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A Tégard des vaisseaux qui se trouveront dans le port et dans le bassiri, je nesaispasde' meilleur expédient pour les garantir des bombes que d'y faire des trous aisés à ouvrir et fermer, et quand les apparences d'un bombardement se rendront certaines, remplir le fond de cale de fagots et faa-* cines et les couler à fond* moyennant quoi il y a lieu de croire que les bombes ne leur feront pas grand mU
DI M. O'B YAXiBàM,
gxxu.
Et parce que les mâchines infernales sont fort appréhendées par ceux qui ne les connaissent pas, et que môme elles feraient du mal si on pouvait les engager entre des vaisseaux ou les pousser entre des jetées ou contre une esuicade » il sera'bon de faire des foyers près des deux batteries plus prochaines de l'entrée du port pour y faire chauffer des boulets, dont on ne se servira que contre les machines, n'étant pas d'un plus grand effet que les autres contre les bâtiments ordinaires ; mais parce que l'usage n'est pas de pointer en tirant des lx)ulet8 rouges» nous dirons ici comment cela se peut faire.
n flEiut premièrement ajouter deux canons de 13 ou de 46 aux deux batteries plus prochaines delà jetée, parce que les pièces de ces calibres sont plus aisées à remuer que les grosses, les boulets moins pesants et plus faciles au transport et gouvernement de la tenaille; quand on aura remarqué les machines et qu'on verra l'ennemi se disposer à s'en ser^ vir, il faut allumer un grand feu de charbon, faire chauffer deux ou trois douzaines de boulets bien rouges et tenir les pièces prêtes et en état quand on voudra s'en servir, les charger à l'ordinaire et les bourrer à sec, après quoi mettre un gazon humide sur la bourre» bourrer ferme et faire passer après l'écouvillon dedans un peu humide, mais non dégouttant, mettre ensuite la pièce en batterie, et quand on verra la machine s'avancer, y présenter le boulet bien ardent qui sera conduit avec lerefouloir au fond de la pièce» et aussitôt bourré avec un gason coupé exprès ; cela fait» pointer promp-
CmmtÈS OB M. DS taqbaii.
tement et meure le feu, observant de pointer sur l'avant de la macbine» afin que le canonnier ait le temps de se retirer et de ne la pas manqaer. 11 foudra faire foire cela par de bons caoonniers bien instruits de cette manœum, pàree qu'elle serait fort dangereuse si elle était faite par des gens maladroits» qui se négligeassent tant soit peu.
MÉMOIRE
sur ks p leoneou peut eolipodre ia campa^ piocte, el k iDoyoDs p paiaissent les pk convenables pour feo^ftkda rte.
— JANVIER 1096. — €a mémoire fat préaraté et lu deax fou au roi , qui en retint copie un moi» ou deux
Quelques notions dont il est nécessaire d'être prévenu avant que deeommencer l&leeUire de ce fnémo^e.
i** Qu'on suppose une guerre défensive où Tennemi soit mattre de la campagne et plus fort que nous au moins de ÎO, 25 et 30,000 hommes. • '
T Que les camps proposés soient capables de 8, 10, 12, 14, 16 à aOyOOO hommes, plusou moins, selon les situations et les forces des ennemis et les nôtres.
3* Que pour soutenir ce camp, que nous appellerons la
(1) Noos avons dit ailleurs {fiotice sur les ingénieurs Hue deCali^), d'après uae Jettre de M. le Peletier, qoe VauiMn n'aYait pas persuadé Sa Majesté ni- ses généraux de l'utilité des camps retranchés sous les places, en considératîoD» sans doute, de Ptueenvénient d'albihlir rarmée active et de la difficulté de munir les places de la quantité de Tivres et de fourrages nécessaires pour faire subsister les garni» sons et les troupes des camps. A la fin de son mémoire, Vauban répond à ces deux objections. Les exemples de camps retranchés sous les places qui ont été occupés par des corps de troupes ne manquent point. Pour compléter rexamcn de cette question importante, nous faisons suivre le mémoire de Vauban de quelques observations sur les camps relrancbés sous les places, qui furentsuggcrées au général d'Arçon par l'occupation du camp retranché de Maubeuge en 1793.
Outrouve un entrait du mémdre de Yauban dans sonTraité de la défense des places, 3* partie, et dansl'Bssai de fortificatiott de Bousmard, î . m, lit. v , ch. vu. Augotat. •
30 oimBffi
petite armée, et le faire valoir, il est néce88âire d'une autre qui licnne la campagne, et que nous appellerons la grande armée, par rapport à celle qui sera renfermée dans le camp^ laquelle de sou côté, observant les démarches de rennemii se tiendra toujours à portée de pouvoir donner les mains de façon ou d'autre à celle du camp retranché.
