XIV
Disposer quelques escouades des plus honnêtes bourgeois en armes dans les carrefours et coins des rues pour chasser les pillards et. arrêter' ceux qui Tagabondent d'un lieu à rautre , sans ordre et sans oliciers» les mettre en prison ou
entre les mains du prévûi, pour en faire prompte justieCy selon les bancs qui auront été faits.
f XV,
Paire prendre les armes aux gens de guerre et les dîspo» ser à leurs postes et aux gardes ordinaires , avec défense i aucun soldtt de quitter son poste sans commandement ou
permission, sous quelque prétexte que ce puisse être , sous peine de la vie, à moins qu'il ne soit conduit ou qu'il n'ait congé par écrit de son officier.
i XVI.
Toutes dioses étant ordonnées de la sorte» et chacun instruit de longue main de ce qu'il aura à faire» si Tennemi
rait s'approcher, et manœuvrer enfin pour se mettre en état de bombarder; quand on ne pourra plus douter de son dessein, faire le signal dont on sera convenu pour éteindre dans l'instant même tous les feux de la ville» ouvrir les portes et fenêtres des maisons» et que chacun se rende à son poste et s'occupe de son fait sans bruit» attendant en silence l'ordre de ce qu'il aura à faire» sans se mettre en peine de ce qui se passera ailleurs.
DE M. OB VAUBàlf. 95
Quand l'ennemi tirera des bombes, ii faudra les observer» les suivre de loin tant qu'on pourrai et après leur chute» attendre qu'elles aient crevé; pour lors les sentinelles du
quartier où elles seront tombées reconnaîtront Tendroit pour voir si elles auront mis le feu y et la brigade détachera des gens pour l'éteindre dans l'instant même; et s'il n'y en a point, elle détournera simplemoit ce que la bombe aura pu jeter d'embarrassant dans les rues , pour en conserver l'usage libre. Continuant cette manœuvre avec exactitude et sans bruit, les bombes pourront bien endommager quelques maisons» mais peu» et on arrêtera infailliblement le feu.
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Et pour faire que les brigades se portent avec plus d'af- . fection et de diligence aux endroits où il y sera tombé des bombes, il faudra leur faire donner autant de pisloles par le propriéuire de qui elles auront sanvé la maison» qu'il y sera tombé de bombes.
Notez que les bombarderies ne prennent point les places, ne tuent personne quand on veut prendre garde à soi, et ne mettent guère le feu» que quand on en laisse d'allumé dans les maisons ou qu'on néglige 'de l'éteindre» et qu'on laisse des matières combustibles dans les maisons» et que quand on peut interposer des batteries de canon et de mortier entre le mouillage du bombardement et la place» qui approchent
9ft onnriTte
le bombardement de trois à quatre cents toises plus que la place, comme cela se peut faire au Havre; il est presque impossible qu'elles y puissent faire un effet considérable, et je suis persuadé que si cet ordre est bien observé, les ennemis
n'entreprendront la bombarderie de cette place qu'à leur grande confusion.