‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 7 sur 81 · C. ... •,■«. •••i l'j • l'ennemi se pour · texte numérisé non relu

C. ... •,■«. •••i l'j • l'ennemi se pour

est pourquoi il serait a mon avis de la prudence du roi r. mettre à por.

d*y pourvoir de bonne heure, et de prendre les précautions \^^qJ^!"\

qui pourraient la mettre à couvert d'une si épouvantable p^^8j'[;j^*«^j

chute. • * ' • . • . :y ' .. , , -, .. Mpîule d'un

Etat , qu'elle

J'avoue que le zèle de la patrie, et la forte inclination quej^^^^'Jjj* j'ai eue toute ma vie pour le service du roi, et le bien de TE-^**** tat, m'y a fait souvent songer; mais il ne m'a point paru de jour propre à faire de pareilles ouvertures par le grand nombre d'ouvrages plus pressés qui ont occupé le roi tant sur la frontière, qui a toujours remué depuis vingt^deux ans en çà, que par les bâtiments royaux qu'il a fait faire, et par le peu de disposition où il m'a paru que l'esprit de son conseil était pour une entreprise de cette nature, qui sans doute aurait semblé à plusieurs contraire au repos de l'Etat, et à tous d'une très-longue et difficile exécution, quoique le roi ait ^ entrepris et fait des choses qui la surpassent très-considérablement; joint que la prospérité de la France depuis vingtcinq à trente ans avait si fort éloigné toutes les réflexions

qui auraient pu donner des vues de cecôlé là, qu'il n'y avait nulle apparence de croire qu'une telle proposition dût être écoutée: cependant, cette pensée qui dans le commencement ne m'a passé que fort légèrement dans l'esprit, s'y est présentée si souvent qu'à la fin elle y a fait impression , et m'a paru digne d'une très-sérieuse attention ; mais n'osant la proposer à cause de sa nouveauté, j'ai cru du moins la devoir écrire, espérant qu'il se trouvera un jour quelque personne autorisée, qui lisant ce mémoire, y pourra faire réflexion ; et que, poussé par la tendresse naturelle, que tout homme de bien doit avoir pour sa patrie, il en parlera, et peut-être en proposera-l-il l'exécution, qui bien que difficile et de grande dépense ne serait nullement impossible étant bien conduite. *' Après y avoir donc bien pensé, et cherché tous les moyens à tenir pour pouvoir mettre cette grande ville dans une sûreté parfaite contre tous les accidents de guerre qui pourraient la menacer, je n'ai trouvé que l'expédient qui suit, de bien raisonnable : il est simple et fort cher à la vérité, mais très-assuré, ainsi qu'on le verra ci-après; sur quoi il est à remarquer : premièrement que je n'ai nul égard aux surprises ni aux intelligences particulières, cette ville étant trop peuplée pour que l'on puisse rien entreprendre contre elle sans faire de gros mouvements de troupes qui découvriraient tout, joint que ce que j'ai à proposer est directement opposé à toutes les mauvaises subtilités que l'on pourrait mettre en pratique à cet égard; et secondement, que je ne prétends mettre en avant que ce qui est nécessaire contre la bombarderie, les sièges réglés, et les blocus, qui sont les seuls moyens qui paraissent capables do la pouvoir réduire. Venons au fait.

Réparer les défectuosités de ce qui reste de sa Tîeille enceinte, et achever sa réforme telle qu'elle a été réglée en dernier lieu» revêtir ce qai ne Pesi pas encore, et élever tout son revêtement de 36 à 40 pieds au-dessus du fond de

fossé, la faire tlanquer simplement par ses vieux bastions et grosses tours, telles qu'elles se trouveront sur pied, sinon en faire de nouvelles aux endroits où il en manquera» et les espacer de six vingts toises Tune de Tautre.

Bien et proprement terrasser ladite enceinte; la rendra

capable de porter un parapel à épreuve du canon, et enviroiuiêr le tout d'un fossé de dix à douze toises de large, profond de dix-huit à vingt pieds réduits avec ses bords revêtus s'il est possible : plus la prolonger de part et d'autre en tra« vers de la Seine au-dessus et au-dessous de Paris, y bâtissant autant d'arches qu'il en sera nécessaire au passage des eaux, faire des ponts sur le derrière, et des bâtiments sur le devant de ces mêmes arches» pour y mettre à couvert les herses avec les tours servant à leur levée ; observant du surplus de raser tous les bêtiments des feubourgs qui approcheront plus prèi de vingi à trente toises de cette enceinte.

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ftO OISIVETÉS

Au lieu des portes d'à présent qui ne ferment point» ou qui le font trèa-mal, y en faire de nouvelles à deux ou trois lértnetureB, non compris les orgues. Plus des corps de garde

hauts et bas, grands et spacieux, et des ponls dormants coupés de ponts-levis avec des barrières à la tète.