4^ Que la petite armée ne se doit renfermer dans le camp que quand les pressants besoins l'y obligeront, en vue de remettre en campagne aussitôt que l'ennemi cessera de lui donner de Tombrage»
De tenir pour vérité constante que quand celui qui mt sur la défensive a une armée capable de pouvoir tenir la campagne, celui qui pousse l'offensive ne saurait faire de siège avec apparence certaine de réussir sans le concours de deux armées» dont Tune assiège et l'autre observe.
6** Que celui qui soutient la défensive doit tenir pour maxime Indubitable de ne point hasarder d'affaire générale» si rcnnemi par sa mauvaise conduite ne lui présente occasion d'en proUter, et conséquemment de ne se point mettre 9 portée» ni en état de pouvoir être obligé d'en venir à un combat» quand il n'y est pas avantageusement disposé.
TROIS GONSlDÉRATiOMS iMPORTAINT£S.
Supposé que l'ennemi fût assez fort, l'aouée où nous en* trons, pour pouvoir être maître de la campagne» la guerre que nous aurons à soutenir ne peut être que défensive; si
elle est défensive, on doit considérer trois choses^ar rapport à l'état présent des affaires du l oi : la première est la paix ; la seconde, la continuation de la guerre, et la troisième» la conduite à tenir pour que la défensive puisse en être sage et vigoureuse^
Réponse à la première*
Ùl paix étant l'objet et la fin qu'on se doit proposer pienèiui la guerre même la plus envenimée» on ne peut douter qu'elle ne soit désirable dans toutes les bonnes Girconstances
qui la doivent accompagner, et que toutes et quantes fois qu'il se présentera occasion de la faire à des conditions raisonnableSy il ne soit du service du roi et du bien de l'Etat d'y donner les mains avec toute l'attention possible.
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Réponse à la deuxième.
Mais siy par la malice de nos ennemis, elle devient si difiicile, qu'on ne la puisse obtenir qu'à des conditions onéreuses et aux dépens de l'honneur et de la sûreté de l'Etat» la continuation de la guerre est le seul parti qu'il y ait à prendre ; il est même nécessaire de la tirer en longueur jusqu'à ce que la ligue âe dissipe» soit par la mésintelligeypic^^ des chefs qui la composent» ou par la mort de quelques-uûs 'des principaux» ou par la lassitude d'une guerre infructueuse qui, faisant les affaires de quelques-uns rtiinera celles de plusieurs autres. i-,^
■ cl i\ '■ ■ iMpoMi à ia êroMm, ««^ , Pour cet eéét il parait nécessaire de |Mi fiiiro un plan dè guerre défensive qui puisse devenir offensive» selon les cas, le temps el les lieux, évitant autant que faire se pourra les .itïaires générales par terre et par mer, à moins que les apparences ne nous soient tellement favorables» qu'il n'y ait presque pas lieu de douter d'im succès heareux; en conséquence de quoi le roi doit» i*^ se faire une application pariiculière de bien munir ses places les plus exposées de la première ligne, sans négliger celles de la seconde; T de les bleu Xortitier et de les tenir toujours eu état; d'avoir extrêmement l'ceil sur ledéportement de l'ennemi» et t&cher par tons moyens de pénétrer Ms dsaseitu^ «fto d'y oQ«fi(^
Digilizeo by LiOOgle
mer les nôtres; et 4^ de faire des magasins au moins dans deux des places les plus considérables delà première ligne, tant pour pouvoir faire un siège si l'occasion s*en présentait, que pour fournir à la consommation journalière des armées et des places; remarquant cependant que le roi ne doit pas s'engager à des sièges, à moins d'y être induit par quelque cas exir.iordinaire ; attendant quoi, se réduire aux affaires particulières et empêcher tant qu'on pourra que l'ennemi ne gagne pied sur nous.
