‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 31 sur 81 · SCR LESQUELLES LE UOI POURRAIT FAIRE QUELQUES EPARGNES · texte numérisé non relu

SCR LESQUELLES LE UOI POURRAIT FAIRE QUELQUES EPARGNES

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Le grand nombre d'ennemis que la Franco a sur les bras, l'union irès-élroite qui paraît être entre eux, la résolution par eux prise et plusieurs fois réitérée de lui faire la guerre tant et si longuement qu'elle soit contrainte de subir les conditions qu'ils lui voudront imposer, les grands efforts qu'ils font de toutes parts pour y parvenir, la hauteur et l'insolence avec laquelle ils s'en sont expliqués, les négociations qu'ils entretiennent dans toutes les cours de l'Europe, len-

(1) Tome III des Oisivetés. , .

OUXTKTU. T. m. 15

ÛQld OlSIYETÉt

dantes à celte tin, les termes peu respectueux dont ils se servent pour exprimer leur haine contre la personne du roi, et l'éloignement où ils témoignent être pour la paix, marquent trop évidemment leur mauvaise volonté pour en pouvoir douter. Toutes ces dispositions soutenues d'une guerre qui a déjà duré cinq ans, accompagnée de toutes les hostilités dont elle peut être capable, doivent faire comprendre à sa majesté que c'est à elle qu'on en veut et contre qui se fait tout ce déchaînement. C'est pourquoi elle doit se le tenir pour dit, et prendre de bonnes et solides mesures pour rompre et rendre inutiles côllea de ses ennemis» et faire retomber suc eux les effets de leur mauvaise intention.

Jusqu'ici cette guerre ne s'est pas mal soutenue de notre part, et on peut dire qu'au lieu d'y perdre nous y avons gagné considérablement ; mais les guerres de durée, quelqu'heureux qu'en soient les commencements, fatiguent les Etats par les suites, et les épuisent d'hommes et d'argent, ^ spécialement quand elles sont outrées et poussées aussi vivement que le roi a fait celle-ci. Il se pourrait môme que, par . les grands efforts à quoi sa majesté serait nécessitée ciaprès, les moyens de la soutenir pourraient tellement \ s'épuiser, qu'elle serait réduite à ne le pouvoir plus faire que - faiblement par rapport au passé ; ce qui pourrait à la fin nous faire tomber dans ces cas d'impuissance tant désirés des ennemis, où ils nous attendent depuis si longtemps, comptant bien et avec raison que s'ils peuvent nous réduire à ce point, ils seront maîtres des conditions delà paix. C'est Tunique fin qu'ils se proposent et que nous devons éviter comme l'un des plus grands malheurs qui puisse arriver à ce royaume. Or, il ne me paraît pas de moyen plus essentiel pour éluder l'effet de leur mauvaise volonté que de se conduire à l'avenir par leurs pto^tQS maximes, qui sont de tirer

la guerre en longuetir; en les suivant, au lieu d'être poussés à bout, il est sûr que nous les y pousserons. La raison est que nous sommes beaucoup plus unis qu'eux , notre union plus étroite et bien plus certaine, nos mouvements plus prompts et plus faciles, nos frontières bien mieut fortifiées que les leurs, à joindre que pour peu que la guerre tire e n longueur, la mort nous fera raison de quelqu*un de leurs chefs, auquel cas les autres se désuniront, et il se pourrsf faire des paix particulièrtis par les uns, qui réduiront les* autres à la demander pour eux. D'ailleurs les actions de tant d'iniérôts diïférents ne peuvent pas demeurer si longtemps suspendues, et leurs peuples qui ne sont pas à beaucoup près si dociles que les nôtres, ne mettront guère à s'ennuyer, si une fois ils viennent à s'apercevoir que ce royaume dont on leur a fait la chute si prochaine, ne sera de longtemps réduit en ïéUKt qu'on leur a promis, et que bien loin de là les incommodités de la guerre ne feront que s'augmenter par l'interruption du commerce qui fait tout leur bonheur, ce qui leur causant du dégoût leur fera souhaiter ardemment la paix qui est le point désiré, où il faut les réduire, et auquel nous parviendrons, si prenant un parti soutenable, nous nous mettons en état de continuer la guerre avec vigueur, au lieu de leur proposer des paix qui les rendraient insolents, et qu'ils ne seraient pas d'humeur à nous accorder gratis. Pour cela, il n'y a qu'à le prendre sur un pied plus bas que du passé, et se mettre sur une défensive soutenable, nous réservant à porter de temps à autre roflfensive du côté où nous pourrons trouver nos avantages et toujours où nous serons les plus forts et les moins attendus, moyennant quoi il n'y a pas d'apparence que nous puissions succomber; et cependant il est comme infaillible qu'il arrivera du désordre de leur part, de façon ou d'autre, devant qu'il soit peu, qui