Cette première enceinte étant mise en sa perfection» en •Jrf uJ^il faire une seconde (1) à la très-grande portée du canon de la cëûe 'ci. " ^" première, c'est-à-dire à mille ou douze cents toises de distance, occupant touios les liauleurs convenables, ou qui peuvent avoir commandement sur la ville comme celles de Believilie, de Montmartre, Ghailiot» faubourg Saint-^acques, Saint«Victor» et toutes lesautres qai pourraient lui convenir.

Bastlonner ladite enceinte, ou l'armer dé tours bastion-

«écs, la très-bien revêtir et terrasser, et lui faire un fossé de dix;*huit à vingt pieds de profondeur sur dix à douze toises de largeuTi revêtu de maçonnerie.

Faiie Unîtes les fiortes péoessiiîrfig par itpfort à celte de la ville» avec leurs corps de garde, deyaot lesquelles portes

il faudrait faire des demi-lunes aussi revêtues de même que partout ailleurs où il en serait besoin, les environnant de fossés approfondis el revêtus coauue ceux de la place.

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Faire aussi des oonireigardes àl'estour des tours besiioii*

nées, ei on les préfère aux bastions, comme les figurées ciaprès revùlucs jusqu a iiauteur du parapet du chemin couvert, et le surplus de leur élévation de terre gazonnée ou plaquée, ol)servant toutes les façons nécessaires à ces rea^ pwnseiclimws converti^ et de donner à ces derniers au inoins six toiaes de large en considération des assemblées qui s'y feront pour les sorties. Ou pourrait après planter tout le terre-plein et les talus des remparts, d'ormes et autres Jaois particulièrement d^stijiiés aux besoins de cette foriiiica* tion, sans jamais permettre qu'il en fat coupé peurautii usage que pour le canon^ les palissades et fascines.

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9t6knij» MiteeMMiBCeeclaemiibiiieraitiAvenaote

mière comme la première, afin d'éviter le d^Iaut par lequel Cynia prit Babykme.

£t parée qu'âne ville delà griadôQr de Paria, lortifiéo de cette feçon» pourraitdeveBîrfoniiidaUe^iiiAaieàaoni^ iTil n*y était pourvu, fmn âtux eUMIei à cinq baatioiia chacune dans la deuxième enceinte ; savoir l'une sur le bord de la Seine au-dessus de la ville, et l'autre au-dessous dans l'endroit le plus propre; l'une tenant un bord de la rivière d'im c6té^ et l'autre de l'autre, toutes deux très4)ien revêtues, èt accompagnées de tous les dehors convenaUes, comme aussi de tous les magasins, arsenaux, souterrains et autres bâtiments nécessaires; on pourrait même i^outer encore un réduit ou deux dans les endroits de la mémeeuGeiato les plua éloignés des citadelles^ s'il m était besoin : cesplaciu bâties à profit et splendidement sans rien épargner qui pftt faire tort à leur solidité par les suites, bien garnies de canon, d'une douzaine ou deux de mortiers chacune, et de quatorze eu quinae mille bombes avec toutea les poudres et munitieas nécessaires; il ne fiMukait pas craindre que Paris eepettftl lamais à rien qui pût Uesser son devoir.

Mais comme ce ne serait pas suffisamment pourvoir à la sûreté de cette grande ville que d'y faire beaucoup de fortifications sans la garnir à même temps des munitions (lô guerre et débouche néceesairee» il y faudrait bâtir des magasins à poudre capables d'en contenir au moins diz-buit cents milliers on deux millions; des arsenaux pour toutes les antres sortes de munitions de guerre nécessaires, et des caves et magasins à blé en suffisante quantité; ces derniers pour pouvoir contenir deux millions et plus de setiers de blé, des légumes et des avoines à proportion; cequi sepoortait fo» dlement faire peu à peu en prenant la temps que les blés sont à bon marché.

Ces précautions seraient d'autant plus utiles que dans les obères années, le peuple à qui Von pourrait vendre do ces giains à un prix modiqHS s'en troaverait sonlagét et qu'aux environs de Pariaàqumnie Uenes à la ronde, et le long des

rivières navigables, les blés s'y vendraient toujours à un prix raisonnable dans le temps que la grande abondance les fait donner à vil prix, à cause des remplscements à faire daii»^

leurs maîtres qnipefteientinoittssQrtleufsfiBriBee, et le pauvre peuple serait toujours soulagé dans ses misèrcis. i*SB