Se représenter enfin que si Tinlérêt présent de Sa Majesté doit se renfermer à l'obtention d'une paix à des conditions raisonnables, ou à tirer la guerre en longueur, celui de ses ennemis doit y être directement contraire, et que, par conséquent, ils ne doivent faire la paix qu'à des conditions avantageuses pour eux et désagréables pour nous ; et parce qu'il nous convient de tirer la guerre en longueur, il leur convient de l'abréger et de la faire avec loute la violence et la rapidité possibles, soit en recherchant et harcelant nos armées pour les combattre, ou en nous prenant des places, ou en gâtant et détruisant notre pays pour y faire subsister leurs armées et y prendre des éiablissemenis; car voilà les fins qu'ils se doivent proposer, par la raison que la ligue est une machine qui ne subsiste que par une espèce de miracle; la moindre chose peut la déconcerter : réflexion qui, bien digérée, doit les obliger par toutes sortes de raisons à chercher les moyens d'abréger. Ces considérations posées pour fondement de la guerre que nous soutenons aujourd'hui, il me parait que la première et principale attention de nos armées doit être de se ménager par rapport à celles des ennemis et de ne rien hasarder que bien à propos; de bien mesurer nos marches; se poster avantageusement, et très-souvent se retrancher pour éviter d'être forcé à com- . battre désavanlageusement. • *
2** De mettre toute leur upplication à empêcher que Tennemi ne nous prenne des places, attendu que ce lui serait autant d'établissements ; que dans une guerre défensive la reprise en est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, et que ce n'est enfin que par là qu'il peut nous faire un grand mal. Ajoutons à cela que tant que nous serons maîtres des places, nous le serons des pays qui en dépendent, n'y ayant que leur perte qui nous en puisse chasser.
3" De prévenir autant qu'il sera possible la défense des places, parce que je tiens avec beaucoup d'autres que toutes et quantes fois que l'ennemi sera en état de faire le siège d'une place avec deux armées, on peut dire cette place perdue s'il peut tant faire que de le former avec la partie de son armée qui excédera la nôtre, l'autre partie lui servant pour observer nos mouvements.
Supposons que ce cas arrive, je ne vois que les moyens suivants de sauver la place qui sera assiégée. Ces moyens sont : 4" de si bien battre l'ennemi au commencement de la campagne, qu'il soit hors d'élat de pouvoir plus rien entreprendre; 2" de le primer par arriver plus lôl que lui sous la place menacée avec toute l'armée, ou avec un détachement au moyen duquel on y puisse jeter un secours considérable; 3" de l'attaquer dans ses lignes; 4" de faire diversion en assiégeant une de ses places, et 5" de prendre les devants sur lui par des camps reiranchcs, attachés ou situés près des places pour qui Ton craint le plus, et gardés au besoin par de gros corps ou de petites armées fortes à proportion de l'espace qu'on aura pris.
Le premier de ces moyens est trop dangereux pour devoir être mis en usage, attendu que l'ennemi étant de beaucoup le plus fort, dans un temps où la perle d'une bataille pour-
OISIVETÛ DE M. DE VATiBAN. FIN DES TOM. 3 KT 5. O
34 oismcfÉs
rail avoir des suites fâcheuses^ on ne la doit basardwr que quand Iesapparen€e9 seront i>ien déclarée^pour ooin. Le demiènie me paraît impossible attenta quo si
nemi est de beaucoup le plus fort, il ne fera pas sûr de se tenir si près de lui, et il sera très-malaisé, même dangereux, de ]q primer avec i'armée^ parce qu'il lui sera facile de nous donner le change qu de noos gagner quelques j<mrn^ de marche qui lui donneront le temps d'arriver avant noua de se former devant la place, auquel cas on le trouvera posté et en état de nous combattre avec avantage. De le faire par un détachement de quelques bataillons, Tennemi le pousserait dans la place» où, l'ayant renfermé par une contrevallatton, il l'accablerait avec la garnison par le grand nombre de canons et de bombes qu'il pourrait mettre en usage, et tout ce que ce renfort pourrait produire serait d'en prolonger la défense de quelques jours> ce qui ne ferait qu'en rendre la perte plus sensible par la quantité de monde qu'il en coûterait.
Le troisième, de l'attaquer dans ses lignes après qu'elles seront faites, je n*y vois pas d'apparence, parce qu'il faudrait commencer par avoir affaire à l'armée d'observation^ qui» 86 trouvant saisie de ce qu'il y aura de postes avanta* geux dans la situation et fortifiée des secours qu'elle aura pu tirer des lignes, sera en état de se présenter à la nôtre avec des avantages si supérieurs, que luutes les apparences seraient pour eux et pas une pour nous; il y aurait d'ailleurs beaucoup de témérité de hasarder une affaire générale dom le succèsi pouvant tourner contre nous» entraînerait la perte de l'armée et de la placé en môme temps, et pourrait avoir d'autres suites encore plus fâcheuses ; de sorte que ce moyen est celui de tous qui promet le moins et qui parait le plus dangereux.
