‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 61 sur 81 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

Moyen .Ae rétablir nos colonies de l'Amérique et de les accroître en peu de temps. (i^8 avril 1G*j9.) •

Les colonies ont autrefois fait la plus noble occupation des premiers hommes ; ce sont elles qui ont donné Tétre et le commencement aux plus grandes monarchies de ce monde ; il ne s'est peuplé que par ellesi et sans leur secours» la terre aurait mis bien plus longtemps à se remplir d'habitants qu'elle n^a fait.

(1) Nptre situation actaelic dans l'Algérie donne » au mémoirè du maréchal de Yauban sur le moyen de rétablir. nos colonies * d!Amérique en i609, un intérêt particulier facile à apprécier. Le

11103'cn qu'il propose coiisislc dans rélablissemenl de colons inilituircs. Les temps soiil bien clurigés depuis 1699» le Canadii et llA^lgcrie sont deux pays difféieiils; néaumoins dons sommest per- ..

OISIVETÉS «£ VA UBAK. T* IV,^ ' l -

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M» de trois Mpéces.

Parmi le grand nombre qui se sont établies dans le monde, j'en remarque de trois espèces que nous distinguerons par eofomei forcées^ eohmes de- hasard colonie$ de rm&n* Les premièra et les plus anciennes de tontes ènt été sans doute

suadé qde U lecture do mémoire de l'illustre ingénieur petit faire naître des Idées utiles» sur la matière 4[u'il traité et applicables

une autre contrée.

Ce mémoire, dont iiuns devons la communication à M* Ana-

tble de Culîgny, est le premier des cîih[ mémoires qui composent le-tome lY des Oisiveti^ du maréchal de Yauban. Gê volume 'précieux est aujourd'hui la. propriété de M"* lal>aAmne Haxo, Sur l'indication d'un officier supérieur de son arme , le général racheta, peu de temps nvunt sî> mort, de M. Lidjorde, ancien eutreprooeur des travaux du roi aux fortifications ei barre à Bayonne. Il est. permis df compter an nombre des -r^reta qu'a ^eilésla mort de M. |e général Haxo, la privaflon dfe.l'ouvrage.

afuk entrepris sur Us travaux du maréchal de Yauban , dont il était un des plna dignes suceessetirs. Maïheureosement il ■

laissé que des maicriaux, «t l'œuvre est di|Ucile et deioo|;ue baleine.

^ NovadoTona pvéveBÎr'nos lectears» en terminant cet avertisse- MUty que le'troisidme mémoire des six qui ont d^à été publiés n'est pas du maréchal deVauban. Il contient la seconde défense

-de Landau par les troupes françaises. Les lecteurs n'ont pu y être

iropipés.; iMiUs eu faisons Umtefois la rrmaj'que*

. . . J. GoaaKAao.

. • DE VAliOAia.. . • * . 3

\es forcées, rellos-ci furent composées de gens que lescrimes . ou les mauvais Iraitements de leurs concitoyens obligèrent à la fuite. C'est ainsi que Gain, ayant tué Abel, s'enfuit et s'en alla habiter une terre étrangère loin de la vue de ses père el mère; c'est ainsi qu'Assur, chassé par Nemrod de Babylone * où il avait commencé à s'établir, s'en alla bâtir Ni ni ve^ c'est encore ainsi qu'Enée, fuyant le sac de Troie, auiiuel il avait . peut-être contribué, vint habiter en Italie et bAlir Lavinium, et que Didon , fuyant la persécution de son frère, qui avait déjà tué son mari , alla s'élablir en Afrique où elle bâtit Carthage. Plusieurs milliers d'autres, pour de pareilles et semblables causes , ont quitté les pays de leur naissance pour se dérober à la vengeance de leurs persécuteurs ou de ceux qu'ils avaient offensés, en cherchant des demeures qui, par leur éloignement^ pussent les mettre à couvert de leurs ressentiments C'est, à mon avis, ce qui a produit les premières peuplades détachées du ç^ros des hommes, qui ont été d'autant plus faciles, que la plus grande partie de la terre habitable était encore vide , l'occupation ne leur en fut que peu ou point disputée.