dit deux minions de setiers de blé et plus, parce que je suppose que , dans un icmps de siège , la bourgeoisie de Paris, jointe à ceux qui s'y réfugieraient des environs, et aux troupes renfermées enire la première et la seconde enceinte, pourraient bien faire le nombre de sept à Iiuit cent mille âmes, auquel cas il leur faudrait pour une année, aux environs de deux millions cent mille setiers de blé, parce que chaque personne en consomme près de trois setiers par an pour sa nourriture; outre cette quantité dont il est bon d*Circ assuré, on pourrait faire publier par une ordonnance que quiconque voudrait se réfugier à Paris, eût à y apporter une certaine quantité de grains et d'avoines, et toutes les autres ' victuailles qui pourraient tomber sous la main; y faire amas de tous les bœufs, moutons, chairs fraîches et salées, volailles, fromages, légumes de toutes sortes, etc., qui se pourront trouver. ^

Faire garnir les ports de tous les bois de moule que l*on y pourrait faire descendre, ce qui serait fort aisé, et y amasser beaucoup d'avoines et de foin pour la cavalerie, paille hachée et non hachée. Plus quantité de vin, d'eau-de-vie , d'orge et houblon pour faire de la bière; du sel en quantité suffisante pour l'usage ordinaire, et pour les salaisons et généralement tout ce que l'on pourrait avoir besoin, et imaginer capable de pouvoir faire subsister cette grande multitude un an durant, et surtout avertir de bonne heure les chefs de familles et gens aisés de se fournir de moulins à bras, de fours, de blés, et de gouverner sagement leurs pro-

visions pen4ant uq siège, uq les consommant ^ufi très à propoSf

ZIU.

Gela une fois établi et la place munie de dix-huit cents |i deux millions de poudrci quatre cents pièces de canon, dç soixante à quatre-vingt mille mousquets et fusils dans les

ma^iasins, et d'autres armes à proportion, outre celles que les particuliers auraient chez eux ; si dans un temps que toute la terre serait liguée contre vous, il arrivait que la frontière fat forcée et |a ville en péril d'être assiégée^» quelque malheur qui pût arriver à nos armées, et au surplus du royaume, il est probable qu'elles ne seraient jamais tellement défaites que le roi ne lût toujours en état de retirer vingt-ciaq à trente mille hommes dans T entre-deux desen* ceintes auxquels Paris en pourrait joindre huit à dix mille d'assez bons, levés dans Tenclos de ses murailles^ sans fou* cher à la garde ordinaire des bourgeois qui ne laisserait pas d'aller son train ; moyennant quoi, j'estime qu'il n'y a point dans la chrétienté d'armée quelque puissante et lormidable qu'elle pût être qui osât entreprendre de bombarder Pariç , et encore, moins do l'afsiégpr dans les forn^es ; vu^ premièrement, qu'il ne leur serait pas possible de l'approcher d'assez près pour pouvoir tirer dos boiiibus jusque dans l'enclos de la ville, à cause de la deuxième enceinte qui les tiendrait éloignés à trois grands quarts de Jieue de la première ; secondement, qu'il ne serait pas possible à une armée do deux cent mille hommes de la prendre par un siège , forcé, ^ q^use 4e Tét^pdue de sa circonvallation, qui ayant douze à treize

OI8ITETÉS

grandes lieues de circuit» l'obligerait d'étendre fort ses qnar* tiers, qui en seraient imt conséquent- ainiil)liSy et i se'

garder partout également sous peine d'en voir enlever tous les jours quelqu'un ; troisièmement, qu'il ne pourrait entreprendre deux attaques séparées, puisque pour pouvoir fournir à la garde des tranchées , il faudrait employer plus de tienie^q mille hommes sans compter les travailleurs et gens occupés aux batteries; quatrièmement, qu'il ne pour» rail point le faire par deux attaques liées, attendu que pour pouvoir fournir à la même garde , il y aurait tels quartiers qui auraient trois Journées de marche à faire» et autant pom^ s*en retourner» ce qui les mettrait dans un mouvement perpétuel qui ne leur laisserait aucun repos ; cinqui^odeknîÉI'j^ que dès le douze ou quinzième jour de tranchée, pour peu qu'il y eût eu d'occasions, leurs forces seraient considérablement diminuées, et leurs troupes obligées de monter de trois àquatre jours l'un» aiiquel cas elles ne pourraient pas relève^ à cause de riloigttement des quartiers; à quoi il faut ajouté^ que les fréquentés sorties, grandes et petites qui se feraient à toute heure par de si grandes troupes, le grand feu qui sortirait des remparts et chemins couverts» et la grande quantité de canons dont elle pourrait se servir» empêcherait les iravaillears de foire diemtn etrédititàif ce siëge à uneltfÉl leur qui» ayant bientôt épuisé leurs armées d'hommes et de munitions» les contraindrait à lever honteusement le siège.

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