L;iyiii^ed by
M. BB TAUBàll. 'lift
Leqnatriène, ^espérer de fioavolr éSSfNiMarla perte
de la place assiégée par la prise d'une autre, en faisant diversion, je n'y vois pas d'apparence, parce que rarmée d'obseriration pourrait suivre de près la nôtre et lui donner comlKit dans sa marche ou en formant le siège, ou enfin prendre poste entre elle et les places d'où elle pourrait tirer aea vivres, et la contraindre par là à lever le siège. De sorte que tout ce qu'on peut espérer de mieux de ces deux derniers moyens est de pouvoir prolonger le siège de quelques jours, parce que l'armée d'observation vraisemblablement se renforcera dans les besoins aux dépens de l'assiégeante, qui pour lors pourra bien agir plus faiblement contre la place assiégée; mais cela ne l'empêchera pas de succomber par la suite et de tomber au pouvoir de l'ennemi.
Le diMiaiàm^JiQM^jBn^ qitt promet plus que tous les précédents, est celui d'un camp retranché sous ou à portée des places plus menaiéfc,'^ il se trouvera des situations propres. Ce camp, supposé bien clioisi, do la capacité requise, bien fortifié dans toutes les règles, sans y rien épargner, Jusqu'à le meure en état de pouvoir^ soutenir des attequeàl téi^iéea^yèWEiiiîl ttè temps cdttldéiiiible, moyen«> natit quoi, quand tt^liaHlblI dyt^llfiïgéi approchera et que l'ennemi tournera tête de ce côté, si on y jeue un corps de troupes proportionné à l'étendue de sa fortification et de l'espace qu'il occupera, dont la cin<|tiième ou sixième partie soit en cavalerie ou dragdils; dtt lÉfcèl^iqig^^ s'assurer que l'ennemi ne l'entreprendra pas, ou que, s'il l'en* ireprend, ce ne sera qu'il sa confusion ; bien entendu qu'on aura fait l'amas des vivres nécessaires dans la place, comme aussi de paille, bois et fourrages en quantité suffisante; observant, i*' défaire subsister cette petite armée en avant' tant qu'on pourra ; 3' de ne la renfermer dans le <âimp qu'à
. .. OlSIVK'itS
loule exirémilé, et 3" de ne l'y tenir qu'autant de temps qu'il sera nécessaire pour empêcher que l'ennt'mi ne l'assicge; après quoi la remettre aux champs aussitôt poui agir en avant, ou rejoindre l'armée dont elle aura été détachée.
Pour mieux faire voir le peu de succès que l'ennemi doit naturellement espérer d'un siège où l'on aurait usé de cette précaution, supposons-le d'un tiers plus fort que nous, et qu'il entreprenne le siège d'une place raisonnablement forte et bien munie, où il y aurait un camp retranché fort de 14, 15 à 18,000 hommes. Il est, 1° certain que s'il veut 8*y opiniâtrer, il sera obligé d'unir toutes ses forces à cause du camp retranché, et partant il n'y aura plus d'armée d'observation, du moins qui puisse tenir devant la nôtre.
2° Que si le retranchement n'est pas insultable, il sera obligé de l'attaquer dans les règles, et par conséquent de circonvaller et de contrevaller le camp et la place dans une même enceinte, afin de contenir les assiégés et empêcher l'effet des sorties qu'ils pourraient faire ; ce qui, d'une pari, produira un grand et long travail, et, de l'autre, des lignes dont la vaste étendue dilatera extrêmement ses forces, quelque grande et formidable que puisse être son armée, sansqu'il ose autrement affaiblir un quartier pour renforcer Tautre, ni même en faire de gros détachements pour ses convois, crainte de donner lieu à quelque entreprise par le camp retranché, ou à l'armée de secours de (ailler en pièces son détachement.
3** Que s'il faut qu'il l'attaque, ce camp n'étant point insultable, il faudra qu'il le fasse, comme nous l'avons déjà dit, par tranchées et batteries avec toutes les précautions qu'on peut observer à l'attaque des meilleures places, à cause du grand nombre des assiégés, dont vraisemblable"
OB H. M VADBAR. 37
ment les sorties serom fréquentes ei vigoureuses; d'où s'ensuivra que pour assurer la marche de la irancbée ei se disposer à un assaut» il y aura bien dçs précautions à prendre etdel^mguea discussions à faire» puisqu'il faudra a*as8urer de son chemin par quantité de places d'armes, venir à des comblements <le tossés très-difficiles, faire quantité de descentes et de larges passages de fossés, sans qu'il puisse, au bout de tout cela entrer que par les brèches qu*il sè sm fiiiteSy qui consisteraienl au plus à lîfié certaine quantité qui seront autant de défilés, fort étroits et iaeemnièdes^>srti il sera attendu, et qui seront par conséquent bordés d'un feu effroyable, partant d'un lieu où les assiégés étant bien couverts, et le tout soutenu par plusieurs lignes de bataillonsi auront tout Tavantage de leur c6té* Tout cela pouvant donc être parfiiitement vrai au pied de la lettre, comment s'imaginera-t-on que de tels camps puissent être aisément forcés. Il y a bien plutôt lieu de croire que l'armée qui les entreprendra s'y ruinera pour peu qu'elle s'y opiniâtre, vu même que le soutien de plusieurs assauts ne promet pas plus de succès que lepcemier. . h . ^ / ^ iv .