en les désunissant en amènera quelques-uns à la raison. Or, ces désordres en qui nous devons espérer ne sont point à craindre chez nous où tout est soumis et réuni sous un seul chef qui est le roi, comme chez eux où cela n*est pas de même. D'ailleurs il ne se peut que dans les affaires des confédérés, il n'y entre toujours de l'intérêt particulier des chefs, qui rarement convient au général, et c'est de là que naissent tous les contre-temps qui font que partie sont tardifs à se mettre en campagne et très-désireux de quartiers d'hiver, que les uns veulent des sièges et les autres non ; les uns des batailles, et les autres craignent l'effet des conquêtes. Tant de sentiments si différents ne paraissent pas toujours au dehors, mais ils ne se font pas moins sentir au dedans par les oppositions et contestations qui arrivent dans leur conseil où l'intérêt public n'est pas toujours ce qui fait la règle de leurs pensées non plus que de leurs avis. C'est aussi ce qui leur rompt bien des mesures, et cause le plus souvent des contradictions et retardements dans l'exécution des projets, qui les font avorter et les rendent inutiles.

On doit enfin considérer cette confédération comme une machine composée de différentes pièces mal assemblées, dont les mouvements pour être violents et trop diversifiés, ne peuvent pas longtemps subsister. C'est pourquoi il n'y a qu'à se donner patience et se mettre en état d'en soutenir les efforts quelque temps, moyennant quoi on se peut assurer de la voir bientôt tomber et se mettre en pièces d'ellemême, mais pour cet effet il faut entrer dans le ménagement des hommes et des finances et chercher les moyens d'y parvenir de la manière plus praticable et la moins à charge à l'Etat ; l'intention de ce mémoire est de proposer sur cela )e$ expédients dont je puis avoir quelques notions et tous çeux que je pourrai conjecturer être bons à quelque chose.

DE YAUBAN. 2^

Ce sera à sa majesté à faire choix de ceux qui conviendront le mieux à son service et de les proposer après à son conseil comme elle verra bon être. '

r Le premier de tous les ménagements dignes de sa majesté et qui mérite le plus son attention est celui de sa santé, souvent altérée par le travail personnel et les inquiétudes qu'elle se donne, et cela en se tenant simplement au gros des affaires et se réduisant pour tout travail à dire oui, non, faites; attendu que de ces trois mots prononcés à propos et après mûre délibération peut dépendre tout le bonheur de son Etat. C'est à ses ministres à faire le surplus et à placer chaque chose dans son lieu et sous l'aspect de son autorité^ après qu'elle en aura agréé l'ordre et le projet, tun^i, ^ Ce ménage me paraît si important que je manque de termes suffisants pour pouvoir assez représenter à sa majesté combien il est nécessaire qu'elle y fasse attention , nonseulement pour l'intérêt de sa sacrée personne, que nous devons tous considérer comme notre roi, notre père et notre bon maître, mais encore pour celui de son Etat à qui, ser Ion Dieu et les hommes, il se doit tout entier. oinoL