Les colonies de hasard ne sont arrivées qu'après l'inven-. lion de la navi{?ation; les tempêtes et les égarements de la mer ayant causé une infinité de naufrages dans le monde, tous les hommes à qui ces malheurs arrivèrent ne périrent pas, il s'en sauva plusieurs, et parmi ceux qui en réchappèrent , il y en eut où il se trouva des femmes qui ont donné lieu à plusieurs peuplades. Il y algrande apparence que plusieurs îlas ont été habitées de la sorte , et que les premiers peuples de l'Amérique y ont été transportés de celte façon. Il n'est pas impossible aussi qu'il n'y en soit passé beaucoup des parties septentrionales «le la Tartarie , que l'on croit en approcher assez près, et dont les peuples, aa dire des^ rela-

tioàs plus moderiies , • qui ressemblenl beaucoup à ceux de rAmérique, vont souvent pêcher à rcmboïîchnre des gran* des rivières qui se jettent dans la mér du Nord , qui sont fort

poissonneuses , où ils campent et baraquent sur les glaces, lesquelles, venant quelquefois à se rompre et déUu'lier par les tempêtes, emportent des CamiUes entières jusque sur ics . côtes plus prochaines dé rÂmôriqae; • . ; " ' - ^

Il y a beaucoup d'apparence que plusieurs de ces habitants y ont été jetés malgré eux par ces accidents-, une raison qui me persuade ceci,, outre la proximité des terres , sont de grands ônrs blancs, très-maigres, qui abordent quBiquefois sur des pièces dé glace , dans les parties septentrionales de rAmérique où ils ne sont pas naturels, au lieu qu'it s'en trouve assez communément dans les côtes du. Grocaland, de Norwége est de Novazembla. . * : . /

La troisième espèce de coloniés , que J'apl^eHe^da ration; sont celles qui ont été faites par délibération dé conseil, soit par les princes souverains, par les républiques ou par des particuliers asspciés. Celles-ci ont été faites à plusieurs finsj les unes poiir^e. décbârger d'une partie de leurs peuples, quand les pays ne pouvaient plus les nourrir, les autres par ambition ou désir de s'accroître, comme les Phéniciens efc» les Égyptiens qui en transportèrent autrefois plusieurs en Grèce et sur les côtes d'Afrique. Les Grecs , par l'établissc- .melit des Ioniens en Asie, et par quantité d'autres en Afrique et en Europe, nétammenten Italie, les Phocéens, quand ils bâtirent MarseiHe, le firent pour se décharger d'une partie de leurs peuples , leur pays ne pouvant plus les nourrir. Les autres l'ont fait pour occuper des pays mal babités par des nations barbares, ou pour tenir en bride des peuples UPjJi.'; Yelleupieni cobquiSf et dont ils ayaient-sujetde se dciiejf^-,;^

DE VAUBAÎT. ' • 5

Les Pli(>nicienA ot les Ép^yptiens mo paraissent avoir ét(^ les premiers inventeurs de celles qui se sont faites par détibéralion de conseil , ce qui a été depuis fort en usage chez les Grecs ellesUomains, qui s*en sont servi très utilement, * et chez toutes les nations civilisées de l'antiquité , les uns d'une façon et les autres de l'autre; mais tous pour s'assurei* de la domination des pays nouvellement conquis ou occupés, où ils faisaient ces établissements, qui ont depuis, et . en assez peu de temps, produit un très grand nombre de.belles villes , parmi lesquelles il s'en est trouvé plusieursqui sont devenues capitales de très grands États. Cette méthode, qui a été comme assoupie près de mille ans , c'est-àdire depuis le bas empire jusque vers l'an 1400 de notre salut , s'est fort renouvelée depuis la découverte des Indes orientales et occidentales, par les Espagnols, Portugais, Français et Anglais qui ont rempli une grande partie de l'Amérique et des Indes, de colonies, mais d'une manière . bien diiïérente des anciens ; d'autant plus que ces dernièresont toutes été commencées avec peu de monde , manquant la plupart du nécessaire, et plutôt en vue de profiter des richesses des pays que par dessein de les peupler ; ce qu il y a môme de remarquable dans les modernes, est que la . plus grande partie ont été entreprises par des particuliers qui ont jeté les fondements de celles que nous voyons aujourd'hui qui auraient incomparablement mieux réussi si elles avaient été fondées par les rois après mûre délibéralion de conseil ; parce que les particuliers n'ont ni la force , ni l'autorité nécessaire à pouvoir soutenir de pareils établissements, qui, dans les commencements, sont toujours petits, périlleux, pénibles, de beaucoup de dépense et souvent ingrats, ce qui a fait que la plupart de celles qui ne sont pas péries, languissent et n'ont pu se lever comme elles auraient'

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