4^ Que le temps de la façon de ses lignes, celui qu'il faudra employer aux attaques du camp jusqu'à la disposition du premier assaut», ne pourra être moins de 18 à SO jours^ pendant quoi ce camp ne demeurera pas sans rien faire, et Tarmée de secours se trouvant mal tresse de la campagne» aura le temps de s'assembler, marcher et prendre posté à son choix, s'y fortifier et munir des choses nécessaires, de manière à ne pas craindre que l'ennemi l'en déposte. Il est à supposer que ce poste sera sur le chemin» ou à portée de ceux par où lui pourront venir ses vivres etmimitions, auquel cas . ooomient l'eimemi pourra-t-il subsister ? Il faut avouer que les apparences ne sont nullement pour qu'il puisse former
fil soutenir do telles entreprises, et il me paraît que c'est ne pas être au fait que d'en penser autrement.
Rendons ceci sensible par quelque exemple, et supposons l'ennemi fort de 90,000 hommes, et nous seulement de 60,000. Gela étant, il est sansdifûculté qu'il pourra faire un siège, sans que par les voies ordinaires on l'en puisse empè* cher, et cela en divisant ses forces en deux armées, dont l'une forte d'environ 30,000 hommes fera le siège, pendant que l'autre de 60,000 (et parlant égale à la nôtre) se tiendra en observation pour empêcher les secours. C'est à quoi elle parviendra aisément, puisque, étant égale en nombre d'hommes à la nôtre de secours, elle aura de plus le choix de la situation, beaucoup moins de mouvements à faire, et se fortifiera dans les besoins des renforts qu'elle pourra tirer des lignes, tous avantages qui la rendront d'un quart plus forte, voire d'un tiers, que la nôtre. '
Supposé encore que la place en question fût une grande ville, il n'y auràit qu'à la contrevaller et fortifier l'armée assiégeante de 10 à 15,000 hommes de plus, l'armée d'observation sera encore assez forte pour s'opposer à la nôtre ; parce que, se tenant à portée des lignes, elle sera toujours en état d'en tirer du secours et de faire tel usage qu'il lui plaira de la situation, soit en se retranchant ou autrement. D'où je conclus que toute place qui sera assiégée de la sorte peut se compter pour perdue, si une fois le siège en est formé. V If ^1
Voyons présentement de quelle manière on peut prévenir de tels sièges et empêcher ces places de se perdre, et sup»< posons pour cet effet les mêmes forces de part et d'autre, et même dessein delà part des ennemis, qui est de nousassié-^ ger une place. Si on le prévient par choisir et retrancher de boaae heure un camp sous cette place de la manière que nous
DB V. l^B TAOBAN. 39
le concevons, etqu'on yjettedans unbesoinun corpsdellà 15,000 hommes, un peu plus, un peu moins, S( Ion la capacité du camp, pour lors T armée de 8(^açwc^ (a'est--àHlire la nôtre) sera réduite à 45,000 hommes» ê^f^jtg^^ moins forte de moitié que celle des ennemis, ce qui doit l'obliger à bien couvrir ses marches, se camper très-avantageusement et à se retrancher avec soin dans tous les camps où elle voudra s'arrêter; mais si d'autre côté l'ennemi s'attache à vouloir assiéger la place et le camp retranché» il sera contraint de réunir ses deux armées en une, à cause dudit camp, ce qui l'obligera à des cîrconvallations doubles d^unetrls-graiide étendue, .luquel cas l'armée de secours, n'ayant plus d'empêchement, pourra prendre tel poste qu'il lui plaira et s'y retrancher. Or ce poste vraisemblablement sera appuyé sur une rivière où elle jettera plusieurs ponts dont la tête sera fortifiée, et le tout à portée des communications de l'ennemi à ses magasins, auquel cas il lui sera impossible de pouvoir subsister devant la place assiégée un assez longtemps pour la pouvoir réduire, quand même il lui arriverait de forcer le camp retranché, chose qui ione paraît en quelque façon imposdtblé, et delà ptiùt tk raison qù4l ne ie jpiiiii 4^^une armée piUësé mènër iôiid sêé Viîf^ eHéè lÀn à la fois; il lui faut de nécessité plusieurs convois. Or ces convois sont d'ordinaire escortés par des détachements de t*armée d'observation aux places où il n'y a point de camps ^. retrancbéi; màis où il y àiira un de ces camps, Tennetipljm pourra pas avoir d'armée d'observation, ou elle séra st fatm^ qu*elle ne pourra pas tenir dt:vant celle de secours, laquelle étant de \0 à 50,000 hommes, sitôt qu'elle sera postée et retranchée, quand l'ennemi lèverait le siège pour venir à ètlé, n ne lui pourrait Hen faire; de sorte que plus* on ^ j^lroilotidit iSetté iitatlère, plus on découvre que le vrai et um-
Uigiiizecl by GoogI(
40 OISIVKTF.S
que moyen de sauver les places loriiliées dans une guerre défensive consiste à les proléger par des camps retranchés ; que ce moyen-là est le seul où il y ait quelque certitude, et qu*en(in il n'y a que celui-là sur lequel on puisse compter pour quelque chose; c'est ce qui me semble bien et dûment prouvé.