Le second ménage qui à mon avis doit faire Tobjet de son application, est le bien et la vie de ses sujets. Ce ménage doit conSistei^ : 1"' à? n'employer de troupes que la quantité

qui lui sera absolument nécessaire ; 2° à les bien faire sub* sister» les conserver et ne les exposer que bien à propos, et surtout ne point hasarder d'affaire générale tant que les apparences seront partagées et qu'elles ne seront pas considérées plus fortes de notre côté que de celui de Tennemi ; 3** à les bien discipliner et d'en faire faire elle-même les revues pour éviter les vexations et pilleries infinies qui se font sur les peuples, et la ruine de ses officiers ; 4" à ne plus faire faire à ses troupes ces grandes corvées d'hiver qui les ruinent, non plus que ces bombardemens inutiles, qui est une manière de guerroyer peu honorable, qui confond le sacré avec le profane et n'aboutit qu'à brûler des maisons sans /aire de mal aux hommes, qui coûtent enfin beaucoup et ruinent les pays sans aucun fruit; tels ont été ceux d'Oudenarde, Luxembourg, Liège, AlicanteetCharleroi. Ce dernier a coûté au roi plus de 500 mille livres et a achevé de ruiner l'entre-Sambre-et-Meuse, sans en avoir de rien profité, et après le siège d'une place qui nous est encore nécessaire ne se pas mettre en peine des autres, où on ne verra pas des moyens infaillibles de réussir avec plus de profit que de perte, par la raison que les sièges coûtent beaucoup en dépense réelle d'argent comptant, en hommes, en chevaux et en munitions de guerre, ce qui vide et affjaibllt considérablement les amas et les magasins de nos places. Qui compterait bien toute la dépense faite à l'occasion du siège de Namur, y trouverait plus de trois millions, compris le déchet des troupes en hommes et en chevaux.

' Introduire une manière de camper dans les armées plus savante, plus sûre et plus commode que celle qui s'observe à présent, où les troupes sont extrêmement fatiguées de bivouacs et de gardes, sans qu'une armée, pour puissante qu'elle soit, ose ^(fo de détachements considérables par la

crainte que Tennemi ne s'en prévale, au lieu que quand elle est campée sur plusieurs lignes et bien retranchée, comme cela se peut faire en faisant moins de fronts, elle pourra border ses retranchements par une ligne de bataillons » soutenue par une seconde avec peu de monde ; quoi faisant et en prenant ses précautions du côté des vivres , elle pourra se partager ou faire de gros détachements pour porter la guerre au dehors, sans jamais se commettre toute entière, ni hasarder une affaire générale que par choix et à prppos. Imiter en cela tous ces grands capitaines du passé, qui ont excellemment pratiqué cette méthode, d'où ils oui $u tirer de grands avantages, sans se faire de fausses idées de valeur mal soutenues, qui n'aboutissent qu'à nous atti«» rer des affaires imprévues, capables de tout perdre, qui nous en ont fait manquer de bonnes, et qui n'ont enfin pour londement qu'une vaine ostentation hors de saison, spécialement dans une guerre dangereuse comme celle-ci, où on ne peut guère hasarder d'affaire générale sans commettre l'Etat. Le prince d'Orange met aujourd'hui les retranchements en usage contre nous avec beaucoup d'honneur, puisque moyennant l'avantage de ses camps retranchés, il tient avec une armée de 50,000 hommes devant ime de 80,000, ruine insensiblement, couvre Louvain, Bruxelles, Liège et tous les pays du derrière, et nous fait des détachements qui incommodent nos convois, forcent nos lignes, causent do 1^ disette dans nos armées, sans compter ceux qu'il pourra nous faire ci-après. On pourrait dire que le prince Louis de Bade la pratique encore plus heureusement, puisque monseigneur, avec une armée de beaucoup plus puissante que la sienne, très-animée de sa protection et toute remplie de bonne volonté, n'a jamais pu venir à bout de Je eonibaiire Bi^de dépo^^r jlu.4igu^Ù.|^ rAîlranclié, quoique

