à cette époque elle est très grasse et devient un mets des plus délicat, ellese tient alors de préférence dans les vignes, les bosquets qui avoisinent les champs, les fruits de sorbier est un de ses régals, aussi s’en sert-on pour amorcer les places autour desquelles on dispose des collets et des gluaus ; sa gourmandise cause sa perte, elle s’empoisse les ailes et ne peut plus voler, elle s’étrangle dans les nœuds coulants de erins ; on en prend aussi des quantités considérables, c’est surtout dans les Ardennes que cette chasse destructive est ainsi pratiquée.

Grive draine — Turdus viscivorus (Linné) (pl. 8, fig. 5)

Taille 0,29, dessus brun clair, marqué de roux au bas du dos, ventre blanc roussâtre marqué de taches brunes au bout de chaque plume, triangulaires au cou, ovales au ventre.

Première remige ayant à peine vingt-cinq millimètres de long, la deuxième aussi longue que la cinquième.

La femelle ne diffère du mâle que par les teintes du dessus plus claires, celles du dessous plus rousses.

Œuf de 0,030 sur 0,021, d’un blanc gris avec des taches peu nombreuses brun roux.

C’est la plus grosse espèce de grive de nos contrées, elle habite principalement le nord de la France, c’est là qu’elle niche dans les arbres, elle se nourrit d’insectes, de vers et de fruits, et affectionne particulièrement ceux du gui; on l’accuse même de propager cette plante parasite par les graines mal digérées qu’elle répand

sur les srbres; l'automne elle voyage par petites familles et se rencontre partout.

Grive litorne — Turdus pilaris (Linné) (pl. 8, fig. 6)

Taille 0,26, dessus gris cendré uniforme à la tête et au cou, dos brun, les plumes bordées de roux, dessous roux clair à la gorge et à la poitrine, avec des taches noires au bout de chaque plume excepté au milieu de la gorge.

La femelle ne diffère que par les teintes du dessus un peu plus sombres et la gorge plus blanche.

Œuf de 0,028 sur 0,020, d’un gris verdätre avec des petites taches roux foncé.

Fréquentant assez volontiers les forêts, elle est surtout un oiseau de passage qui se répand chaque année dans presque toutes les contrées de la France ; il n’est pas rare de la rencontrer en compagnie de la mauvis et de la draine, et souvent en troupes nombreuses ; bien que sa chair soit loin de valoir celle des autres espèces, on la vend sans distinction sur les principaux marchés ; ceux qui en la mangeant la confondent avec la grive musicienne ou la mauvis, peuvent être des gourmands, mais ne passeront jamais pour des gourmets.

Grive mauvis — Turdus iliacus (Linné) (pl. 8, fig. 7)

Taille 0,22, dessus brun uniforme, large sourcil blanc sur les yeux; dessous blanc, excepté sur les flancs qui sont d’un roux vif, gorge et poitrine marquées de taches brunes, dessous des ailes d’un roux vif. Première remige n'ayant pas deux centimètres de long,

la deuxième plus longue que la cinquième. La femelle ne diffère du mâle que par la bande sourcillière plus rousse.

Œuf de 0,927 sur 0,020, pareils à ceux du merle noir.

C’est surtout à l'automne lors de ses émigrations en grandes bandes qu’on la voit fréquemment en France; sa chair est très délicate, aussi elle est recherchée sur tous les marchés. Elle fréquente les vergers, son vol est des plus rapide.

Pétrocinele de roche — Turdus saxatilis (Linné) (pl. 8, fig. 9)

Taille 0,21, tête et cou d’un bleu cendré, dos ardoisé varié de blanc, ailes et queue rousses, de même que la poitrine et le ventre.

Femelle d’un brun cendré, quelques taches blanc sale sur le dos, gorge blanche variée de brun, poitrine et ventre jaune roux avec de fines raies transversales brunes.

Œuf de 0,028 sur 0,020, d’un vert clair uniforme.

C'est une espèce essentiellement méridionale, fréquentant les montagnes, aussi ne la rencontre-t-on en France que dans les Alpes, les Pyrénées et le littoral méditerranéen, elle fait son nid dans les trous des rochers ou des vieux murs, l'hiver elle descend dans les vallons et se hasarde parfois jusqu’au milieu des grandes villes.

Pétrocinele bleu — Turdus cyaneus (Linné) (pl. 8, fig. 8)

Taille 0,23, entièrement d’un bleu cendré, les plumes de la poitrine et du ventre bordées de brun, finement liserées de blanc sale, les ailes etla queue presque

noires. La femelle a les teintes plus enfumées, la poitrine et la gorge marquées de roussâtre, les plumes du ventre plus brunes.

Œuf de 0,028 sur 0,02, d’un vert clair uniforme.

Le Pétrocincle bleu a les mêmes mœurs que l'espèce précédente, il est peut être moins frugivore, comme lui il aime à se percher sur les points isolés, mais il préfère les coins de rochers, les vieilles tours, les grands édifices, et choisit rarement les hautes branches sans feuilles qui paraissent être le poste favori du Pétrocincle de roche.

Cette espèce est aussi méridionale que la précédente.

Etourneau ou Sansonnet — Sfurnus vulgaris (Linné) (pl. 8, fig. 10)

Taille 0,23, entièrement d’un noir brillant à reflets verts et violets, les plumes terminées par une tache d’un blanc roussâtre ou d’un blanc pur ; femelle pareille.

Œuf de 0,027 sur 0,020, vert d’eau pâle sans taches.

L'Étourneau, qui vit sédentaire en France, se réunit l'hiver par bandes énormes de plusieurs milliers d'individus, il fréquente particulièrement les prairies où paissent les troupeaux, il n’est pas rare de les voir se poser sur le dos des moutons et des bœufs, il se nourrit surtout d'insectes, et trouve une abondante nourriture dans les pacages où les fientes des animaux sont criblées de boursiers et de myriades de larves et d'insectes parfaits.

Les amateurs d'oiseaux de cage le recherchent pour ses aptitudes naturelles à siffler les airs qu'on lui répète souvent, il arrive même à imiter assez bien la voix humaine, on le nourrit de pâtée composée de graines pilées

(chenevis, colza, alpistes), auxquelles on ajoute du cœur de bœuf haché ou de la viande mise en très menus morceaux ; il supporte la captivité assez aisément et arrive même à reconnaitre la personne qui le soigne et le nourrit, et devient parfois des plus familiers.

Il niche dans les trous des murailles, des arbres, des rochers, certains vieux édifices n’ont pas une cavilé sans un nid de sansonnet, à moins que ce ne soient des choucas les premiers occupants; ils habitent même le centre des grandes villes et par conséquent vont fort loin chercher leur nourriture.

Les sansonnets sont si répandus partout que c’est par centaines de mille que se traitent leurs dépouilles qui sont très employées pour faire des parures destinées aux chapeaux des dames, Paris seul recoit plus de deux millions de sansonnets chaque année pour cet usage, il est vrai de dire qu’ils viennent de beaucoup d’endroits ; on ne peut que regretter de voir les caprices de la mode provoquer la destruction d'oiseaux aussi utiles, heureusement que toutemodeest passagère ce qui laisse espérer que ces destructions ne résisterons pas aux caprices des toilettes qui n’ont qu’un temps.

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