Répondons présentement aux objections qu'on peut faire à cette proposition,
La première objection que l'on fait contre les camps retranchés, est qu'on se persuade que les armées en seraient considérablement affaiblies.
La deuxième, que si cette proposition avait lieu à toutes les places fortes, on donnerait dans un travail prodigieux qui causerait une dépense immense et diminuerait les armées jusqu'à l'anéantissement.
La troisième, que pour venir à bout de ces camps, l'ennemi n'aurait qu'à les bien canonner, ouvrir et culbuter, après quoi il lui serait facile de les forcer par une attaque générale, même à nombre égal; sentiment où j'ai vu quelques-uns de nos généraux, même des plus habiles.
La quatrième, qu'il serait à craindre que l'ennemi, en les surprenant, ne s'en aidât contre la place pour la circonvenir, et ne les détruisît s'ils ne lui étaient propres à rien.
Et la cinquième , qu'on les pourrait affamer, ou faire périr par la disette des vivres et fourrages. Voilà tout ce que j'ai pu ramasser contre eux qui valût la peine d'un éclaircissement.
On répond à la première objection que cette diminution d'armée qui peut être causée par les camps retranchés n'est pas véritable, ou du moins pas si grande, à beaucoup près, qu'on se la 6gure, puisqu'il ne s'agit que de garnir un seul camp retranché à la fois ou deux au plus, étant sûr que l'en-
ItE M. DB VAUBAN. 41
nemi ircn peut en i reprendre qu'un dans le même temps; à quoi il faut qu'il se réduise et qu'il se détermine au plus tôt pour celui sur lequel il aura formé son dessein, ou qu'il l'a*^ bandonne s'il voit n'y pouvoir réussir; auquel cas celui qui ne sera point attaqué pourra incessamment rejoindre ou agir selon les ordres du général; car voilà comme on Tentend.*' Mais quand il n'y aura point de camps retranchés, les détachements que l'on fera en faveur des places menacées ne seront guère moindres que ceux que l'on demande pour ces camps retranchés, et ne produiront pas à beaucoup près la même sûreté pour cette place, ni le même repos pour le général ; à joindre que la garnison pourrait faire partie du nombre d'hommes nécessaire à un camp retranché; il s'en faudra bien que ces détachements soient aussi gros qu'on se le figure. Et il est à remarquer qu'on n'en propose qu'un ou au plus deux à la fois de la grande armée; encore ne serace que pour très-peu de temps chacun, vu qu'à mesure qu'il en rentrera un dans le camp, on en pourra faire sortir un autre selon les besoins ; que ces détachements ne sont pas pour être fixes, ni longtemps séparés de l'armée, mais pour les faire rejoindre aussitôt qu'ils ne seront plus nécessaires aux lieux où on les aura envoyés, ou agir en avant comme on le jugera à propos, et qu'enfin on pourra suppléer à leur vide par porter l'armée en des lieux sûrs, ou la retrancher pendant leurabsence. Ainsi ce n'est point un anéantissement des armées, ni un affaiblissement qui la puisse mettre en danger en prenant les précautions nécessaires.