tflté àë tet près, ét «t ec toutes te emries poBSibleB d'en vénir ftoxinaim* * -

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Ce ménage peut s'étendre fort loin en ce que dans une défensive, une armée de 20 mille hommes qui sait bien employer son terrain et se ménager par des marches bien ré» glées et des camps fortifiés» subsistera contre une de 40 inillâ^ qui ne s'en servira point. Cette conduite épargnerait beaucoup d'hommes et de chevaux au roi, parce qu'une ar< mée médiocre qui use à propos des retranchements, ayant moins de mouvements à faire, n'a pas besoin de tant de cavalerie et se remue plus aisément qu'une plus grande» subsisie mieux et plus longtemps dans* dn mftme camp» et sottfllre moins de Iktîgue que les grandes qui, n'usant pas de ces précautions, ont peine à subsister longtemps dans un même lieu, sont toujours indigentes, périssent à vue d*œil, et ne font rien ou peu de chose par rapport à leur grandeur; On ne saurait estimev les hommes et les chevaux qui Mp^dent le lotog ^uiie campagne et -se consomment dàns iës grandes anfiées par les difficultés dés fourrages et des moyens de subsister avec quelque commodité. * ' '

Ce serait encore un grand ménage pour le roi, les peuples et les uroupes que d'éviter les fréquents changements de

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garnison qui causent tant de grandes marches ei de traversées dans le royaume, pendant quoi il se fait une inlinité de petits pillages dans les routes, qui incommodent extrêmement le pays exposé à ces passages, causent une infinité de désertions, usent les souliers et les habits des soldats et font toujours de grands frais aux capitaines qui en sont ruinés.

Pour obvier à ces inconvénients, il n'y a qu'à faire les changements de garnison moins fréquents et de proche en proche, et à l'égard des troupes de campagne, régler les quartiers d'hiver au plus près des pays où on doit faire la guerre, par rapport à la force des armées qu'on y veut employer.

Par exemple, les vrais pays à quartier d'hiver pour les armées de Piémont sont, sans doute, la Savoie, la Provence, le Dauphiné et la Bresse, et au plus le Lyonnais.

• »Les pays propres aux armiées de Catalogne sont le Roussillon, le Languedoc et partie de la Haute-Guyenne.

Aux troupes qui doivent servir du côté de Fonlarabie , la Basse-Guyenne, le Béarn, le pays de Soulle, la Basse- Navarre.

Celles qui sont destinées pour les environs de la Rochelle et des entrées de la Garonne, la Saintonge, le pays d'Aunis, le Poitou et l'Angoumois.

Pour les troupes destinées à l'opposition des descentes de Bretagne et de Normandie , ces deux provinces, f Celles qui doivent former les armées de Flandre et de

01 vmmu.

Luxeipbourg, la Champagne, la Picardie, TIle-dd-FraïUN^ Ut Flandre, VAxtoU, )e Gambril»iSt H^ûiiMl «I te UrnUk

Pour celles d'Allemagne, )' Aloa^ h l4flime» la RrWNiHh

Çomté et les cvêchés. ' . r

Tout cela bien réglé et discipliné, il en réussira un grand bien pour le royaume et pour les troupes ; pour le J^^ume^ en ce qu'û sera moins pillé par les routes et yndS'fSBSiges; et pour les ttoupes, en ce qu'elles en seront moins Mgoées» leurs habita moins usés, et que les soldats auront moins d'occasions de déserter. Ceci est un article considérable de ménagement pour les trçupes et pour les peuples» d<HU tout ravaniagQ reviendra indirectement an roi.

YL

OT a ««A esnèse d*éûannniiû.à fUm sur P4tsi; nrtwni-ihi royaume, de ir^s^graiide «SQ|uéq^epc$ «1 de n*étre pas négligée , qui doit consister ; '

1" A réprimer la licence effrénée des troupes qui s'augmente tous les jours par un relâchement dq discipline qui pause de grands désordres dans tous les pays o<i.psas<)Bi(ties

de gueire. ft? exemple, rhiTOi d^ici:ta.lioiOfiMm4

fidt pour plus d'un million de désordres dans les inteildaik«v

ces de M. Desinadrys et ^c B^^npls, ^n all^Ai.et v^p^t au siège de Fumes. ' 2" iies excès qu'elles commettent .daa& J6S routeib sei|^

encore conaidéiablcsi jMirtcmt oa ^Ues pwrmUfiftt^eîl»* punément. ...