On répond à la deuxième objection, que l'on n'a pas eu intention de proposer des camps retranchés sous toutes les places de la frontière, comme quelques-uns se l'imaginent; bien éloigné de cela, on n'a pensé qu'à celles qui sont le plus exposées, et qui sont comme les têtes du pays : bien
M ' ' ÔtStVI^tÉS
entendu que si, par les suites, il arrivaitque l'ennemi en prît quelqu'une, je serais d'avis pour lors d'en faire sous celles qui remplaceraient leur vide ou qui tiendraient lieu des plus avancées , et môme de prévenir ce temps- là par en faire ^» quelques-uns sous les places plus exposées de la seconde ligne; ce qui n'irait pas à un travail infini, ni à une dépense immense, puisque je suis persuadé qu'un camp retranché, comme je l'entends, ne coûterait guère plus qu'un bon oul vrage à corne bâti dans les règles, et tout au plus un ouvrage couronné. <
On répond à la troisième objection, que l'on suppose la situation de ces camps choisie entre les meilleures qui se trouvent aux environs des places, qui ne soient pas commandées, mais fortifiées à preuve du canon, fraisées, palissadées et environnées d'un fossé profond, le tout bien précautionné par des traverses à preuve le long du parapet, et par des épaulements à la tête des camps, auquel cas je ne vois pas quel grand mal le canon ennemi y pourrait faire, ni de quelle manière il y pourrait faire assez de brèches pour faciliter son instilte, puisque les parapets en doivent être à preuve du canon, la fraise cachée de manière à n'en pouvoir être vue, et tout le corps du retranchement si enterré, que ce même canon aurait beaucoup de peine à pincer deux ou trois pieds du sommet de ces parapets, loin d'y pouvoir faire des brèches en peu de temps. Ceci étant un fait de fortification, dônt le mérite et la force me doivent être connus par la longue expérience que j'en ai, je pourrais prétendre, avec raison et sans m'en trop faire accroire, à un peu de confiance à cet égard; mais en tout cas on pourra juger par le profil inséré à la fin dé ce mémoire si ce qu'on avance est soutenable ou non.
On répohd à la quatrième , que la plus grande partie de
DE M. DE VAtJBAN. 4^
ces camps seraient trop près des places pour que l'ennetni s'en pût servir pour aider à les opprimer, et quand ils en seraient assez éloignés pour cela, la partie qui pourrait lui être propre (car ce ne peut jamais être le tout), ne pouvant faire que la septième, huitième ou neuvième partie du circuit des lignes, le mal qui en pourrait arriver serait peu considérable par rapport à son utilité. De les surprendre à dessein de les raser, ou de nous prévenir en s'en emparant les premiers, le premier de ces deux cas ne mérite pas une telle entreprise, parce qu'il faudrait être fort et y employer bien du temps, pendant quoi on aurait celui de s'assembler et de lui tomber dessus avant qu'il eût pu, à beaucoup près, achever le rasement, outre que ce retranchement serait toujours facile à relever. Pour le deuxième, j'avoue que suivant que les situations seront éloignées des places, celui-ci mérite attention; car il serait non-seulement très-fâcheux d'être prévenu, mais ce serait un moyen sûr pour la possibilité du siège. Ce défaut, qui est le seul que j'y trouve, ne sera pas sans remède, 4" si on tient les garnisons des placei menacées, toujours fortes ainsi que de raison, puisqu'elles doivent être des plus avancées ; 2° si les garnisons des places voisines le sont pareillement ; 3" si on a l'œil sur la conduite des ennemis, et que l'on soit bien instruit de leurs mouvsr menis; et 4° si l'on a toujours une certaine quantité de redoutes gardées en tout temps, qui soient bonnes et non insultables, et que de la place on y puisse jeter quelque renfort quand on verra l'ennemi so disposer à quelque chosei en attendant que les places voisines y puissent envoyer les secours qui leur seront ordonnés. D'ailleurs les ennemis n'ont pas toujours des corps assemblés, en état d'entreprendre, ni ne sont pas toujours prêts pour des sièges, et les saisons n'y sont pas toujours propres. Quand les armées se-
ront en campagne, ce sera TafTaire de celle qui en sera chargée de prendre garde que l'ennemi ne lui joue de pareils lours, en se tenant toujours les plus près, ou en renforçant les gardes ordinaires de ces camps, quand il y aura nécessité de cela. Au surplus j'estime que celle garde ordinaire se doit à peu près faire comme celle des lignes, mais avec des redoutes à preuve plus fortes et mieux précautionnées, et capables d'un renfort de 150 ou 200 hommes au besoin.