^ olGif^ dQ milice font de leur part, dans |es

M YACBÀN. 231»

lieux de leur levée, un rançonnemeni très-odieux , sous prétexte du ciioix des hommes qu'on laisse à leur discrétion et dont ils abusent, ce qui est incommode aux peuples qui ei) sont ve;îés et aux troupes réglées qui se trouvent privées des meilleurs soldats dont elles pourraient faire levée, parce qu'ils se louent aux communautés pour 10, 12, 15, j20 à 30 pisloles, ce qu'on ne peut pas leur donner dans les vieux régiments,; ; . liw

Ce n'est pas là le tout : tant que l'hiver dure, les soldais de milices qu'on renvoie chez eux s'attroupent par 5, 6, 7, 8, etc, courent et pillotent les villages, tuent les poules, les oies et prennent des moutons, se font donner à boire, de l'argent, et mille autres friponneries de cette nature qu'ils commettent avec impunité, parce qu'il n'y a point d'officier présent pour les contenir. Tout cela n'est pas comparable aux désordres que la levée des recrues pour les troupes réglées cause préseniement dans tout le royaume, où les officiers trouvant peu de gens qui veulent s'enrôler volontairement, prennent tout ce qu'ils trouvent propre à servir ou non, en levant les uns par force, rançonnant les autres, et commettent une infinité de violences qui désolent la campagne des trois ou quatre mois entiers, y causent un désapparîment de famille très-notable qui fait un tort infini et un grand préjudice au commerce, au labourage des terres, à la façon des vignes et à tous les gros ouvrages de la campagne qui detneurent, et à la garde des bestiaux, fondement essentiel de la subsistance des peuples qui, fatigués et poussés à bout par tous ces dérèglements, se découragent, périssent et diminuent considérablement, ' t On peut aisément remédier à tous ces emportements ;

1^ Par faire augmenter la ration de pain et de viande, avec un sou de plus aux troupes qui seront employées à des

expéditions dMiiver, où elles auront le froid et de grosses

fatigues à supporter pendant quelque temps; moyennant quoi , châtiant très-sévèrement les coureurs, on empêchera facilement ces désordres, parce que le prétexte du vol étant ôlé, la crainte du châtiment achèvera de contenir les plus libertins. La dépense n*en peut pas être considérable, parce que ce nombre de troupes n'est pas ordinairement grand, ni le temps de l'expédition bien long. On peut remédier au second par punir très-sévèrement les excès qui se commettent dans les routes ordinaires, et par en faire payer le dommage aux troupes qui le font. Ce devrait être l'affaire des gouverneurs, lieutenants-généraux et intendants des provinces d'y tenir la main , à peine môme d'en répondre en leur propre et privé nom. Il n'y a point de moyen plus sûr pour remédier aux défauts des milices, que de les casser tout à fait et de remplir leur vide par l'augmentation de trois compagnies par bataillon , qui aussi bien sont trop faibles à treize; et si cela ne suffit pas, augmenter les vieilles compagnies qui sont sur pied de ce qui manquera pour achever de le remplir.

Pour corriger le désordre causé par la levée des recrues, le roi n'a qu'à s'en charger et les faire faire suivant le mémoire que j'ai eu l'honneur de lui présenter, sans y rien changer, et moyennant ce que dessus on remédiera à ce qui fait présentement le plus de peine dans le royaume. Cet article seul bien observé, lui sauvera un domimage de plus de douze millions par an en pilleries, dissipations, perte de commerce, et en ouvrages qui demeurent et ne se font points à cause de l'agitation continuelle où sont les peuples par le dérèglement des troupes. • • • , .. , .

Ml TAIIBAlf.

VU

Je trouve par Textrait général de celles qui sont présentement sur pied, que le roi entrelient 310,000 hommes de pied ; supposez ce nombre complet, on eii pourrait réformer 4^000» parce qu'il suffira de 300^000 honunes bien employés pour la garde et défense du royaume en quelque temps que ce soit, et quelques ennemis qu'on pût avoir sur les bras» comme nous ferons voir ci-après; auquel cas, il n'y a qu*à réformer 24 mille Français» 12 mille Suisses et autant d'étrangers» moyennant quoi on y trouYCrait huit millions sept cent douze mille livres ci* .... . 8»71^00€iL

Les huit compagnies de cadets né serréht qu'à remplir les places d'officiers d'infanterie

et de cavalerie des plus mauvais sujets du royaume : ce sont tous gens la plupart sans naissance» d'un mérite inconnu» qui n'apportent aucun service» qui n'ont rien vu» rien

' ' À r^ter. ....... 8^712»O0OL

(1) La paye des Français ait estimée sois td^deiSiieine dëa étran^rs à 10 sols, celle des Siiisses à 14 sols» la paye des eOeien des uns et des autres et des états-majors eonfondoe daos cellè du simple soldat. Y. (Vaubao ne compte que 360 jours dans raimée.)

OISIYBTÉS

méritéy et qui ne savent au pluft que Texercice»

danser et quereller, qui ont d'ailleurs une trèsmauvaise éducation. Le roi peut bien en conserver la même quantité, mais dans les corps et répandue dans les régiments qaV servetei éh campagne » faisaAIliôhUbte fiàftùi les setdats i ' du surplus laisser la liberté aux capitaines de les choisir, et pourvu que ce soient des gentils hommes ou de leurs parents , et qull n'y en ait quedeuxparcompagnieyleur donner la paye de caporal y ce sera deux sous pour chacun d'eux qn41 en coûtera au rot âé plus qu^âu simple soldat, moyennant qiloi quand il arrivera de grandes afiGaires où il y aura perte considérable d'offîciersy on trouvera souâ la main et dans les régiments mêmes de quoi les remplacer du soir au matin (i) de gens connus et dont on ne doutera point ; et sa majesté y gagnera par

an plus de six cent ii[ûlle Uvres> leur^ officiers

(i> On Bd Murait assez tôt remplacer les officiers qui périssent dans un jour d^occasion. C'est peut-être Fane des parties de la guerre qoi méiite la phis d'attsntiaii» et à laquelle il m'a paru ^'on prend noîlii^ittrde, .... ^ /X^mi^ .

dédommagés, ci

itmfipùft. 9,312,0001.

Il y a trois compagnies de galiotes qad ne servent à rien et qu'on pent aussi réformer, moyennant quoi on épargnera pliia de. • • • IKS^OOO

Le roi, en se chargeant des recrues, peut y .

gagner 7 à 800 mille fiyreè par an, la preuve

en esi ù la tin de ce mémoiic, ci 800, OÛU

En diminuant les changeiiÀsitts de ses trou* pes et ne les faisant que de proche en proche,

sa inajesié y pourra encore gagner plus de 500 mille livres, la preuve en est aussi » U ân do ce mémoire, Sk*».*. Uif^Jif»

En supprimant les inspecteurs de cavalerie

' ' * * A f ^(er 10,667,000 1.

140 ommti

D'autre part 10^667,000 1.

et d'infanterie dont remploi me peralt nou- ?eav et peu néoessairey le roi y gagnera plus

de cent mille liviei», ci 100^000

Si sa majesté veut bien ne pas faire de reeraes poar les gaides da corps» gendarmeSy ebefau-légersy mousquetaires et oent Suisses

pendant deux ans de temps seulement, et après fixer les compagnies à ce qui leur restera, et les entretenir sur ce pied pendant la guerre, il lui en reviendra encore une épargne de plus de trois cent cinquante mille liyres par an, ci 300;

L*état du roi est chargé présentement de 9B mille chevaux, compris les troupes de sa* maisoii, la gendarmerie, -cavalerie légève et dragons, l'estime que sa majesté peut les r6>

duire à 55 mille, eu égard au pays où Ton fait la guerre présentement et à la manière dont on la peut £aire. Pour se ménager contre les grandes années sur ce pied, on peut en réfoi^

AfÊforkr. «.11,117,0001.

DE VÀUBAN. 241

D'autre part 11,117,0001.

mer 43 mille. La paye d'un cavalier est eslimée à 20 sous par jour, y compris celle des officiers, éials-majors, la remonte, l'ustensile et le fourrage ; sur ce pied la réforme de 43,000 chevaux épargnerait plus de quinze millions, ci 16,000,000

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