Quant à la cinquième objection, il sera aisé d'y satisfaire, en disant qu'on doit supposer que quand on prendra le parti de faire des camps retranchés , il est à présumer qu'on aura soin de mettre dans les places auxquelles ils seront attachés les vivres et fourrages nécessaires, et même les au 1res munitions en sulTisantc quantité. J'ajoute enBn à ce que dessus que quiconque se voudra bien donner le loisir d'examiner à fond le contenu de ce mémoire, avec les plans et profils ci-joints, trouvera, après y avoir bien fait réflexion, qu'on n'y saurait faire d'objection qui ne soit faible ou du moins aisée à réfuter.
Qualités nécessaires aux situations des camps retranchés sous
les places.
Pour qu'une situation soit propre et convenable, elle doit avoir toutes les propriétés suivantes :
i°Que l'air y soit bon, sain, et qu'il y ait auprès de bonnes eaux à boire.
2*^ La situation supérieure ou du moins égale à tout ce qui l'environne.
3«» L'espace suffisant pour pouvoir contenir à l'aise toutes
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les troupes qu'on y voudra raettro ei celles même qui pourraient y survenir de renfort.
4** Uu'il puisse être avantagéde la difficulté des accès dans une (prande partie de son circuit. Ces difficultés pour l'ordinaire consistent en défilés, chemins étroits, fossés, racines» ruisseaux, rivières, pays serrés et coupés de bois, broussailles* marais, inondations, escarpements, pentes raides et difficiles» et généralement toui ce qui peut faire empècbo* ment, rompre un ordre deiMUillCy retarder une marche, etc.
5** Qtt*on en puisse appuyer la droite» ou la gauche, ou le derrière sur la ville qu'on yent protéger, en sorte qu'elle en puisse couvrir uo des flancs ou quelque autre partie considérable.
6** Que l'ennemi ne puisse se mettre enuedeux* 7^ Que les accès des attaques les plus nuirquées soient réduits, autant que foire se pourra, à un front égal ou pluspetit
que l'un de ceux du camp.
8^ Que ce retranchement soit tellement disposé et couvert de parapets, traverses et épaulements à preuve du canon, que les défenses n'en puissent être enfilées, ni les ratranchements battus è revers.
9" Qu'on n'y souffre point d'ordures, mais que tout y soit propre et toujours net, renouvelant souvent les latrines, et ayant bien soin de faird enterrer les immondices et bêtes mortes loin du camp et fort avant dans terre, et prendre garde que les bouchers ne fassent pas leur tuerie trop près*
10^ Qu'on puisse tirer des vivres de la place même, ou de quelque endroit où l'ennemi ne les puisse ôter.
11" Bien assurer les marches et communications aux places voisines, aiin d'en pouvoir tirer les commodités nécessaires.
iT Que le camp soit très-bien fortifié, non par des retran-
chements négligés qui couvrent à deini*corps, mais par de bons parapets élevés à trois banquettes, épais de 9, 42, 45 à 18 pieds au sommet, selon qu'ils seront plus ou moins exposés; environnés de bons fossés, fraisés et palissadés et surtout bien flanqués, avec des batteries gabionnées, disposées de sorte qu'elles aient toutes leurs vues et découvertes libres et bien tournées sur tous les environs, spécialement sur les principales avenues. ^
13" Que tous les abords soient parfaitement soumis aux vues et découvertes du canon, tout aussi loin que sa portée se pourra étendre. • ' ^
Comme ces camps sont d'ordinaire peu spacieux , les corps commis à leur défense ne doivent ètreque de 8, 9, 10, 12, à 14,000 hommes; rarement les doit-on faire plus forts, et souvent plus faibles. On y doit employer très-peu de cavalerie, parce qu'elle n'y est nécessaire que pour les convois et pour aller en partis; lorsqu'ils seront établis, il y faut apporter beaucoup d'ordre et de propreté. Le bon ordre consiste à y faire trouver tout le nécessaire à la subsistance des troupes à juste prix, et empêcher les soldats de courir, et à leur faire distribuer les vivres, le bois et le fourrage, par rations, sans leur permettre d'en aller chercher ailleurs, pour quelque cause et occasion que ce puisse être. Ces camps doivent être policés comme des places fortes, et gardes tant que la guerre durera, non toujours par de grands corps, mais par des gardes proportionnées aux lomps et aux besoins qu'on en pourra avoir, remarquant quo les ordinaires n'y sont nécessaires que pour conserver les fortitlcations en leur entier, empêcher qu'on ne les gâte, et pour y tenir les bestiaux et convois en sûreté.
Un tnot d'avis sur les camp$t qui pourra avoir de r^xtemion.
Accoutumer les officiers généraux et autres à camper sous les tentes et à ne point se servir des maisons qui ne soient dans Tencloe du camp, et de cela s*en foire une maxime
très-constante.